Boxe : Le challenge d' Arsène Yobouet
La Fédération ivoirienne de boxe a un nouveau président depuis le 1er décembre dernier. Yobouet Arsène, le patron de l'Académie boxing club de Koumassi, élu pour 4 ans, hérite d'un navire mal en point. Seule une thérapie de choc peut sauver et redorer le blason du noble art national. Ce ne sera pas facile, mais je vais m'y employer , a déclaré le nouveau président de la FIB, qui a formé un bureau de consensus pour conduire la barque. En attendant de connaître ce matin, les commissaires aux comptes. Passé la période de la campagne, l'on attend de voir à l'?uvre le successeur de N'Datchi. Yobouet est animé de bonnes intentions. Mais son combat n'est pas gagné d'avance. Elu par une majorité relative, 12 voix contre 11 pour son poursuivant direct, Yobouet a laissé deux autres adversaires derrière lui, Mme Delaclé (6 voix) et Soumahoro (3 voix). Des prétendants déçus, qui disent se conformer à la décision des urnes. Ni Ya Yao, ni Mme Delaclé ne figurent sur la liste des membres du nouveau bureau. J'ai préféré des hommes proches d'eux, qui sont compétents et dynamiques, explique Yobouet Arsène. Mais Ya Yao Lucien a une réputation de tombeur de président depuis le départ du président Henri Bourguoin. Le boulanger ? boxeur et match maker ne voulait plus rester dans l'anti-chambre de la fédération. C'est ce qui a suscité sa candidature à la présidence de la FIB. Il était allié à Yobouet Arsène au début de la crise. C'est lui qui, à l'hôtel Ivoire, présentait son frère Yobouet comme le successeur de N'Datchi avant de retourner sa veste un matin de la fin du mois de juillet dernier. Pendant combien de temps Mme Delaclé, peu connue du grand public, et Soumahoro, qui voulait s'essayer, vont-ils collaborer avec le nouveau patron de la FIB? Tous reprochaient au président N'Datchi sa mauvaise gestion. Une gestion cavalière et artisanale. Malgré les quelques avancées notables sur le terrain. Sous N'Datchi, la Côte d'Ivoire a connu son premier championnat inter clubs qui n'est pas allé malheureusement, à son terme. Trois gala en deux saisons qui devraient logiquement plaider pour N'Datchi. Mais la Fédération n'est pas un bien familial. Il devrait rendre compte aux clubs et associer tous les membres de son bureau à la gestion de la chose fédérale, explique un fonctionnaire du ministère des Sports. La tutelle a un cahier des charges qui n'était pas respecté par l'ancien président, qui a brillé par son absence à l'assemblée générale qui a porté Yobouet au pouvoir. N'Datchi avait tout manigancé pour faire échouer le processus du ministère des Sports en vain. Mais il n'a pas dit son dernier mot. Yobouet saura-t-il gérer toutes ces humeurs?
Paul Bagnini
Paul Bagnini