par

Des violences ont eu lieu lundi dernier à la préfecture de Grand-Lahou et ont eu pour prétexte une marche de protestation contre un arrêté du préfet du département, expropriant le défunt maire Usher Assouan de son patrimoine. En réalité, c'est une guerre de succession qui fait rage au sein du PDCI. Notre Voie a enquêté.


En 1970, face à l'avancée de la mer, le ministre Arsène Usher Assouan Timothée, obtient de l'Etat de Côte d'Ivoire le transfert du village de Lahou Kpanda sur le site actuel qui abrite la sous-préfecture de Grand Lahou. L'Etat concède au ministre Usher Assouan, le déclassement de plusieurs hectares de forêts pour bâtir la nouvelle commune de Grand Lahou. A côté de ces terres déclassées, la famille Beugré Drogui possède 406 ha. Le maire défunt, Usher Assouan, s'approprie ces terres avec la ferme promesse à son propriétaire, le vieux Beugré Drogui, de lui bâtir une somptueuse villa. Les parents de Drogui s'opposent à cette mauvaise affaire. Usher Assouan obtient en définitive d'eux 7 ha sur lesquels il a bâti sa résidence. En 1987, Usher Assouan obtient du sous-préfet d'alors, M. Patrice Gueu, un document lui attribuant à nouveau les 406 ha de la famille Drogui. Il prend soin d'éviter le préfet Loukou Antoine, président de la commission d'attribution des lots. Ce dernier ne partageant pas sa vision des faits. La crise entre la famille Usher et les Drogui ne date donc pas de ce jour. Seulement voilà, Usher Assouan devient une personnalité incontournable du système Houphouet-Boigny, le tout puissant double puissance?. Les Drogui observent un silence d'impuissance jusqu'à la date du 14 mai 2007 où l'un des enfants héritiers, M. Tanoé Robert, introduit une demande d'attribution de 144 ha 38 et 55 ca à la direction départementale de l'agriculture, qui commet une enquête de commando et incomodo, non contestée, lui attribuant la parcelle de terre. Maître Usher Assouan, en convalescence ne voit pas le danger passer et les Drogui obtiennent gain de cause.

L'arrêté du préfet contesté par les cadres PDCI

Tous ces actes juridiques et administratifs sont conduits par le préfet Jacques Logognon. Son successeur, le préfet Edmond Agand René, prend soin de passer au scanner pendant deux mois le dossier, avant de le signer le mercredi 8 août 2007, du vivant du maire Usher Assouan. Une ampliation, comme le stipule l'arrêté, est adressée aux services de la mairie. Les services de la préfecture n'enregistrent aucune protestation de la part de la famille Usher.

Du mausolée au caveau, vice-versa

Et le maire Usher Assouan décède le samedi 13 octobre dernier. La famille du défunt décide de l'enterrer sur les terres litigieuses à 800 m de sa résidence dans un caveau familial. L'objectif visé par les enfants, est d'enterrer en ce lieu leur père en compagnie des autres corps inhumés sur l'île d'où ils devront être exhumés. Le caveau doit alors avoir une capacité de 24 casiers. Toute chose que refusent les enfants Drogui qui sont plutôt pour la construction d'un mausolée devant contenir le défunt maire seul. Il s'engage des tractations entre les deux familles pour le choix de la qualité du tombeau du maire. Le député, Lakpa Amessan, superviseur des funérailles, rencontre les deux parties à l'Assemblée nationale. A l'occasion, M. Gogui Jean, chef du village de Braffedon, confirme la propriété de cette terre litigieuse à la famille Drogui et leur demande la permission d'enterrer le maire comme le souhaite la famille. Les Drogui acceptent, mais à condition que le caveau ou le mausolée soit à son domicile. Les conclusions de cette rencontre sont consignées dans un procès-verbal.
Sans en tenir compte les Usher décident de construire pour leur père un caveau à 800m de la résidence. Le préfet décide alors d'arrêter les travaux du caveau et convoque à son bureau la famille en conflit et le collectif des chefs. A cette autre réunion, au nom de la famille Usher, M. Djaha Jean sollicite la clémence de la famille Drogui pour que le maire soit enterré au lieu indiqué. Cette implication du député FPI dans la recherche d'une solution à l'amiable lui vaudra le clichet de conseiller occulte des enfants Drogui pour bafouer les funérailles du maire. Cette accusation lui sera signifiée par M. Issonnay Niamba, ex-député PDCI de Grand-Lahou, et M. Alfred Yao, président du conseil général (PDCI).

Les raisons cachées
des violences

De son vivant, Maître Arsène Usher Assouan a toujours régné en maître incontestable à Grand-Lahou dont il est le père fondateur?. Ainsi, construites sur fonds de la municipalité pour accueillir les policiers du futur commissariat de la ville, s'octroie-t-il les 20 villas situées sur le domaine Aboudan. Avant son décès, il vend ces villas aux cadres de la région. Ce quartier abrite les résidences du président du conseil général, M. Alfred Yao. M. Djaha Jean s'y octroie 5 villas achetées avec le maire. Tous les cadres de Grand-Lahou s'arrachent les villas. Tous ceux qui décident de reverser les fonds au Trésor de l'Etat sont très vite rappelés à l'ordre par le maire qui menace de casser leur clôture.
Deuxième acte : le maire Usher construit avec un fonds de la municipalité un collège municipal qui devient très vite le collège privé Victor Gnaba Gogui, géré aujourd'hui par le conseiller municipal Laga Joseph.
Son troisième acte consistera à vendre à M. Djaha Jean les locaux de la PMI qu'il transforme en une morgue privée.
Au décès du maire, Mme Aotto Céline, non partisane de ce réseau d'affairistes, est désignée, par le préfet René Agand, maire intérimaire de la commune. Elle manifeste en privé le désir de rétrocéder à la mairie toutes ces propriétés vendues à des privés qui sont d'ailleurs de son parti politique. Il y a lieu donc de fragiliser le conseil municipal qu'elle dirige, mais surtout de l'écarter des funérailles du maire. L'objectif final étant de la faire remplacer par M. Laga Joseph qui tracerait les sillons de l'accession à la tête de la mairie de M. Djaha Jean. Elle est donc royalement ignorée dans les préparatifs de la marche de protestation de ce lundi, conduite par le chef de cabinet du président du conseil général et à laquelle prend part l'ensemble des agents du conseil général et de la nouvelle morgue de M. Djaha Jean et quelques agents municipaux partisans du clan, Laga Joseph, adjoint au maire. Motif trouvé pour mettre mal à l'aise la nouvelle patronne de la mairie, l'arrêté signé par le préfet Edmond Agand du vivant du maire.

Des commanditaires
avérés

Pour le député Lakpa Amessan et le préfet du département, certains cadres PDCI et des jeunes du vieux parti ont une responsabilité indiscutable dans les violences du lundi dernier. Nptamment M. Alfred Yao, président du conseil général (PDCI), pour avoir mis son outil informatique et son personnel à la disposition des marcheurs ; M. Djaha Jean (PDCI) pour avoir lui aussi mis le personnel de sa morgue à la disposition des marcheurs ; M. Jean- Baptiste Niamba (PDCI) 3ème adjoint au maire, chez qui les manifestants seraient allés fêter leur forfait. Toute chose que ce dernier a nié. Il y a aussi M. Lago Gaston, chef de cabinet du conseil général (PDCI), visible en compagnie des manifestants sur les photographies ; le commandant de brigade ; M. Laga Joseph (PDCI) ; M. Ano Jean Jules (PDCI) ; M. Béké Vincent (PDCI), agent communal ; M. André Kouassi Dido (PDCI), 3ème vice-président du conseil général ; Mme Mariam Cécile ; M. Gnaba Beugré Paul (dit Pablo) et Traoré Mamadou, secrétaire général de la Fesci du lycée moderne Leboutou qu'ils estiment être les commanditaires de ces violences.
Malgré l'attitude de ces responsables politiques de son parti, Mme Aotto Céline soutient que le programme des funérailles du maire sera respecté. La dépouille mortelle du maire Usher sera à Grand-Lahou le jeudi 24 janvier. La veillée aura lieu le vendredi 25 janvier au stade municipal et l'enterrement le samedi 26 janvier prochain?, soutient-elle.





Reportage réalisé par Sam Wakouboué

www.225.ci - A propos - Plan du site - Questions / Réponses © 2023