Nouveau découpage administratif - Mankono grogne
Le dernier découpage administratif opéré par le chef de l'Etat continue de faire des vagues. Aussi, ne se passe-t-il pas un seul jour que des populations d'un village ou d'une sous préfecture ne protestent contre le rattachement de leur localité à telle sous préfecture ou tel département. C'est le cas de la sous préfecture de Kongasso dans le département de Mankono. Samedi dernier, les cadres et élus du département ont tenu une grande réunion à Mankono pour dénoncer selon la motion, les man?uvres politico administratives en cours pour diviser la région de Worodougou en cherchant à rattacher la sous préfecture de Kongasso au nouveau Département de Kounahiri . Ainsi, en présence du préfet de Mankono et des six sous préfets du département, les cadres et élus ont exprimé leur refus de voir émietter la région du Worodougou au profit d'un département en l'occurrence Kounahiri, créé de toute pièce, sous une base purement tribale. En ce sens que recevant les populations de la Marahoué au Palais présidentiel en mai 2007, le chef de l'Etat a justifié l'érection de Kounahiri en département en ces termes : J'ai érigé Kounahiri en département parce que cette localité a un problème d'identité. Les habitants sont des Wouan et les Monan. Ils ne sont pas des Malinkés or, ils appartiennent à Mankono. Ils ne sont considérés ni comme Baoulé de Béoumi ni comme des Malinké de Mankono et ils sont perdus entre ces deux groupes ethniques. Il était bon qu'on puisse leur donner une existence pour qu'ils puissent, en tant que peuple, se retrouver , propos rapportés dans Fraternité Matin du 27 mai 2007. Voilà qui est clair. Le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, sur une base de convenance tribale, a créé le Département de Kounahiri. Alors question, pourquoi vouloir rattacher Kongasso (en majorité Malinké) au département de Kounahiri ? Est-ce qu'on veut faire subir à Kongasso le même sort de Kounahiri quand cette localité était dans le Département de Mankono ? Ce sont là, quelques questions que ne cessent de se poser les populations de la sous-préfecture de Kongasso et les mairies rurales environnantes. Ainsi, pour la même inconvenance sociologique, Kongasso refuse d'être rattaché à Kounahiri qui fait désormais partie de la Région de la Marahoué. En tout état de cause, ces protestations contre le nouveau découpage administratif à la sauce Refondation sont dues à une négligence des lois en la matière. Notamment, celle relative aux collectivités locales (n°95-611 du 03 août 1995) en ses articles 5 et 6.
Ibrahima B. Kamagaté
Ibrahima B. Kamagaté