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Après le report de la présidentielle : Un journal burkinabé accable inutilement Laurent Gbagbo

Alors que les raisons du report du premier tour de la présidentielle ivoirienne sont connues de tous, un quotidien burkinabé a décidé d'en rendre le président Gbagbo responsable.
Le quotidien burkinabé Le Pays a certainement une dent contre le président ivoirien Laurent Gbagbo. Sinon il est difficile de comprendre le traitement dont le chef de l'Etat ivoirien a été l'objet dans ledit quotidien dès le lendemain de la réunion du Cadre permanent de concertation qui s'est tenue à Ouagadougou le lundi 10 novembre. Dans un article d'opinion intitulé : Report des élections en Côte d'Ivoire : en attendant que Gbagbo soit prêt, Mahorou Kanazoé se livre à un réquisitoire sans appel contre Laurent Gbagbo qu'il accuse de bloquer le processus électoral parce qu'il ne serait pas sûr d'être réélu.
Morceaux choisis : Il est facile pour lui de se dédouaner en renvoyant en permanence la balle sur la Commission électorale indépendante qui n'est qu'un organe technique chargé de la tutelle des élections. On sait comment en Afrique les régimes ont une influence déterminante sur la tenue des scrutins () D'ailleurs qui peut croire que le gouvernement ivoirien n'a pas les moyens de prendre en charge l'organisation du scrutin ? Quand il s'agit de voyager à travers le monde, d'entretenir une armée vindicative, d'organiser des tournées à travers le pays, de recevoir grassement des courtisans défilant sans cesse au palais, le président trouve les ressources pour le faire () La conclusion que l'on pourrait tirer est donc que ces tergiversations ont une autre cause, celle des incertitudes de la victoire () Le président Gbagbo, en dehors de son fief du pays bété qu'il est obligé de partager d'ailleurs avec le RDR, n'est pas assuré d'un bon score dans les autres régions du pays () Tant que Gbagbo ne maîtrisera pas tous les paramètres de l'élection, il est illusoire de croire qu'il se hâtera pour sa tenue () Laurent Gbagbo apparaît comme le principal obstacle à la tenue de la présidentielle, étant entendu donné qu'il n'entend pas l'organiser et la perdre () Dans les différents accords de sortie de crise, il aurait été judicieux d'écarter un candidat dont on sait qu'il sera juge et partie. Que de balivernes ! Si Mahorou Kanazoé veut se permettre des opinions sur la situation de la Côte d'Ivoire, il devrait au moins prendre la peine de mieux s'informer. Car ce qu'il décrit dans son pamphlet est loin d'être la réalité.
Premièrement. La Commission électorale indépendante (CEI) en Côte d'Ivoire n'est pas qu'un organe technique chargé de la tutelle des élections. C'est une structure totalement indépendante de la présidence de la République. Si M. Kanazoé fait sa petite enquête, on lui dira que Robert Beugré Mambé, qui est le président de la CEI, est un cadre du PDCI-RDA d'Henri Konan Bédié. Donc un opposant. Bien plus, tous les organes régionaux et départementaux de la CEI sont dirigés par des opposants à Laurent Gbagbo. Et le FPI, parti de Laurent Gbagbo, y est totalement marginalisé. Si Mahorou Kanazoé voulait vraiment parler du processus électoral en Côte d'Ivoire, il aurait pu se faire expliquer les choses, puisque les principaux acteurs ont séjourné pendant au moins 72 heures à Ouagadougou.
Deuxièmement. Personne n'a jamais dit que le gouvernement ivoirien n'avait pas les moyens de prendre en charge l'organisation de ses élections. Et si Kanazoé avait écouté Guillaume Soro à l'issue de la réunion du CPC, il aurait épargné à ses lecteurs des affirmations sans fondement. Mais le gouvernement ne peut décaisser que selon les disponibilités de la trésorerie de l'Etat. On ne passera pas sous silence que le pays sort progressivement d'une crise armée et qu'une bonne partie des recettes fiscales échappe encore au gouvernement. Malgré tout, le pays doit continuer à fonctionner. Car les élections ont beau être une priorité, elles n'empêchent pas l'Etat de fonctionner normalement. Par exemple, la Côte d'Ivoire n'arrêtera pas de payer les fonctionnaires ou d'honorer ses autres engagements sous le prétexte qu'elle doit organiser les élections. Maintenant, ce que tous les acteurs de la sortie de crise, y compris les opposants demandent, c'est que la communauté internationale respecte sa parole en donnant ce qu'elle a promis comme apport financier. Mais, apparemment, ce sont les visites de Laurent Gbagbo à l'intérieur du pays qui dérangent M. Kanazoé. On pourrait lui rétorquer que celles-ci contribuent à faire tomber les barrières de méfiance.
Troisièmement. Mahorou Kanazoé tente de relancer un débat qui n'est plus à l'ordre du jour. Il aurait voulu que Laurent Gbagbo soit écarté de la candidature à la présidentielle. Mais cela signifierait que la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002 a réussi. Or ce n'est pas le cas. Donc Gbagbo sera bel et bien candidat si tel est sa volonté. Les accords disent bien que tous ceux qui manifestent le désir d'être candidats doivent y être autorisés. Maintenant, quant à savoir si le pays bété est le fief de Laurent Gbagbo en dehors duquel il n'aura pas une seule voix, cela paraît relever des fantasmes de l'auteur de l'article. Les résultats des élections organisées depuis 1990 montrent à souhait que les idées de Laurent Gbagbo séduisent bien au-delà de son groupe ethnique.
En définitive, on se rend bien compte que, malgré le contexte actuel fait de collaboration et de consensus à tous les niveaux, certaines personnes continuent de véhiculer des idées complètement obsolètes.
Il y a pourtant des raisons objectives qui empêchent l'organisation du premier tour de la présidentielle à la date du 30 novembre. La Commission électorale indépendante, dominée par l'opposition, a clairement expliqué qu'on ne peut pas organiser un scrutin alors que le recensement n'est pas fait. Tout le monde est d'accord. En tête, les opposants les plus irréductibles de Laurent Gbagbo. Ils étaient tous à Ouaga lundi et ils ont décidé de façon consensuelle qu'il ne fallait plus mettre la charrue avant les b?ufs, selon les propres termes d'Henri Konan Bédié. C'est l'essentiel.

Augustin Kouyo
Après la réunion du CPC à Ouagadougou
Laurent Gbagbo est rentré hier
Le président de la République, Laurent Gbagbo, a regagné Abidjan hier mardi 9 novembre 2008 en provenance du Burkina Faso. Le chef de l'Etat a participé dans la capitale Burkinabé à la 4ème réunion du Conseil permanent de concertation (CPC sur la crise ivoirienne. Au sortir de ladite réunion, l'élection présidentielle a été reportée à une date ultérieure.
L'avion du chef de l'Etat s'est posé au GATL à 18 h. Le n°1 ivoirien a été accueilli à sa descente d'avion par les présidents des institutions, des membres du gouvernement et les premiers responsables des Forces de défense et de sécurité.
Le président de la République n'a fait aucune déclaration à sa descente d'avion à l'aéroport.


Boga Sivori

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.