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Le Patriote
· 3 min de lecture

Panel

Mme Dadio, consommatrice
Trop c'est trop?
Nous sommes descendues dans la rue pour décrier la cherté de la vie dans ce pays. Chaque fois on augmente les prix des denrées et personne ne réagit. Le panier de la ménagère est vide et pauvre. Depuis que la guerre a éclaté on n'a jamais vu les femmes dans la rue à Cocody. Aujourd'hui, nous voulons montrer à la face de nos gouvernements que nous sommes fatigués. La viande qui coûtait 1200f est passée à 1500f, le kilo du riz denicacha est passé de 250 à 300f. Pourquoi le prix des produits de premieres nécessité augmentent ? Mes enfants aujourd'hui ne prennent plus le café. Trop c'est trop, qu'ils diminuent les prix, si non nous serons toujours dans la rue.

Marie Ange, commerçante
On a faim !?
Ils ont tout fait pour qu'on baisse les bras, on l'a pas fait. Mais là où ils veulent toucher à notre ventre, ils vont nous trouver sur leur chemin. Fusil ne nous a pas tué, déchet toxique ne nous a pas tué, pourquoi veulent-ils nous affamé. On n'arrive plus à manger, à se soigner. C'est grave, vraiment grave. Comment pouvez vous comprendre que le riz, un aliment de grande consommation pour les pauvres augmente jusqu'à 400f le kilo. On ne peut plus manger, voilà pourquoi nous manifestons. Parce que depuis nous parlons, personne ne nous écoute, personne ne réagit, alors que nous avons faim. Les salaires de nos maris n'ont pas augmenté, mais le prix des denrées ne fait que grimper. A cette allure où irons nous?


Yava Marguerite , vendeuse de piments et escargots
Il faut diminuer
l'essence?
Si le président de la République a l'argent, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Tout est chère sur le marché. On a lutté pour eux. Qu'ils prennent le problème de la nourriture au sérieux. On ne peut plus faire le marché avec 2000f. Le prix de l'essence a augmenté. Il faut diminuer le prix du carburant. Les enfants ont faim, et un homme qui a faim n'est pas un homme libre. Voilà pour quoi, les enfants vont braquer les gens.

Messou Josephine, étudiante
Que le gouvernement nous écoute?
En Côte d'Ivoire tant que tu ne descends pas dans la rue, personne ne te prend au sérieux. Aujourd'hui, nous les jeunes et les vieux de Cocody sommes dans la rue pour protester contre la cherté de la vie. Tout est devenu cher, même adjovan (petit poisson séché). Le kilo de riz est passé à 600f. Nous ne voulons pas mettre du désordre dans le pays, mais nous voulons que le gouvernement nous écoute, nous ne pouvons plus manger.

Ahin Flora , Pasteur
Nous ne sommes
pas là uniquement pour les élections?
Ce matin je me suis jointe à mes s?urs parce qu'il ne s'agit pas ici d'une question politique. C'est une affaire purement sociale. La cherté de la vie a atteint son paroxysme. On ne peut plus rien faire. Si jamais on ne vient pas à notre secours, il n y aura plus d'issue. Il faut que le gouvernement comprenne que ce n'est pas une question politique. Aujourd'hui, on ne peut même pas acheter le lait, alors que les publicités à la télé nous conseillent le lait. Depuis les indépendances, il n y a pas eu de réaménagement de la grille salariale ivoirienne. Mais avec 33000f comment voulez vous que quelqu'un puisse payer son loyer. Aujourd'hui les sicobois coûtent 10000f au minimum. Payer l'eau, l'électricité. On a condamné les Ivoiriens à la mort d'une certaine manière. Si le président et son gouvernement ne font pas de marche arrière, ce ne sera pas bien pour la population. Nous ne sommes pas là seulement pour les élire. Nous devons aussi jouir de tout ce qui est partie intellectuelle de chaque parti politique.
DM

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.