Une mesure pour affaiblir les Forces Nouvelles
C'est désormais décidé. Les Forces Nouvelles ne percevront plus les taxes, impôts et autres recouvrements fiscaux. Sur la pression des institutions de Brettons Wood , plus précisément le Fonds monétaire international , le Premier ministre Guillaume Soro a été obligé de céder sur une question qui continue de faire débat au sein de l'ex-rébellion. La signature de l'accord complémentaire de Ouagadougou le 29 novembre dernier à Korhogo est venu consacré une mesure qui risque de provoquer de sérieux grincements de dents en zone CNO. Depuis le déclenchement de la crise, une sorte d'économie de rente s'est installée dans les territoires sous contrôle des Forces Nouvelles. Les premiers bénéficiaires en sont les chefs de guerre et leurs lieutenants. La taxation des opérateurs économiques et les produits transitant leur zone est une activité hautement juteuse au point que les commandants de zone en ont fait exclusivement leur chasse gardée. Le partage des zones d'influence et d'affluence avait même créé en son temps des frictions entre certains chefs de guerre. Le cas qui a marqué les esprits a été la guerre ouverte que se sont livré en plein jour dans les rues de Korhogo le commandant Coulibaly Ousmane dit Ben Laden et le sergent Coulibaly Adama dit Adam's en janvier 2004 pour un camion citerne. Quelques jours plus tard, le dernier cité trouvait la mort, assassinés par des hommes en arme devant une boite de nuit. On le sait l'argent est le nerf de la guerre. La manne recueillie par les commandants de zone ne sert pas seulement à entretenir leur train de vie et celui de leur proche. Mais aussi à assurer le quotidien de la troupe qui est à leur charge .Parfois la population qui voit en eux des remplaçants de l'Etat providentiel. Comme on le voit, le problème est loin d'être une affaire d'intérêt personnel. Mais il cache également des considérations d'ordre social et sociologique. Car dans nos sociétés, pour demeurer chef et être reconnu comme tel, il faut tenir son rang. Et la seule manière de le faire, c'est d'être en mesure de faire face aux besoins existentiels des populations. Une obligation qui demande suffisamment de ressources financières. Avec le retour du fisc et des douanes dans les zones où ils régnaient en seigneur, il sera difficile pour les hommes forts de l'ex-Soroland de répondre désormais à toutes les sollicitations, voire posséder les moyens de leur politique. Il est vrai que lors des discussions en interne à l'Etat-major des Forces Nouvelles , le Premier ministre Guillaume Soro a promis faire des compensations financières en tenant compte de ce que chaque chef de guerre gagne mensuellement. Mais cette mesure ne pourra à 100% satisfaire les besoins de ses hommes. On tenterait d'affaiblir les chefs de guerre qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Et c'est en cela que le président Laurent Gbagbo aura réussi une partie de son combat contre l'ex-rébellion.
Jean-Claude Coulibaly
Jean-Claude Coulibaly