Kakou Kouassi Jules (maire de Hiré) - Les Dida attendent une visite d`Etat de Gbagbo
M. Kakou Jules est le maire de la commune de Hiré. Dans l'interview qui suit, il fait le bilan de son action à la tête de la commune, évoque les effets de la crise et le souhait des populations dida à recevoir le président Gbagbo.
Notre Voie : Depuis 2001, vous êtes à la tête de la commune de Hiré. Quel bilan faites-vous de vos activités ?
Kouakou Kouassi Jules : Nous sommes arrivés à la tête de la commune dans un contexte socio-politique trouble. Il fallait organiser la population pour sécuriser la région. En 2002, après le coup d'Etat manqué de septembre qui s'est mué en rébellion, la fracture sociale a été nette. Hiré, c'est la CEDEAO en miniature. Le rôle du maire a été de rassembler tout le monde dans le processus de développement. Nous avons travaillé avec toute la population sans exclusive. Cette mise en confiance a fait que nos recettes propres ont été améliorées malgré la crise parce que la plupart des commerces sont aux mains des ressortissants de la CEDEAO. Quant aux projets, plusieurs ont été mis sur le tapis. La réalisation de certains projets a été rendue possible grâce à nos relations personnelles : trois écoles de 6 classes, un dispensaire, des logements ont été construits. Le rez-de-chaussée de l'hôtel de ville qui nous tient à c?ur est terminé et nous avons aménagé nos bureaux là-bas. Après l'érection du collège municipal en lycée, il reste à construire des classes. Théoriquement, c'est le conseil général de Divo qui doit prolonger notre action. L'assainissement de la ville de Hiré nous tient à c?ur aussi.
N.V. : Avez-vous les moyens pour la réalisation de tous ces projets ?
J.K.K. : La ville est sans bitume et c'est désagréable. Donc il faut effectivement de gros moyens pour l'assainissement. Nous louons un camion pour le ramassage des ordures. Le dernier budget est de 113 millions de nos francs. Il est en légère hausse par rapport au précédent qui était de 97 millions. L'entretien des rues est un casse-tête chinois pour nous. Il faut des caniveaux et recharger les routes. Pour tout cela, il faut des moyens. Mais nous faisons avec le peu que nous avons déjà.
N.V. : Tout à l'heure vous parliez de contexte socio-politique trouble. Comment Hiré a-t-elle vécu la crise ?
J.K.K. : La crise a été vécue difficilement. Hiré est une petite commune qui regorge plusieurs nationalités. Les autochtones dida vivent dans les villages. Comme la crise semblait avoir des ramifications dans la sous-région, certaines personnes s'en réjouissaient visiblement. A côté, il y a des Ivoiriens qui espéraient que la France renverserait l'ordre normal. Mais la majorité de la population ne jurait que par Laurent Gbagbo. Il fallait pour cela faire bloc pour soutenir le Président élu. Dieu merci, les choses ont évolué en notre faveur. Aujourd'hui, grâce à l'accord politique de Ouagadougou, partenaires et adversaires de Gbagbo parlent le même langage. J'ai réçu la communauté guinéenne qui souhaite organiser un meeting de soutien à Laurent Gbagbo.
N.V. : Hiré est considéré comme le grenier du département. L'activité économique a-t-elle connu une baisse ?
J.K.K. : Oui, forcément. Des populations qui ont fui le théâtre de la guerre sont venues gonfler celles de Hiré. Les ménages ont souffert de ce déséquilibre. Les paysans ont déserté les champs de peur de se voir attaquer par un rebelle. Les prix sur le marché ont grimpé. Par exemple, le kilogramme de viande de b?uf est monté à 2000 FCFA. Les ménages ne mangeaient plus à leur faim. On a assisté à des décès en cascade par manque de soin. C'était pénible tout ça !
N.V. : Quelles actions menez-vous pour réconcilier les populations ?
J.K.K. : Nous avons travaillé discrètement avec le sous-préfet pour sensibiliser les populations à la paix et à la réconciliation. Tout le monde doit être associé à la recherche de la paix. Nous avons mobilisé des cars, et les jeunes de toutes les sensibilités sont allés à Bouaké à l'occasion de la flamme de la paix. Témoins oculaires, ils disent aujourd'hui que la guerre est terminée.
N.V. : Quelles sont les attentes de la population en cette fin de crise ?
J.K.K. : Quand il était dans l'opposition, le Président avait promis de venir à Hiré en tant que chef d'Etat. La crise a retardé certainement le voyage. Aujourd'hui, c'est au quotidien que les populations souhaitent une visite d'Etat du président dans la région. Certainement si son calendrier le permet le président viendra voir ses parents. Hiré, mais tout Divo attend le chef de l'Etat. C'est leur fils. Les Dida et Godié ont soif de voir le président.
Interview réalisée par Delon's Zadé
Notre Voie : Depuis 2001, vous êtes à la tête de la commune de Hiré. Quel bilan faites-vous de vos activités ?
Kouakou Kouassi Jules : Nous sommes arrivés à la tête de la commune dans un contexte socio-politique trouble. Il fallait organiser la population pour sécuriser la région. En 2002, après le coup d'Etat manqué de septembre qui s'est mué en rébellion, la fracture sociale a été nette. Hiré, c'est la CEDEAO en miniature. Le rôle du maire a été de rassembler tout le monde dans le processus de développement. Nous avons travaillé avec toute la population sans exclusive. Cette mise en confiance a fait que nos recettes propres ont été améliorées malgré la crise parce que la plupart des commerces sont aux mains des ressortissants de la CEDEAO. Quant aux projets, plusieurs ont été mis sur le tapis. La réalisation de certains projets a été rendue possible grâce à nos relations personnelles : trois écoles de 6 classes, un dispensaire, des logements ont été construits. Le rez-de-chaussée de l'hôtel de ville qui nous tient à c?ur est terminé et nous avons aménagé nos bureaux là-bas. Après l'érection du collège municipal en lycée, il reste à construire des classes. Théoriquement, c'est le conseil général de Divo qui doit prolonger notre action. L'assainissement de la ville de Hiré nous tient à c?ur aussi.
N.V. : Avez-vous les moyens pour la réalisation de tous ces projets ?
J.K.K. : La ville est sans bitume et c'est désagréable. Donc il faut effectivement de gros moyens pour l'assainissement. Nous louons un camion pour le ramassage des ordures. Le dernier budget est de 113 millions de nos francs. Il est en légère hausse par rapport au précédent qui était de 97 millions. L'entretien des rues est un casse-tête chinois pour nous. Il faut des caniveaux et recharger les routes. Pour tout cela, il faut des moyens. Mais nous faisons avec le peu que nous avons déjà.
N.V. : Tout à l'heure vous parliez de contexte socio-politique trouble. Comment Hiré a-t-elle vécu la crise ?
J.K.K. : La crise a été vécue difficilement. Hiré est une petite commune qui regorge plusieurs nationalités. Les autochtones dida vivent dans les villages. Comme la crise semblait avoir des ramifications dans la sous-région, certaines personnes s'en réjouissaient visiblement. A côté, il y a des Ivoiriens qui espéraient que la France renverserait l'ordre normal. Mais la majorité de la population ne jurait que par Laurent Gbagbo. Il fallait pour cela faire bloc pour soutenir le Président élu. Dieu merci, les choses ont évolué en notre faveur. Aujourd'hui, grâce à l'accord politique de Ouagadougou, partenaires et adversaires de Gbagbo parlent le même langage. J'ai réçu la communauté guinéenne qui souhaite organiser un meeting de soutien à Laurent Gbagbo.
N.V. : Hiré est considéré comme le grenier du département. L'activité économique a-t-elle connu une baisse ?
J.K.K. : Oui, forcément. Des populations qui ont fui le théâtre de la guerre sont venues gonfler celles de Hiré. Les ménages ont souffert de ce déséquilibre. Les paysans ont déserté les champs de peur de se voir attaquer par un rebelle. Les prix sur le marché ont grimpé. Par exemple, le kilogramme de viande de b?uf est monté à 2000 FCFA. Les ménages ne mangeaient plus à leur faim. On a assisté à des décès en cascade par manque de soin. C'était pénible tout ça !
N.V. : Quelles actions menez-vous pour réconcilier les populations ?
J.K.K. : Nous avons travaillé discrètement avec le sous-préfet pour sensibiliser les populations à la paix et à la réconciliation. Tout le monde doit être associé à la recherche de la paix. Nous avons mobilisé des cars, et les jeunes de toutes les sensibilités sont allés à Bouaké à l'occasion de la flamme de la paix. Témoins oculaires, ils disent aujourd'hui que la guerre est terminée.
N.V. : Quelles sont les attentes de la population en cette fin de crise ?
J.K.K. : Quand il était dans l'opposition, le Président avait promis de venir à Hiré en tant que chef d'Etat. La crise a retardé certainement le voyage. Aujourd'hui, c'est au quotidien que les populations souhaitent une visite d'Etat du président dans la région. Certainement si son calendrier le permet le président viendra voir ses parents. Hiré, mais tout Divo attend le chef de l'Etat. C'est leur fils. Les Dida et Godié ont soif de voir le président.
Interview réalisée par Delon's Zadé