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La déclaration de l'Eglise catholique

Mesdames et messieurs les Journalistes, vous tous, hommes et femmes des différents organes de presse, avant tout propos allant dans le sens du sujet qui nous réunit, je voudrais vous souhaiter la bienvenue et vous dire la reconnaissance du Bureau de la communication de l'archevêché d'Abidjan qui vous a conviés à cette rencontre. Depuis quelques semaines, l'actualité dans notre pays s'est enrichie d'un sujet relatif à la révélation d'un converti au Christ sur des pratiques sacrificielles qu'auraient fait certains responsables religieux, politiques et d'autres du monde culturel et sportif dans le but d'exceller au niveau de leur domaine respectif. L'Eglise catholique de Côte d'Ivoire en général et l'archidiocèse d'Abidjan en particulier, a été citée, dans ce qu'il convient d'appeler aujourd'hui " l'affaire Béhanzin ", en la personne du Père Norbert ABEKAN, membre du clergé ivoirien et Curé de la paroisse Notre Dame de la Tendresse.
Des commentaires, des réactions et des points de vue venant des responsables religieux ou laïcs de plusieurs confessions ont été enregistrés et publiés par de nombreux organes de presse.
L'Eglise catholique qui, dans un premier temps, n'a pas voulu tenir compte de cette sortie de Béhanzin, se résout aujourd'hui, vu l'ampleur que prend le sujet, à réagir. Nous nous insurgeons contre cette campagne de diffamation à l'encontre du Père Eric ABEKAN et cette atteinte au caractère sacré de tout ce qui est lié à l'Eglise catholique. Par la même occasion, nous nous étonnons de la manière dont certains média, assoiffés d'informations légères, ont amplifié cette histoire. Commençons par restituer les faits : le sieur Béhanzin Armand affirme que le Père Norbert ABEKAN avait fait six mois dans un couvent à Awila précisément à Zongboji Awila. Le Père Norbert Eric ABEKAN aurait fourni pour le sacrifice douze bébés, une pierre et des éléments venus de l'Europe. Ces choses auraient été enterrées à l'Eglise Saint Jean de Cocody à une période où il n' y avait pas de paillotes.
Ces six mois encore selon lui avaient pour objectif et but d'acquérir le pouvoir de guérison par les plantes et la célébrité dans son Eglise (je suppose l'Eglise catholique). En outre, il aurait rencontré une seconde fois, le Père Norbert à Abidjan pendant que ce dernier retournait au Bénin éliminer deux curés afin d'avoir une place. Ces deux curés, dit-il, l'empêchaient de faire ce qu'il voulait faire parce qu'il avait un pied dans l'église et un autre dans le vaudou. Ce problème a été résolu, dit-il. C'était à une période où le Père Eric Norbert devait se rendre au Canada.
Au-delà du flou et des incohérences que cette interview de Monsieur Armand Béhanzin qui se dit ex-pratiquant du vaudou qui s'est converti au christianisme, il faut noter le manque de dates qui ne permet pas de situer dans le temps et dans l'espace toutes ces affirmations. Cela a-t-il été fait volontairement ? Béhanzin seul le sait.Il affirme, entre autres, que le Père Norbert ABEKAN aurait passé six mois au Bénin. Il est inconcevable qu'un prêtre puisse quitter sa paroisse pendant six mois de suite à moins qu'il ne soit officiellement mandaté par son supérieur hiérarchique en l'occurrence son Evêque. Pour information, tout prêtre qui sort du territoire ivoirien doit, au préalable, demander une autorisation de sortie à son responsable hiérarchique. Or, dans le cas d'espèce, nous n'avons pas souvenance ni trace de cette absence prolongée dans l'administration de l'archevêché.
De plus, depuis la paroisse Notre dame de Treichville (1985-1992), le Père Norbert Eric ABEKAN disait régulièrement tous les jeudis la messe des malades. Une absence aussi prolongée aurait été connue si cela devait se faire en dehors des autorités. C'est le lieu de rappeler que l'Eglise catholique est organisée et qu'elle ne saurait souffrir d'incohérences liées au non respect de la hiérarchie. Je voudrais rappeler à tous et spécialement à Monsieur Soumah Yadi et à son disciple Béhanzin que nous leur pardonnons leur méconnaissance de l'exercice, de la fonction et du charisme dans l'Eglise. Dire que le Père Norbert ABEKAN serait allé au Bénin dans le seul but d'avoir le pouvoir de guérison par les plantes et la célébrité, c'est transposer ce qu'eux-mêmes recherchent dans leur Eglise. Dans notre Eglise catholique apostolique, Romaine, les charismes et les fonctions sont exercés comme un service et dans l'humilité. Celui qui veut être le premier qu'il soit le dernier de tous. Qui s'abaisse sera élevé et qui s'élève sera abaissé. Le Père Norbert ABEKAN, prêtre catholique, ne saurait rechercher une quelconque célébrité dans l'exercice de sa mission qui vient de Dieu après son ordination sacerdotale en juin 1978. Il affirme (Monsieur Béhanzin), avec encore plus de confusion comme il en a l'expertise que le Père Eric serait retourné au Bénin pour éliminer deux curés qui l'empêchaient de faire ce qu'il voulait faire avant d'aller au Canada.
Affirmation grave, gravissime même. Si tant il vrai que ce serait d'aller au Canada donc à une époque qui se situerait entre 2001 et 2002. Notre annuaire nécrologique ne mentionne aucun décès de prêtre. Je voudrais ici relever que concernant les paillotes, il est bon de préciser que nos archives mentionnent les affectations suivantes De 1983 à 1993, le Père Raymond Koutouan fut curé à St Jean et à son actif, la construction du grand bâtiment en duplex.
De 1993 à 1995, ce fut le Père Lucien Kima qui, lui, construisit les fameux appatams. Le Père Abékan Eric, lui, est arrivé en septembre 1995 et il est resté jusqu'à 2001.
Le Père Norbert Abékan n'exerçant pas à Saint Jean avant la construction des appatams ne saurait venir, même nuitamment, enterrer douze bébés dans la cour de la paroisse de Saint Jean. Là encore, il faut noter que mettre à l'actif d'un prêtre une pratique aussi macabre relève d'une méconnaissance de la morale chrétienne et même de la fonction du prêtre qui ne saurait s'accommoder d'un quelconque syncrétisme cultuel.
Vous conviendrez avec moi, chers frères journalistes, que notre silence relevait du fait que nous pensions que toutes ces incohérences pouvaient se relever d'elles-mêmes.
Les différentes réactions notamment de la presse m'ont poussé aujourd'hui à donner ces précisions ci-dessus.
Nous pensions, pour notre part, que certaines épreuves se vivent en communion, dans la prière et le silence et non pas à travers des réponses officielles, publiques. Nous avons soutenu dans la prière notre frère Norbert Eric ABEKAN pour qu'il accomplisse sa mission sereinement. Nous félicitons tous les chrétiens qui sont restés de marbre devant cette diffamation du Père Eric ABEKAN. Nous les encourageons dans cette voie. A ceux qui ont été troublés et ébranlés, je comprends leur état. Je les invite à ne pas se laisser troubler. Qu'ils sachent que le Christ, en priant pour l'unité de son Eglise, savait qu'elle serait constamment menacée par les attaques. Voilà pourquoi, il disait en Jean 17, 22-23 " Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient comme nous sommes, un : moi en eux et toi en moi afin qu'ils soient parfaits dans l'unité et que le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. " L'histoire nous apprend en effet que la prière du Seigneur n'est pas vaine. Le démon, par l'intermédiaire de certaines personnes, agit toujours pour créer division, peur. Sachez que Dieu est plus fort. Que rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ. La barque Eglise résistera quelle que soit la volonté de certains esprits chagrins et déstabilisateurs en manque de publicité. C'est le lieu de relever le rôle de la presse dans cette histoire de Béhanzin. J'ai été déçu par certains organes de presse qui, tout de suite, ont véhiculé un message qui pouvait prêter à confusion et même jeter le discrédit sur des personnes honorables. Nous savons tous que les hommes de média ont pour rôle de former, d'informer et d'éduquer. Loin de moi l'idée de vous donner des cours de communication. Cependant des normes élémentaires doivent être respectées. Toute information, avant d'être diffusée, doit faire l'objet d'une vérification. Or dans le cas d'espèce, on a donné la parole à quelqu'un qui a eu à dire des choses incohérentes et graves avant de rencontrer les concernés. L'un d'entre vous est allé jusqu'à affirmer que 150 prêtres se sont réunis à Bingerville pour une riposte à l'affaire Béhanzin alors que le Père André N'Kayo s'est évertué à montrer que l'affaire Béhanzin n'était pas à l'ordre du jour. Nous étions à l'occasion de la journée mondiale de la sanctification des prêtres instituée par le Pape Jean-Paul II. Il a peut-être vendu son journal. Mais au prix de quel mensonge ? Il n'est pas le seul malheureusement. Je voudrais, pour ma part, avec tout le respect que je dois aux hommes de communication, vous inviter à privilégier, en ces moments où notre pays sort petit à petit la tête du gouffre, les nouvelles édifiantes qui permettront aux Ivoiriens de retrouver la sérénité et la paix du c?ur.
Je vous remercie.
Fait à Abidjan le 18 juin 2007

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