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Les samedis de Biton : Jerusalem

Jérusalem ! Aucun nom de ville n'est autant prononcé dans la journée. Tant dans le domaine politique que religieux. La plupart des chrétiens ont Israël comme deuxième patrie. Dans leur prière, leur lecture, Jérusalem et Israël se déclinent en permanence. Le judaïsme est leur frère aîné dans la foi. Jérusalem est aussi un lieu saint pour les trois religions monothéistes. J'ai lu, quelque part, que si on étend la carte du monde, Jérusalem se trouve tout juste au milieu. A la faveur de la visite de notre Président à Jérusalem, de nombreux souvenirs ont surgi dans mon esprit. Quand j'ai entendu le reporter nous dire qu'Israël a le plus grand nombre d'entreprises dans le monde après les Etats-Unis et la Chine, l'idée m'est venue de partager ma réflexion avec vous sur les raisons de la vraie puissance du petit Israël, un vrai Goliath dans la réalité. J'ai été, évidemment, à Jérusalem. Bien avant d'y aller, j'avais un ami juif. La puissance du peuple juif et de l'Etat d'Israël s'expliquent, à mon avis, par trois facteurs. Le premier est Dieu. Le peuple élu a une dévotion inimaginable pour Dieu, dont le vrai nom pour eux est Adonaï Schaddai Yahvé Sabbat. Il suffit de passer un jour de Sabbat pour le comprendre. Pendant vingt quatre heures la vie s'arrête à Jérusalem et pour de nombreux Juifs. On ne fait rien sauf prier Dieu et méditer sa parole. Aucun feu n'est allumé. Le repas est préparé d'avance. Pas de repas chaud. C'est au cours de mes deux vendredis de Sabbat à Jérusalem que j'ai bien compris l'Evangile, même si le judaïsme ne reconnait pas le nouveau testament. Durant le Sabbat qui commence le vendredi à 19h et s'achève samedi à 19 h, pas de télévision à regarder ni de radio à écouter. Chacun est tendu vers Dieu. La lecture quotidienne et permanente de la Bible, de la Tora, avec son immense hymne à Dieu, ne peut que donner une intelligence exceptionnelle et une forte puissance. Ce n'est pas par hasard qu'on les appelle le peuple du Livre. A la foire du livre de Jérusalem auquel j'ai participé, j'ai vu pour une fois, malgré mes nombreuses participations à ce genre d'évènements dans le monde, ce qu'on appelle un peuple qui lit. La lecture est déjà une force pour le développement personnel et source de transformation d'un pays. Et quand s'y ajoute la dimension de l'Eternel dans cette lecture quotidienne, on ne peut qu'acquérir la puissance et l'intelligence. Deuxième facteur : la solidarité d'un peuple, d'une nation. Malgré toutes les tentatives pour faire disparaître ce peuple depuis des millénaires, il est toujours présent. On n'a aucune autre équivalence dans le monde. Nous avons avec Israël une vraie nation. Pour chacun Israël d'abord. Ce pays, bien que ses habitants ne soient pas tous juifs, a su orienter toutes les énergies vers un seul et même but : la défense et la réussite de leur petit pays. Il ne faut pas s'y tromper. Cette solidarité ne concerne pas uniquement le peuple qui habite sur cet espace, mais tous les juifs dans le monde et on sait combien ils sont encore plus nombreux et puissants dans d'autres pays, depuis de nombreux siècles. Tous n'ont qu'un seul regard en se levant et en dormant : Israël. Cela doit être un exemple pour de nombreux pays, en particulier ceux de notre continent qui ont fait du tribalisme un fonds de commerce. Les partis politiques, dans ce pays, peuvent se battre à coup de poing à l'Assemblée nationale, la Knesset, mais leur passion d'Israël est primordiale. J'ai passé dix jours à l'hôtel Knesset en face du parlement israélien. Quelle force pour un pays de construire une cohésion nationale, une vraie démocratie, malgré les divergences d'idées. Heureux les pays qui ont su construire une nation. Une vraie. Troisième facteur. On ne peut parler d'Israël sans faire référence à sa sécurité, l'un des points forts de ce pays. Il suffit d'arriver et de repartir de l'aéroport David Ben Gourion de Tel-Aviv pour comprendre ce que signifie le mot sécurité. Et aussi l'importance d'avoir un passeport diplomatique, pour nous qui avions les passeports ordinaires. Le fameux Mossad, sans le voir, est omniprésent. On connait ses exploits. A l'époque de ma visite dans le pays, le Président était Chaim Herzog. On a discuté et je me plaisais à regarder les forces de sécurité, en civil, comment elles se tenaient, comme si elles surveillaient sans avoir l'air. En matière de sécurité tout est important pour ce peuple. Jamais, à l'extérieur, ils ne vous parleront de leur pays car c'est la sécurité qui peut être menacée si on donne des informations. Toutes les personnes rencontrées dans le pays doivent être citées et même les journaux qu'on a lus. Surtout ne pas commettre un délit dans ce pays. Quel que soit le temps mis on vous retrouvera pour faire payer votre faute. C'est une question d'honneur. Prière lire de toute urgence des ouvrages consacrés au Mossad Israélien. La sécurité c'est avant tout le renseignement, l'infiltration. On se souvient de cette vieille femme qui jouait la folle dans Beyrouth pendant près de cinq ans, rien que pour observer un homme qui avait tué beaucoup de ses compatriotes. Son travail achevé on apprend que c'était un officier de l'armée israélienne. Folle pendant cinq ans pour la sécurité de son pays il faut vraiment le faire. Ainsi va l'Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly

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