Port-Bouët / Accusé d'héberger des rebelles : Un ressortissant burkinabé brûlé vif
Dabonné Issa, 35 ans, de nationalité burkinabé a connu une fin effroyable dans la nuit de vendredi 04 au samedi 05 mars 2011 au quartier Jean Foly dans la commune de Port-Bouët. Au terme d'une bastonnade, l'infortuné a été brûlé vif. Ses parents que nous avons rencontrés le samedi 05 mars, imputent la responsabilité de ce drame aux jeunes patriotes membres des comités d'autodéfense dudit quartier. L'accusant d'héberger chez lui des rebelles, les jeunes patriotes du quartier sont venus le chercher vendredi soir. Il n'a même pas eu l'opportunité de se défendre contre cette accusation. Il a été battu à sang par ses ravisseurs avant d'être aspergé d'essence puis brûlé vif, rapporte notre source. Infirme de son état, Dabonné Issa était un cordonnier bien connu à Jean Foly. Homme sans histoires, ses malheurs sont venus du fait qu'il ait recueilli chez lui des parents ayant fuit les zones d'affrontements notamment Abobo et Koumassi. Ce sont des riverains qui sont allés le calomnier auprès des jeunes patriotes qui, sur la base d'une simple dénonciation malveillante sont passés à l'action, ajoute notre source. La journée du vendredi dernier et dans le même quartier, un autre burkinabé répondant au nom de Traoré Daouda, qui a eu plus de chance a échappé à la mort dans des circonstances similaires. Ce compatriote de feu Dabonné, qui exerce l'activité de livreur de pain dans le quartier, a été passé à tabac pendant près d'une heure par des jeunes patriotes qui lui reprochaient de nourrir des rebelles. Avant d'être conduit au GATL où il a passé la nuit. Ce qui heureusement, lui a valu d'avoir la vie sauve. Mais peu après sa libération, il a été à nouveau enlevé, selon des riverains, cette fois par des jeunes étudiants se réclamant de la Fesci qui l'auraient séquestré à la Cité Universitaire de Port-Bouët 1. Et, il aura fallu la mobilisation de ses parents pour que ce dernier recouvre la liberté le samedi soir. Notons que le meurtre de Dabonné Issa porte à une dizaine le nombre de Burkinabé tués par balles ou tout simplement brûlés vif dans le seul district d'Abidjan.
M.G
M.G