Zones ex-assiégées - Les Forces Nouvelles rançonnent à outrance automobilistes et voyageurs
Pour se rendre dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles, il faut avoir beaucoup d'argent sur soi pour pouvoir se déplacer aisément d'un lieu à un autre.
Peut-on affirmer aujourd'hui que les zones tenues par les Forces Nouvelles (ex-rébellion armée) sont fréquentables ? Difficile de répondre par l'affirmative. En effet, si les soldats des Forces Nouvelles ne violentent pas ceux qui ont accès à leur territoire, ils utilisent bien une autre forme de violence de nature à décourager les candidats? à leur région. Cette forme de violence a pour nom la rançon infligée systématiquement à tout usager de la route qui se retrouve pour une raison ou une autre sur leur terre?. En la matière, les automobilistes et les voyageurs sont la cible recherchée.
Dans la région de Man où nous étions en transit récemment, le constat est amer. En effet, de Logoualé au grand carrefour de Zelé (intersection routes Duékoué, Danané, Man) à l'autre grand carrefour de Voumgbé (axe Man-Séguéla-Facobly), jusqu'aux portes de Facobly, tous les véhicules (transport) sont sysmatiquement immobilisés. A ces différents niveaux, le chauffeur doit s'acquitter d'une somme d'au moins 2 000 FCFA dans le cadre du fameux laissez-passer donnant droit à une libre circulation. Attention, cette somme peut grimper jusqu'à 30 000 FCFA. De toutes les façons, tout dépend des humeurs des sentinelles? en permanence. Il y a aussi que le montant est fixé à la tête du client. Dans cette logique, les automobilistes et les voyageurs en provenance d'Abidjan sont frappés? durement. Car considérés dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles comme des gens nantis financièrement. S'agissant du contenu des véhicules, c'est-à-dire les passagers, chacun devra obligatoirement payer 300 FCFA pour valider sa pièce d'identité. Cette somme représente un péage pour l'occupant du véhicule. Ce qui signifie que, même sans papier, il devra toujours payer.
A côté des sommes déboursées pour le compte du laissez-passer et du péage dans le même barrage, se greffe un autre type d'extorsion d'argent. La seule différence, c'est que cela est fait très poliment. Bonne arrivée chez nous. On ne vous force pas. Que chacun fouille sa poche pour nous donner quelques pièces afin qu'on boive le thé ! Dépêchez-vous ! Vous allez continuer votre voyage?. Ceux qui tiennent ces propos, le plus souvent, ce sont les plus jeunes soldats qui dégagent la barrière d'accès dans les corridors. Comme ils le disent, ces plus jeunes soldats peuvent prendre n'importe quelle pièce. Mais gare à vous si vous ne cotisez pas ! Votre engin ne bougera pas. Dans cet engrenage, le transporteur et ses passagers ne verront le bout du tunnel que lorsqu'ils effectueront le trajet retour. Parce que, là encore, il y a lieu de payer pour les levées de barrage?. Quel calvaire ! Spécifiquement, tout l'argent produit par les laissez-passer, selon des sources bien introduites, est déposé dans les caisses des Forces Nouvelles. Quant au reste, de toute vraisemblance, il va dans les poches de ceux qui le collectent.
Comme on le voit, les récentes déclarations faites par les Forces Nouvelles relatives à la suppression de leur fameux laissez-passer ne sont pour le moment que du vent.
Félix Teha Dessrait envoyé spécial à Man dessrait@yahoo.fr
Peut-on affirmer aujourd'hui que les zones tenues par les Forces Nouvelles (ex-rébellion armée) sont fréquentables ? Difficile de répondre par l'affirmative. En effet, si les soldats des Forces Nouvelles ne violentent pas ceux qui ont accès à leur territoire, ils utilisent bien une autre forme de violence de nature à décourager les candidats? à leur région. Cette forme de violence a pour nom la rançon infligée systématiquement à tout usager de la route qui se retrouve pour une raison ou une autre sur leur terre?. En la matière, les automobilistes et les voyageurs sont la cible recherchée.
Dans la région de Man où nous étions en transit récemment, le constat est amer. En effet, de Logoualé au grand carrefour de Zelé (intersection routes Duékoué, Danané, Man) à l'autre grand carrefour de Voumgbé (axe Man-Séguéla-Facobly), jusqu'aux portes de Facobly, tous les véhicules (transport) sont sysmatiquement immobilisés. A ces différents niveaux, le chauffeur doit s'acquitter d'une somme d'au moins 2 000 FCFA dans le cadre du fameux laissez-passer donnant droit à une libre circulation. Attention, cette somme peut grimper jusqu'à 30 000 FCFA. De toutes les façons, tout dépend des humeurs des sentinelles? en permanence. Il y a aussi que le montant est fixé à la tête du client. Dans cette logique, les automobilistes et les voyageurs en provenance d'Abidjan sont frappés? durement. Car considérés dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles comme des gens nantis financièrement. S'agissant du contenu des véhicules, c'est-à-dire les passagers, chacun devra obligatoirement payer 300 FCFA pour valider sa pièce d'identité. Cette somme représente un péage pour l'occupant du véhicule. Ce qui signifie que, même sans papier, il devra toujours payer.
A côté des sommes déboursées pour le compte du laissez-passer et du péage dans le même barrage, se greffe un autre type d'extorsion d'argent. La seule différence, c'est que cela est fait très poliment. Bonne arrivée chez nous. On ne vous force pas. Que chacun fouille sa poche pour nous donner quelques pièces afin qu'on boive le thé ! Dépêchez-vous ! Vous allez continuer votre voyage?. Ceux qui tiennent ces propos, le plus souvent, ce sont les plus jeunes soldats qui dégagent la barrière d'accès dans les corridors. Comme ils le disent, ces plus jeunes soldats peuvent prendre n'importe quelle pièce. Mais gare à vous si vous ne cotisez pas ! Votre engin ne bougera pas. Dans cet engrenage, le transporteur et ses passagers ne verront le bout du tunnel que lorsqu'ils effectueront le trajet retour. Parce que, là encore, il y a lieu de payer pour les levées de barrage?. Quel calvaire ! Spécifiquement, tout l'argent produit par les laissez-passer, selon des sources bien introduites, est déposé dans les caisses des Forces Nouvelles. Quant au reste, de toute vraisemblance, il va dans les poches de ceux qui le collectent.
Comme on le voit, les récentes déclarations faites par les Forces Nouvelles relatives à la suppression de leur fameux laissez-passer ne sont pour le moment que du vent.
Félix Teha Dessrait envoyé spécial à Man dessrait@yahoo.fr