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Le Temps
· 4 min de lecture

Sortie de crise : Soro perd un soutien de poids

De bonne foi, il s'était engagé à soutenir le Premier ministre dans sa mission. Aujourd'hui, Charles Blé Goudé met fin à cette caution. Faisant perdre à Soro un soutien de poids.

Le discours que Charles Blé Goudé a prononcé depuis Soubré et qui sonne la rupture de confiance entre le président du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (Cojep) et le Premier ministre, Guillaume Soro, surprend moins ceux qui n'ont toujours pas cru en la sincérité du locataire de la Primature. Si bien que Blé Goudé, lui-même, se sent aujourd'hui, trahi par le locataire de la Primature de Côte d'Ivoire. A cause du blocage constaté dans l'application de l'Accord politique de Ouagadougou (Apo). Signé le 4 mars 2007 dans la capitale du Burkina Faso. Pendant que Blé Goudé, au nom de la réconciliation nationale avait donné sa parole et s'est engagé à soutenir Guillaume Soro sur la route de la paix.
A cette seule condition : "les Ivoiriens sont prêts à pardonner, mais tout dépend de Guillaume Soro. Il lui appartient de travailler avec le Président Gbagbo, afin de conduire la Côte d'Ivoire vers la paix ". Tel était le message de Charles Blé Goudé. Lorsqu'il lui est apparu idoine de créer, d'une part, les conditions d'un rapprochement entre les Ivoiriens en général, et en particulier, entre les Ivoiriens et les ex-rebelles avec Guillaume Soro à leur tête. De bonne foi et avec le principe que "la finalité n'est pas de savoir ce qu'on devient après la crise, mais plutôt, ce que sera la Côte d'Ivoire demain", Charles Blé Goudé et ses camarades de l'Alliance de la jeunesse patriotique, ont pris sur eux, de parcourir tout le pays. Afin de convaincre et de faire accepter Guillaume Soro dans la République. Parce qu'il avait accepté la main tendue du Président de la République, pour un Dialogue direct qui a abouti à la signature de l'Accord politique de Ouagadougou. A travers une caravane de la paix qui a traversé tout le sud et s'est ébranlé à l'Ouest, au Nord (à Korhogo, Ferkessédougou et même au centre du pays. Notamment à Bouaké (alors fief de l'ex-rébellion). Expliquant que si les Ivoiriens veulent leur indépendance, ils doivent créer eux-mêmes, ses conditions. " Parce que c'est nous et nous seuls qui pouvons amener la réunification et la paix dans ce pays ". S'était convaincu Blé Goudé. Qui s'est gardé de critiquer publiquement son travail. Il s'est même mis en mission de jour comme de nuit auprès du chef de l'Etat et certaines autorités du pays, pour le compte de Guillaume Soro. Pour marquer sa bonne foi dans cet engagement, il a invité la jeunesse des Forces nouvelles (Fn) et Wattao, respectivement à Guibéroua et dans le village du Président de la République. Tout comme il a invité le Premier ministre Guillaume Soro à Gagnoa. A un moment où rien ne prévoyait un rapprochement véritable entre le camp présidentiel et le camp rebelle. Seul contre des opinions difficiles à persuader, Blé Goudé a réaffirmé son accord avec la nomination de Guillaume Soro Kigbafori, comme Premier ministre par le Président Laurent Gbagbo. Parfois avec des arguments du genre : " si Soro a pris son décret des mains du Président Gbagbo, cela veut dire que le pouvoir est revenu et qu'il est temps d'aller à la paix ".
Etape que les Ivoiriens auraient pu franchir. Si seulement celui qu'il a présenté comme étant l'homme à même d'aider le Président de la République à obtenir la paix pour les Ivoiriens, avait joué sa partition. C'est-à-dire, si Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces nouvelles (ex-rébellion) avait pris toute la mesure de la tâche à lui confiée par le chef de l'Etat et respecté l'Apo, dans son application, point par point. Dans un esprit de concertation permanente avec le Président de la République et conformément aux dispositions dudit Accord et de l'article 53 de la Constitution. Pour cela, outre les prérogatives traditionnelles, des attributions et des pouvoirs spécifiques lui ont été accordés. Mais trois(3) ans après la signature de l'Apo et la désignation de Guillaume Soro comme le Premier ministre, qui a pour mission de sortir le pays de la crise, rien n'y fit. L'homme est aujourd'hui, soupçonné de tourner insidieusement le processus de sortie de crise à sa guise. De sorte à s'imposer comme ayant le meilleur profil pour assurer une transition. Au cas où
Soro n'a véritablement pas quitté le terrain de la guerre. Puisqu'il maintient encore ses hommes en armes. Conséquence, son allié de poids et de circonstance, en la personne de Charles Blé Goudé, n'est pas content de la manière dont il gère la situation. Il remet donc la condition citée plus haut au goût du jour. Et attend du Premier ministre, des actions concrètes, qui clarifiera sa position face aux problèmes du contentieux électoral, de la réunification effective du pays et du processus de désarmement. La rupture est donc inévitable. Vu les positions tranchées de chaque camp. Blé Goudé a retiré son soutien à Guillaume Soro. Désormais, la balle est dans le camp du Premier ministre.

Frimo D. Koukou
koukoudf@yahoo.fr

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.