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Restructuration à la Rti : les nouveaux patrons

Le président du conseil d'administration, Honoré K. Guié, a rendu publique, hier, la déclaration d'orientation générale. La feuille de route de la mission assignée au nouveau Conseil d'administration de la RTI est connue. Hier, à son bureau, au cours d'un point de presse, le président du conseil d'administration, entouré de quelques membres du Conseil, a donné l'orientation générale de la marche de la RTI pour les trois années à venir. Vaste programme. Cette déclaration reflète, dit-il, la vision et les objectifs stratégiques à eux assignés par le gouvernement et le cahier des charges dont le but est de conduire efficacement la réalisation des missions de développement de la RTI et de la hisser au diapason des grandes chaînes audiovisuelles internationales. Ce défi à relever se décline en sept points, doublés de clarifications nécessaires. Point un, la question des rôles du conseil d'administration et de la direction générale. Pour le conseil, il n'y a ni équivoque, ni confusion possible sur les rôles respectifs. Le premier est l'organe de décision et le second l'organe d'exécution des décisions du conseil d'administration, qui nomme le directeur général. Il peut le révoquer à tout moment. M. Brou Amessan, actuel directeur général de la RTI, a été nommé par décision du conseil le 18 mars 2008. Le conseil a aussi une mission permanente de surveillance de la gestion qu'elle entend remplir intégralement, sans pour autant s'immiscer dans la gestion quotidienne et les attributions de la direction générale. Surtout comme le dit si bien la déclaration, les rapports du conseil d'administration et de la Direction générale sont bons. Tant au plan des relations de travail et plus largement, des relations humaines. Le conseil, dans le contexte de crise qui est le nôtre, veut veiller, comme à la prunelle de ses yeux, au respect de la légalité.
Deuxième axe de la restructuration: la gestion des ressources humaines, maillon important de toute structure sociale. Même s'il reconnaît qu'en 45 ans d'existence, la RTI a formé des hommes et des femmes de qualité qui ont apporté leur pierre à l'?uvre de construction nationale. Aujourd'hui, avec ses 850 agents, toutes catégories confondues, la RTI a besoin d'une mue nécessaire. Il faut la repenser: Notre rôle est de veiller à la préservation de la justice sociale et de l'égalité devant les charges publiques. Mieux, ne seront délégués dans les fonctions de commandement que ceux qui en ont le profil; les recrutements et les sorties de carrière seront adossés au code du travail. Au bout, l'établissement de fiches de poste pour apprécier l'utilité et l'efficacité de chaque poste de travail. Car chaque travailleur devra impérativement justifier ses heures de service. Le 30 septembre, le personnel sera soumis à un pointage physique de tous les agents dans un souci de maîtrise du fichier du personnel. Le conseil tient cependant à rassurer tout le monde: Notre rapport est un rôle de rassemblement. Personne à la RTI ne devra se sentir abandonné au bord du chemin; il ne sera procédé à aucune chasse aux sorcières. Le conseil annonce même une étude d'harmonisation des profils professionnels pour uniformiser les catégories et mettre en ?uvre un plan de carrière: Désormais, la promotion du personnel se fera sur la base du plan de carrière et du mérite. Avec pour unique ambition, (celle) de rationaliser la gestion administrative et financière de l'établissement. C'est ce qu'indique le troisième axe. Car le diagnostic établi, après six mois de fonction, fait ressortir des dysfonctionnements dus à des problèmes de procédure. Il importe donc, aux dires du conseil, de plus en plus, de laisser force à la loi en se conformant, selon le cas, au code du travail, au code du commerce, aux procédures de l'Ohada, etc. Dans cette politique d'amélioration du gouvernement d'entreprise au niveau des deux grands médias, le conseil a décidé du renforcement de la fonction contrôle interne en la professionnalisant davantage. Aussi a-t-il décidé de créer une troisième direction générale adjointe (DGA). Elle sera chargée des ressources et sera confiée à un administrateur des services financiers désigné par les services du ministère de l'Economie et des Finances. Et d'accorder une attention particulière au fonctionnement de la direction commerciale et du marketing ainsi qu'au service achat: l'objectif principal est de maîtriser les ressources propres de la RTI et de les gérer conformément à l'orthodoxie financière, le tout dans l'intérêt bien compris de l'entreprise. C'est, précise le conseil, une exigence de bonne gouvernance et de respect vis-à-vis du contribuable qui paie sa redevance. De cette redevance, il en est question au point quatre. Instituée en 1994, le bilan est mitigé; la RTI est encore à la charge de l'Etat. C'est pourquoi le conseil s'engage à donner à la population les explications indispensables à la population sur l'utilisation faite de cette parafiscalité assise sur les factures d'électricité et collectée par la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE) qui la reverse à la direction générale; le temps (six mois, précise-t-on encore, pour tenir compte du calendrier politique) pour lui de boucler les discussions engagées avec la CIE. Calendrier politique, le point cinq de cette orientation générale de la RTI en tient compte, au chapitre couverture des activités politiques. Dans ce contexte de sortie de crise, avec comme point nodal l'élection présidentielle du 30 novembre, le conseil entend encore affirmer l'importance du rôle de la RTI, média de service public: la radio et la télévision ont l'obligation de couvrir les activités de tous les partis et acteurs politiques. Toutefois, par la voix de son PCA, le conseil tient à faire le distinguo pour éviter les amalgames et les raccourcis tendancieux de nature à jeter de l'huile sur le feu entre les partis et groupements politiques et les institutions de l'Etat: Nous avons le devoir de couvrir les activités officielles du Chef de l'Etat et de tous les officiels de la République. Dans l'exercice de ses fonctions, le Chef de l'Etat n'agit pas en qualité de membre d'un parti politique, mais en tant que incarnant la Nation. On ne saurait assimiler les reportages à lui consacrés au temps d'antenne imparti au parti politique dont il serait issu. Il en va de même du Premier ministre, des présidents d'institution, des membres du gouvernement, des parlementaires. L'accès équitable aux médias d'Etat, insistera-t-il aussi, concerne aussi bien les partis politiques que les organisations de la société civile, qui ne doivent subir aucune entrave ni discrimination dans l'expression de leurs opinions. Et ce, conformément à l'Accord politique de Ouagadougou qui recommande de garantir cette équité dans l'accès aux médias d'Etat.
ixième point, la ligne éditoriale. Le conseil veut aller loin. Au triptyque informer, éduquer, distraire, il faudra, avec le conseil, ajouter: développer et promouvoir: La Radio et la Télévision nationales ne peuvent plus se contenter de donner l'information sur ce qui se passe en Côte d'Ivoire et hors de chez nous. Elles doivent être actrices du développement et de la promotion de la Côte d'Ivoire Notre présence sur le bouquet nous commande cette mue, de même que la nécessité d'être vus sur le Net (Internet) si nous voulons véritablement occuper la place que notre pays mérite dans le concert des nations. Dernier point de ce vaste programme, la politique de développement.
(Voir P.3).

Michel Koffi



Option : Cette Télé, notre Télé

Quand on ouvre la télévision ivoirienne, on s'étonne d'office de voir la part trop grande accordée à la musique et aux danseurs, inventeurs de danses qui ne durent que le temps d'un destin de légumes Allumez et vous serez servis! Tout se passe comme si nous n'avons que cela à présenter au monde. Quelque part dans la nuit, l'ocelot est là et mon peuple danse, disait le bon Aimé Césaire. A-t-il tort?
Nous étonnerait-il qu'au sortir de la guerre, l'Allemagne, divisée, démembrée, démilitarisée à Yalta, se soit autant amusée, voire tout simplement amusée? Non, il nous semble ! L'accent a été mis, assurément, à tous les niveaux, sur le capital Travail, qui travaille à faire des hommes aptes pour les enjeux du futur. Et ils sont nombreux pour notre pays, ces enjeux. L'école, malade depuis! L'économie, malade aussi. Même si elle nous annonce quelques frémissements qui ne sont certes pas à minorer. Mais le bout du tunnel, ce n'est pas pour demain la veille ! Les prix qui grimpent, grimpent Et l'édifice qui se dégrade, partout. Les défis de demain se présentent, non sous la forme des amusailles permanentes, mais procèdent d'une rupture née d'une vraie volonté de donner une image plus méliorative de nous-mêmes. Nous ne devons pas peser plus lourds qu'un pas de danse. Même endiablé. Il nous faut plus d'audace. Et surtout de célébration de choses majeures qui méritent d'être validées par les instances de validation que constituent les médias. Quand une télévision a pu se mettre sur le bouquet, n'est-ce pas qu'elle doit donner une autre image de la Côte d'Ivoire, autre que celle qu'elle nous donne à voir. Avec ses multiples danseurs et chanteurs du dimanche. Avec des musiques consorts qui donnent de notre pays en crise, l'illusion fausse, d'un peuple toujours en danse. Comme de grands innocents. Devrait-on, demain, reprocher à nos enfants de n'être que cela? Puisque la RTI ne véhicule presque que cette valeur? Méditons la fable de La Fontaine. La Cigale qui chante et danse tout l'été! Est-ce-que nous voulons? Et la Fourmi besogneuse. Est-ce cela l'idéal?
Faisons le bon choix et souhaitons que ce v?u du conseil se réalise. En se faisant fort des enjeux que constitue le processus de sortie de crise, qui impose l'impérieuse nécessité d'anticiper la reconstruction nationale et d'avoir une approche prospective, en sortant des sentiers battus. La vision de la Côte d'Ivoire au monde et la vision du monde à la Côte d'Ivoire en dépend. On attend de voir la matérialisation de ce nouvel élan.

par Michel Koffi



La politique de développement

Dans la déclaration d'orientation générale, un appel du conseil mérite d'être souligné : l'invitation de tout le personnel au travail: Dans la mise en ?uvre de ce vaste chantier, chaque agent de la RTI est appelé à jouer pleinement son rôle, à quelque niveau de responsabilité qu'il se situe , dit la déclaration. Qui en appelle à un sursaut: Face aux difficultés de tous genres que connaît notre maison, il nous faut, par notre abnégation au travail, notre engagement citoyen, surmonter les obstacles. Nombreux sont, en effet, ces obstacles. Et, parmi eux, la vétusté des installations. D'où le rêve du conseil de voir la Côte d'Ivoire se doter d'une radio et d'une télévision dignes de son rang et capables d'accompagner efficacement sa noble ambition vers plus de progrès économique et social. Il entend saisir au mot, l'idée du Chef de l'Etat d'une construction d'une nouvelle télévision. C'était, comme l'indique la déclaration, lors de sa visite au siège de la Télévision à Cocody le 12 février, à la suite de l'incendie de l'un des bâtiments. Pour le conseil, administrativement, une telle déclaration de l'autorité vaut instruction. En attendant, le conseil a adopté un nouvel organigramme qui se présente dans ses principales articulations de la manière suivante. D'un, création d'un poste de directeur général adjoint chargé des ressources. Il supervisera le travail des directeurs chargés de gérer les différents moyens (humains, financiers, logistiques) qui doivent soutenir le fonctionnement des différentes chaînes de télévision et de radio. Cette direction sera animée principalement par des administrateurs financiers du ministère de l'Economie et des Finances. De deux, création de deux postes de directeurs généraux adjoints chargés, l'un de la télévision; l'autre de la radio. Ce qu'il faut remarquer dans ce nouvel organigramme, c'est que la Radio bénéficie d'une plus grande autonomie au même titre que la télévision. Sur cette base, la Radio ainsi que Fréquence 2 deviennent des directions tout autant que la Première au niveau de la Télévision. D'ailleurs, comme le mentionne la déclaration, cet organigramme a été transmis au directeur général de la RTI, Brou Amessan, qui va procéder maintenant à la nomination des responsables des directions et des départements (sous-directions) (Voir Focus), après la délibération, le 18 juin 2008, du conseil d'administration. C'est le lieu de rappeler que ce Conseil, composé de douze membres, a vu le jour le 23 janvier 2008. Elle a siégé à cinq reprises pour faire face aux problèmes urgents de fonctionnement. Notamment, l'élection et l'installation du PCA, l'analyse du rapport administratif et financier du DG sur la période intérimaire du 28 novembre 2006 au 31 janvier 2008, la nomination du directeur général, l'examen et l'adoption de l'organigramme, l'examen du budget 2008. Depuis le 28 janvier donc, date de la première réunion du conseil d'administration, sur instruction du gouvernement, ce vaste chantier a été mis en route.
On peut le dire, au rythme lent de la vie, lentement mais sûrement, la RTI qui avait habitué les uns et les autres au ballet incessant des DG, revient au calme. Après les périodes de toutes les peurs et de toutes les dérives. Pour l'année 2008, flanquée de l'esprit de l'Accord politique de Ouagadougou, la RTI veut redonner confiance aux Ivoiriens, leur renvoyer l'image et la voix de leur pays, conformément à leurs attentes. D'ailleurs, on se rappelle les mots du ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, au sujet des intérims à la tête des médias d'Etat: Je dois avouer que moi, je n'aime pas beaucoup la façon dont la gouvernance des médias d'Etat s'est opérée jusqu'ici A un moment donné, il faut aller vers les normes, le plus tranquillement possible. Et au-delà des individus, il faut qu'on prenne l'habitude de faire fonctionner les conseils d'administration et de remplacer, dans les normes, les directeurs Moi, ma volonté était de mettre en place un conseil d'administration; ce qui relève de ma responsabilité. Ce qu'il attendait, entre autres, des directeurs généraux? Qu'ils préparent les mutations en cours. Extraits interview Frat-Mat du 26 mai 2008, Pp 2-3. Profession de foi. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le nouveau conseil entend jouer sa partition pour les trois ans de son mandat. Outre l'ambition légitime de moderniser la Radio et la Télévision nationale, il entend se donner la faim de faire et le besoin d'une perfection, afin d'appuyer efficacement le processus de normalisation de la vie nationale. Le conseil entend être actif et exercer à temps plein ses prérogatives régaliennes, sans parti pris, dans le strict respect de toutes les sensibilités politiques, religieuses et ethniques, de la hiérarchie mais aussi des attributions de la direction générale. Fixer les repères, tracer la voie, contribuer, à son modeste niveau, à accompagner la Côte d'Ivoire sur le chemin de la réconciliation nationale, en mettant l'homme en tant que matière première au c?ur des préoccupations, voilà son credo.

Michel Koffi



Focus : Les nominations

Cet organigramme a été transmis au directeur général de la RTI qui va procéder maintenant à la nomination des responsables des directions et des départements (sous directions) . Nous vous donnons les noms de ceux qui vont donner un nouveau rythme à la RTI. Ce qu'on remarque dans cette nouvelle configuration, c'est: 1: l'autonomie de la Radio, avec pour directeur général adjoint, Eloi Oulaï. 2: le retour de deux anciens, Jésus Kouassi Yobouet et Degny Maixent. Qui deviennent respectivement, conseiller chargé de la production de la chaîne internationale et Conseiller chargé des rédactions.

Les détails.

Directeur général, Brou Amessan Pierre Israël - directeur Diffusion, Niangoran Michel - directeur technique, Blé Ahoussi - directeur général adjoint, chargé de la Télévision, Djédjé née Yao N. Adèle directeur général adjoint, chargé de la Radio, Eloi Oulaï directeur général adjoint, chargé des Ressources, Brou Bi Sawat -Directeur de la Première, Kouassi Koffi Félicien - Directeur TV2, Zahoui Benjamin - Directeur RTI Sports et Music, Kouakou Konan François - Directeur Radio nationale, Koné Kinabari - Directeur Fréquence 2, Dokoui K. Paul - Directeur commercial et marketing, Levry A. Toussaint A. - Directeur ressources humaines, Kouassi Kouamé Charles - Directeur finances gestion, K. Kouakou Jean - Directeur moyens généraux, Asséké Bernard - Conseillers du directeur général - Chargé des services techniques, Kieffoloh Benjamin Camara - Chargé de la production de la chaîne internationale, Jésus Kouassi Yobouet - Chargé des rédactions, Degny Maixent - Chargé du développement audiovisuel régional, Aka Sayé Lazare - Chargé de l'administration, Koffi Konan Joachim Chargé des grands reportages, Kpan Victor - Inspecteurs Général, Issa Sangaré Yéresso - Chargé de la diffusion, Kissi N'Da Robert - Chargé des services techniques, Yéo Adama Benoît - Médiateur social, Doukouré Dago.

M. K



Repères

Nomination. Par décret N° 2008-06 du 23 janvier 2008, pris par Son Excellence le Président de la République, il a été procédé à la nomination des membres du conseil d'administration de la Radiodiffusion télévision ivoirienne, RTI. Il est composé de 12 membres représentant le Président de la République, l'Assemblée nationale, le Premier ministre, les ministres de la Communication, de l'Economie et des Finances, de l'Education nationale, de la Fonction publique et de l'Emploi, de la Culture et de la Francophonie, des Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication, de la Défense, du personnel de la RTI et des associations de consommateurs. Réunion. Le 28 janvier, à 10h, à la salle de conférences du ministère de la Communication, a eu lieu la première réunion du Conseil. Il a siégé à cinq reprises, depuis lors. Normalisation. Le directeur général de la RTI a été nommé par décision du conseil d'administration, le 18 mars 2008. Effectif. La RTI compte, aujourd'hui, plus de 850 agents, toutes catégories confondues. Redevance RTI. Instituée par la loi N° 94-201 du 8 avril 1994, l'Etat entendait, par cette parafiscalité, donner à la Radio et à la Télévision nationales, les moyens de leur autonomie pour leur véritable essor.

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