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Le Temps
· 1 min de lecture

Après son appel au soulèvement populaire - Bédié jette ses partisans dans la rue

Le projet lui tenait à coeur et le Président du PDCI l`a enfin réalisé. Dans un discours aux contours insurrectionnels, Henri Konan Bédié qui tenait son meeting au complexe sportif de Yopougon, l`homme a versé sa bave sur le chef de l`Etat, le qualifiant, lui et ses collaborateurs d`opposants irresponsables et inconscients. Et d`inviter le peuple à prendre ses responsabilités. " La patience des ivoiriens a été longtemps éprouvée et rien, ni personne, ne peut arrêter les déferlements auxquels nous préparent les comportements singuliers du FPI. Ce sera un beau tapage que je ne souhaite pas mortel. La Côte d`Ivoire, notre pays n`est la propriété privée d`aucune citadelle politique ni d`aucun seigneur de guerre". Tels sont les propos du président du PDCI. A l`analyse, c`est un appel à l`insurrection populaire contre le régime de Gbagbo. Et à peine cet appel lancé qu`un alibi, du reste abject, est trouvé pour mettre en application le mot d`ordre de Bédié. Hier, dans certains quartiers d`Abidjan, des groupuscules d`individus se sont aventurés dans la rue, pour réclamer la baisse du prix des denrées alimentaires. Un combat qui aurait pu bénéficier du crédit du peuple s`il était revêtu du sceau de la sincérité. Or, la promptitude et les circonstances dans lesquelles les marches se sont déroulées révèlent sans aucun doute, l`implication d`une main obscure dans l`affaire. C`est qu`elle (marche) intervient au lendemain de l`appel de Bédié au soulèvement populaire, avec pour alibi que Laurent Gbagbo se pavane dans les boîtes de nuit alors que le peuple se meurt. De vrai, le chef de l`Etat était à la rue Princesse de Yopougon avec une délégation française. Mais il s`agissait là, d`indiquer aux ivoiriens que la guerre est totalement finie et que tout le monde pouvait désormais s`amuser comme ce ne fut pas le cas, il y a sept ans. Mais la mauvaise foi aidant, les partisans de Bédié ont cru devoir bien faire en se livrant à la rue. Pour rien.

Simplice Zahui

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.