Littérature : Kane racine à la cime
Pour une première, l'Association Akwaba Culture n'a pas voulu faire comme les autres. Elle a vu grand et a réussi son pari ; celui de réunir, à cette occasion, des hommes de culture d'ici (Bernard Dadié, Zadi Zaourou, Voho Sahi, Bandaman Maurice), et d'ailleurs (Seydou Badian, Mme Christiane Yandé Diop, directrice de Présence africaine, célèbre maison d'édition créée dans le sillage de la Négritude, en 1947, par son mari Alioune Diop, Aminata Sow Fall), des professionnels du livre pour célébrer l'excellence. La pluie s'en était même mêlée, comme pour apporter sa bénédiction à quatre jeunes, Isabelle Fofana, Henri N'Koumo, Asta Sidibé et N'Dohou Luisiano et leur dire qu'ils ont vu juste. Leur ambition, somme toute modeste, est de faire de leur pays, la Côte d'Ivoire, une plate-forme culturelle, où l'on vient célébrer le savoir ; le savoir et l'esprit, l'esprit et le savoir... pour montrer que la Côte d'Ivoire demeure une terre du livre au service du continent?. Pour ce prix littéraire qui serait à hauteur de la grandeur de notre Afrique?, le premier prix est revenu à Racine Kane, avec Les ballets nostalgiques. Le jury, présidé par l'écrivain Seydou Badian (voir Sous l'orage) a retenu de ce roman, la fusion miraculeuse du réel et de l'imaginaire?. Une mention spéciale a été décernée à Salla Dieng pour son roman, La dernière lettre. Le lauréat, Kane, dira : Je suis très ému de recevoir ce prix d'un pays amiLe chemin est long Il est étonnant que ce parcours soit reconnu aussi loin, au moment où je m'y attendais le moins. J'ai compris une chose : la culture est au centre de tout développement?. Une phrase en parfait accord avec les mots du Président de la République, Laurent Gbagbo, lus par Pr Voho Sahi, son représentant: La Côte d'Ivoire est un pays d'ouverture. Elle a su donner naissance à une vie culturelle dont le rayonnement va bien au-delà de nos frontières. La création littéraire qui est l'une des plus fortes expressions de cette culture, mérite d'être célébrée. Au-delà de ce prix, je voudrais saluer tous ceux qui contribuent à l'émergence et au développement de la littérature africaine, depuis les pionniers des temps de la Négritude jusqu'aux formes d'engagement littéraires actuelles?. Le Premier ministre, Guillaume Soro, par la voix de Bamba Alex Souleymane, conseiller, les ministres de l'Intégration, de la Culture et de la Francophonie, du Tourisme et de l'Artisanat ont loué l'initiative d'Akwaba Culture. A leur suite, M. Eugène Diomandé, Pca d'une maison de téléphonie mobile: En choisissant d'accompagner le Prix Ivoire pour la littérature africaine d'expression francophone, dira-t-il, notre entreprise, qui est proche des acteurs culturels et qui soutient les projets visant le bien-être des populations, veut aider à la mise en lumière des valeurs intrinsèques de la littérature?. Le président du jury, Seydou Badian, ajoutera, pour sa part, entre autres : Ce qui nous lie au monde d'hier, d'aujourd'hui et de demain, c'est la culture?. Aussi saluera-t-il l'initiative des membres d'Akwaba Culture d'avoir cru en leur pays, à travers ce prix, né dans un contexte de crise. Veuve Alioune Diop (Présence africaine) a reçu le tout premier prix d'honneur de l'Assocaition. Alain Tailly, de sa verve poétique, a ajouté son grain... de voix à cette belle fête des lettres.
Michel Koffi
Michel Koffi