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Le Patriote
· 6 min de lecture

Dossier : Rapport Forces nouvelles - Rassemblement des Houphouétistes (RHDP) - Un climat de suspicion né du contexte passé et présent

La guéguerre, par organes de presse interposés, que se livrent les partis et forces politiques membres du G 7 semble, en réalité, tirer sa source dans le contexte passé des transitions chaotiques de Robert Guei à Charles Konan Banny en passant par Seydou Diarra.

Serait- on en train d'assister, sans le savoir, au début de la rupture entre les alliés du G 7 ? Ou, est- ce l'expression d'une simple contradiction de forme entre les différentes composantes de ce regroupement politique ? Ou seraient- ce des divergences profondes de vues sur les modalités de mise en ?uvre de l'accord de Ouaga auquel ils ont, d'ailleurs, tous souscrit? Difficile de répondre avec exactitude à ces interrogations majeures qui posent, à la vérité, la problématique de la solidité même des alliances politiques en Côte d'Ivoire. L'alliance du G 7 né aux lendemains de la signature de l'accord de Marcoussis et qui visait à aider à son application n'échappe malheureusement pas à cette logique implacable. Le G 7 est il vraiment solide ou est ce un simple effet de mode ? Au demeurant, que s'est il réellement passé pour que les forces nouvelles en arrivent à monter ainsi sur leurs grands chevaux et à décocher des fléchettes empoisonnées contre l'un de leurs alliés, en l'occurrence le PDCI RDA et son président Henri Konan Bédié ?

Le rôle néfaste d'une certaine presse

C'est simple ! Les Forces nouvelles n'apprécient pas la levée de boucliers à laquelle l'on assiste depuis quelques jours dans certains organes de presse proches des partis membres du RHDP contre leur leader, Guillaume Soro, par ailleurs Premier ministre issu de l'accord de Ouaga. Il s'agit notamment du quotidien Nouveau Réveil proche du PDCI qui a consacré deux ou trois manchettes particulièrement critiques au chef du gouvernement et aussi du quotidien 24 heures qui accuse dans sa parution de samedi dernier la primature de complicité avec le chef de l'Etat dans la volonté affichée par celui-ci de confisquer le processus électoral. A ceux là, pourrait s'ajouter le quotidien L'Evenement proche de l'ex premier ministre Charles Konan Banny qui ne semble pas du tout déborder de sympathie pour le leader des forces nouvelles. Même l'interrogation que s'est permis de poser à sa Une le quotidien Le Patriote dans sa parution de la semaine dernière de savoir Gbagbo-Soro : Où vont-ils ? n'aurait pas fait, selon nos sources, que des heureux au sein de l'ex- rébellion. Pour les forces nouvelles, ces organes de presse agissent forcement sur instructions expresses des partis politiques dont ils sont respectivement proches.. Bien plus, estiment les hiérarques des forces nouvelles, toutes ces attaques contre Guillaume Soro ne peuvent pas être fortuites. Elles visent principalement à le discréditer dans l'opinion, à l'affaiblir dans les médias et à le déstabiliser en fin de compte comme ce fut le cas avec ses prédécesseurs, Diarra et Banny. Sidiki Konaté, le porte- parole attitré du mouvement ne pouvait rester longtemps silencieux face à cet effet de fait qu'il assimile à un manque de sincérité, de courage et de loyauté de la part des alliés. D'où sa sortie pour la moins musclée du lundi 30 avril nuit à l'hôtel du Golf visant à interpeller de vive voix les leaders du RHDP sur la responsabilité qui est la leur de rappeler à l'ordre ces médias proches d'eux qui s'attaquent au premier ministre. Mais, à la vérité, au-delà de ces critiques de la presse contre Guillaume Soro, y a-t-il vraiment le feu en la demeure du G7 ? La rupture entre les forces nouvelles et le RHDP est elle simplement envisageable, à ce stade crucial du processus de sortie de crise? Et à qui profiterait elle ? Dans les faits, aucun des leaders du Rassemblement des Houphouétistes n'a encore posé un acte négatif direct ou indirect contre le leader des Forces nouvelles, a fortiori contre le chef du gouvernement qu'il est. Dans le même temps, les Forces nouvelles n'ont, jusqu'à preuve du contraire, encore posé aucun acte contrariant publiquement leurs alliés houphouétistes. En d'autres termes, il n'existe aucun problème de fond, aucune contradiction principale entre les différentes composantes du G 7. Jusque là, ces composantes sont en phase, comme nous l'écrivions déjà lors du dialogue direct inter ivoirien de Ouaga. Mais, il ne faut pas être naïf au point d'ignorer que le souhait de l'un des signataires de l'accord de Ouaga, en l'occurrence le camp présidentiel est de voir le G7 imploser du jour au lendemain pour son grand bonheur à lui seul. Et c'est justement là le défi auquel sont confrontés les membres du G7 : le défi de l'unité et de la cohésion. Mais, comment en est on arrivé, aujourd'hui, à cette perte de sérénité et de vitesse au sein d'un regroupement politique qui, à sa naissance, avait suscité beaucoup d'espoir au sein des populations au point de se positionner très vite comme une véritable force de changement ? Ce climat de suspicion générale entre les F.N et le RHDP est né, soulignons le, du contexte passé des transitions ratées et du contexte présent de la transition inachevée de Banny. Qu'est ce à dire ?

G 7 : Où est le vrai problème ?

La transition militaire du général Guei est encore de fraîche mémoire. Dès son arrivée, il a promis balayer la maison et de s'en aller d'où il est venu. En cours de chemin, il n'a pas tardé à faire étalage de ses tendances pouvoiristes entraînant, ainsi, un lot d'exactions inacceptables contre les civils. La suite, on la connaît. Puis, est arrivé le premier ministre Seydou Diarra sur qui les Ivoiriens ont beaucoup compté et qui, malheureusement, n'a pas été à la hauteur de la tâche. Là aussi, on connaît la suite. Arrive, ensuite, Charles Konan Banny dont on dit qu'il s'est laissé plomber par ses ambitions présidentielles immédiates au détriment de la mission de salut public qui lui était assignée. Dans un tel contexte, quand arrive Guillaume Soro à la primature, doit on tenir rigueur à certains ivoiriens qui se veulent critiques de se poser des questions et de chercher à savoir où allons nous ? Que non, certainement ! Doit-on s'en prendre à la presse ? Peut-être que non ! Peut-être que oui ! Et quand cette presse dont l'influence n'est pas négligeable dans l'opinion ivoirienne se met à faire des critiques contre ce premier ministre accepté par tous à l'issue de l'accord de Ouaga, l'exagération, parfois, n'est pas loin. Mais, la réaction des uns n'est elle pas disproportionnée par rapport à celle des auteurs de ces critiques ? Là est toute la question. Mais, à la vérité, peut on faire l'injure à la presse, de nature jalouse de sa liberté, de soutenir une cause qu'elle ne semble pas du tout comprendre? C'est là aussi une autre question née du déficit de communication qui s'est installé entre les signataires de l'accord de Ouaga et la presse dans son ensemble depuis la fin du dialogue direct. Mais au delà de ces considérations d'amour propre empreintes d'émotivité, les membres du G 7 doivent savoir laver le linge sale en famille. Ils doivent surtout se rendre à l'évidence qu'en étalant leurs contradictions internes sur la place publique, qu'elles soient simplement de forme ou même de fond, ni les forces nouvelles ni les partis (PDCI, RDR, MFA, UDPCI) ne donnent suffisamment de garantie et d'assurance à ces milliers d'ivoiriens qui voient en eux une alternative crédible pour le changement démocratique auquel ils aspirent depuis toutes ces années de lutte. Et c'est à désespérer de l'ensemble de cette opposition ivoirienne qui donne l'impression souvent de vouloir lâcher la proie pour l'ombre. Les forces nouvelles et le RHDP peuvent ils se payer le luxe d'un autre tsunami politique qui entraînerait, du coup, une reconfiguration du paysage actuel aux conséquences incalculables pour la démocratie ivoirienne après qu'ils aient combattu ensemble, main dans la main, un régime qui a confisqué cette démocratie ? Messieurs du G 7, la question vous est posée

Khristian Kara

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.