Leslibériens de Gbagbo
Toulepleu est dans un état perdu. La conférence de Nuremberg qui avait procédé au partage du monde avait rattaché votre région au Libéria. C'est une erreur d'un cartographe qui a fait que vous vous êtes retrouvés en Côte d'Ivoire. Vous comprenez donc l'origine de toutes vos difficultés . C'est devant un groupe de ressortissants de Toulepleu qui, la semaine dernière, à la queue leu leu, s'étaient transportés à son manoir du Plateau, que Laurent Gbagbo a tenu ses propos. Les visiteurs d'un jour s'y étaient donnés rendez-vous, ni plus ni moins, que pour jeter en pâture, dans les griffes de leur vénéré hôte, deux de leurs ressortissants. Ils sont allés dire à Gbagbo qu'ils n'étaient pas du tout d'accord avec le comportement subversif de leurs frères, véritables brebis galeuses dans un troupeau d'agneaux bien portants. C'est une retentissante entreprise de désolidarisation qui s'apparentait à une cravache remise ainsi au chef de l'Etat pour qu'il sévisse plus qu'il ne l'avait déjà fait en maintenant les deux malheureux individus dans les liens de la détention. En termes de chez nous, c'est un peu comme des kpakpatos qui ont décidé d'aller vendre leurs propres frères auprès du chef pour s'attirer les faveurs de celui-ci. Las ! C'est, précisément, dans le retour de l'ascenseur qu'ils espéraient pour le moins caressant pour le sens de leurs poils que nos amis se sont faits purement et simplement rudoyer par leur hôte. D'abord, il leur a dit que l'affaire en question ? le coup d'Etat ? n'était que mystique et donc une affaire d'illuminés. Des gens qui ne savaient pas vraiment ce qu'ils faisaient. Ensuite, il a voulu couper court en leur rappelant que, de toute façon, l'attitude de leurs frères n'avait rien d'étonnant. Et de leur dévoiler tranquillement ? s'il ne le savaient pas compris ? leur extranéité. Leur statut, du point de vue historique, d'étrangers, de Libériens. Et surtout le caractère purement accidentel de leur présence en Côte d'Ivoire. Aux hôtes zélés qu'il recevait donc, Gbagbo leur a signifié ? qui s'assemblant se ressemblant ? ils n'étaient pas, comme les deux indélicats, des Ivoiriens multiséculaires, puisque le cartographe en question les avait inclus ? par erreur ? dans le territoire ivoirien pendant la conférence de Berlin. Or l'histoire nous apprend que cette conférence s'est tenue en 1945. Donc depuis seulement 63 ans. Ca veut dire que, à commencer par Tiéoulou Félix qui conduisait la délégation de délateurs, en passant par les Paul Dokui et autre Eloi Oulaï, voho Sahi, Iro Félix tout ce beau monde, en principe, n'a pas droit de cité dans ce pays. Ils ne sont pas de vrais? Ivoiriens, ce qui explique qu'ils soient assaillis par les difficultés? dont parle Gbagbo et qui ont plongé leur région dans la misère. C'est une belle gifle qu'il leur a administré et, malheureusement, après laquelle ils se sont mis à applaudir à tout rompre, comme des soudards qui ne comprennent rien à rien ! L'historien leur a parlé, c'est cela l'essentiel. Pour le fond, passez demain!
Parfois on se demande quel sacré historien ? de carrière ? Gbagbo aurait été si la politique, était pas venue se mettre en travers de sa route ! Il a une telle boulimie de cette discipline qu'on en est à de s'interroger comment, il parvient à consommer autre chose que l'histoire ! Il a un besoin si incompressible de recourir à des références historiques qu'il oublie que la politique n'est pas l'histoire. Tout ne peut pas se dire. Or, disait un auteur : ce qu'il y a d'intéressant chez les historiens, c'est que les morts ne puissent protester .
Koré Emmanuel
Parfois on se demande quel sacré historien ? de carrière ? Gbagbo aurait été si la politique, était pas venue se mettre en travers de sa route ! Il a une telle boulimie de cette discipline qu'on en est à de s'interroger comment, il parvient à consommer autre chose que l'histoire ! Il a un besoin si incompressible de recourir à des références historiques qu'il oublie que la politique n'est pas l'histoire. Tout ne peut pas se dire. Or, disait un auteur : ce qu'il y a d'intéressant chez les historiens, c'est que les morts ne puissent protester .
Koré Emmanuel