Aller au contenu
24 Heures
· 2 min de lecture

Suppression du poste de HRE - Le double jeu de Compaoré

Les opposants sont certainement restés cois. Le poste de Haut Représentant chargé des élections a été supprimé par l'Onu. La Résolution 1765 prise le lundi dernier par le conseil de sécurité a, semble-t-il, clos le débat.

A moins que le facilitateur s'explique sur cette affaire.
Cela ressemble bien à une trahison.
Le président burkinabé, Blaise Compaoré, a-t-il manqué à son devoir d'informer le conseil de sécurité que les parties ivoiriennes exigeaient le maintien du poste de Haut Représentant chargé des élections en Côte d'Ivoire ? Tout porte à le croire.
Le lundi dernier, les membres du conseil de sécurité ont produit la Résolution 1765.
Cette énième décision supprime le poste du HRE et donc met un terme à son mandat.
Dans le langage commun des gens de la rue à Adjamé, cela s'appelle un maga tapé .
C'est-à-dire un coup inattendu qui nous prend de court et de plein de fouet.
Cela fait mal à tous les coups.
Il y a de quoi.
Et pour cause, le mardi 12 juin dernier, à Yamoussoukro, s'est tenue la première réunion de Cadre permanent de consultation.
Le fameux CPC.
Un organe né de l'accord politique de Ouagadougou.
Il est chargé de lever les blocages liés à l'application dudit accord.
Le président du Burkina Faso avait fait le voyage au bord du lac au crocodile.
A cette rencontre de décisions, outre le facilitateur, le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, le premier ministre Guillaume Soro, les présidents, du RDR, Alassane Dramane Ouattara, et du PDCI, Henri Konan Bédié, était présents.
Les quatre leaders politiques ivoiriens étaient face au facilitateur pour régler définitivement des questions dont celle du poste du HRE.
Au cours des échanges, le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, qui avait exprimé son désir de voir supprimer ce poste avait été obligé de se plier face au refus des autres participants ivoiriens.
Le communiqué sanctionnant cette occasion de joutes oratoires et lu par le premier ministre Guillaume Soro dans la salle de conférence de l'Hôtel président a semblé pourtant très clair.
Les membres du CPC ont sollicité le facilitateur pour qu'il se mette en rapport avec les Nations Unies aux fins de maintenir ce poste et ses missions , avait indiqué Guillaume Soro.
A ce stade de cette affaire, l'on constate qu'il appartenait, depuis ce jour, au facilitateur et à son équipe de saisir le secrétaire général de l'ONU.
Blaise Compaoré a-t-il fait la commission à Banki Moon ? Que s'est-il passé réellement pour qu'on en arrive à cette confusion ? Seul le facilitateur pourra apporter une explication pour éclairer la lanterne des Ivoiriens.
Mais, en attendant, il nous est loisible de faire un constat tout simple.
Le RHDP a été niqué.
Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont été floués.
Et tout porte à croire que le premier ministre est complice de cette arnaque.
A moins qu'on nous dise que les jeux étaient déjà faits depuis longtemps.
Et que la réunion du CPC n'était qu'un autre moment de contenter tout le monde.


Hervé Akaché


Dans cet article

Article publié par 24 Heures et référencé par 225.ci.