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Racket : 2 policiers dans les filets d'Ange Kessy

Deux sous-officiers de police, en service au commissariat du 23ème arrondissement de Yopougon Andokoi, ont été pris en plein racket par le Commissaire du gouvernement, le Lieutenant/colonel Ange Kessy Kouamé Bernard. Les agents ainsi appréhendés la main dans le sac et mis aux arrêts sont les sergents-chefs Soro Katié et Ouandé Zadi Thomas. De quoi s'agit-il ?
Les faits, selon les sources proches du parquet militaire, datent du 13 janvier dernier aux environs de 10 h. Ils ont eu pour cadre le barrage policier établi à l'entrée de la zone industrielle de Yopougon. Une Dame, répondant aux initiales de A. B. au volant de sa voiture est sifflée au barrage. La femme qui avait toutes les pièces de son véhicule au complet, s'est soumise au contrôle. Mais, plutôt que de lui retourner les pièces après vérification, l'agent de police, (il s'agit de l'un des deux arrêtés) qui n'a pourtant pas signifié une quelconque infraction routière à l'automobiliste, lui exige le payement de la somme de 1000 f. Et sans lui laisser le temps de placer un mot, le policier, tenant en main les pièces de la voiture, se serait éloigné de la femme assise dans sa voiture. A.B. certainement emportée, refuse de s'exécuter et a exigé que ses pièces exige remises immédiatement. Au dire de la femme, l'agent de police lui aurait répondu en ces termes : Si vous n'êtes pas contente, appelez Gbagbo, Ange Kessy est petit. Vous n'aurez pas vos pièces si vous ne payez pas les 1000 f. Face à ces propos irritants du policier, A.B. s'est souvenu d'un article de Frat-Mat où le Commissaire du gouvernement luttant contre le racket, invitait les usagers à le saisir de tous les cas d'abus venant d'agents des forces de l'ordre. Par le numéro relevé dans le journal, elle parvient effectivement à joindre le Lt/colonel Ange Kessy à qui elle explique sa mésaventure. Le procureur militaire qui a toujours fait de la lutte contre le racket policier, son cheval de bataille, va s'impliquer alors personnellement dans cette affaire. Il envoie son homme de main, le juge militaire Ehui Jean sur les lieux. Ce dernier, commissaire de police de 1ère classe, est au Parquet militaire, le chargé de l'instruction des dossiers militaires.
Mais, 30 minutes plus tard et avant que l'envoyé du Commissaire du gouvernement n'arrive à l'endroit, le policier fautif, comme poussé par un sixième sens, décide de remettre les pièces du véhicule à la dame A.B. laquelle rappelle le Lt/colonel Ange Kessy. Mais pour ce dernier qui a une analyse plus technique des faits, la tentative vaut l'acte. Il n'y avait donc pas lieu de s'arrêter. Le magistrat militaire Ehui Jean, arrivé sur les lieux aux environs de midi, s'est tout d'abord adressé à la plaignante, Mme A.B. qui lui fait son récit. Et lorsque l'envoyé du Lt/colonel Ange Kessy s'est présenté aux deux agents de police de faction, ces derniers ont refusé de donner leurs noms. Il a fallu au patron du parquet militaire, interpeller le chef du commissariat de police du 23ème arrondissement pour parvenir à identifier, le policier fautif et son binôme. Tous deux, convoqués au tribunal militaire ont été mis aux arrêts et incarcérés à la maison d'arrêt militaire d'Abidjan.
Le procès des sergents chefs Soro Katié et Ouandé zadi thomas est prévu pour la fin du mois de mars. Ils encourent, conformément aux textes en vigueur, la peine de cinq ans d'emprisonnement ferme chacun avec à la clé, la radiation du corps de la police nationale.




Landry Kohon

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