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Le Patriote
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Le discours qui trahit

Si le président Gbagbo ne gagne pas au premier tour, on n'aura pas de paix. Ces propos sont de Mamadou Koulibaly. Il les a tenus au cours de sa tournée à Jacqueville. Pour lui, la condition sine qua non à une paix durable en Côte d'Ivoire, c'est une victoire au premier tour de son mentor Laurent Gbagbo. Même, si selon les apparences cette déclaration parait anodine, il n'en demeure pas moins qu'elle s'inscrit dans une stratégie de communication rondement pensée par les éminences grises du Front populaire ivoirien. Il s'agit pour le parti au pouvoir, de préparer l'opinion nationale à accepter le passage en force qu'il entend orchestrer à l'issue du scrutin présidentiel du 30 novembre 2008. Laurent Gbagbo et ses camarades savent bien qu'ils sont ultra minoritaires dans ce pays. Les élections à venir qui seront ouvertes à tous, n'augurent absolument rien de bon pour leur avenir politique. Le camp présidentiel mise donc sur un hold up électoral pour sa survie. Aller au vote et crier victoire au premier tour sans attendre les résultats définitifs de la Commission électorale indépendante. La stratégie est de créer donc une crise post-électorale à la kenyane ou à la zimbabwéenne pour négocier par la suite son maintien en tant que président de la République à la tête du pays. C'est pourquoi, à chacune de ses sorties, le chef de l'Etat, comme pour préparer les esprits, ne manque pas d'évoquer l'exemple de ces deux pays. Le 30 novembre, nous irons aux élections. Nous nous sommes fixés cette date. Il faut prier tous les jours pour cela. Il faut prier comme nous l'avons fait tout à l'heure, pour que le démon de la division s'éloigne de notre pays. Quand Dieu montre le mal, c'est pour qu'il n'arrive pas. S'il nous montre le Kenya, le Zimbabwe, c'est pour ne pas que ni le Kenya ni le Zimbabwe n'arrive ici. Sinon, il ne nous l'aurait pas montré., laisse-t-il entendre lors de la journée de prière pour le retour à la paix, organisée par le Haut conseil protestant et évangélique le lundi de la Pentecôte. Son épouse Simon Gbagbo, au cours de ses différentes tournées, ne se gêne également pas pour faire allusion aux drames qui se déroulent en ce moment en Afrique orientale et australe. Ces discours ont quelque chose en commun qu'ils trahissent la véritable pensée de leurs auteurs. A savoir, créer un certain complexe dans les rangs de l'opposition et faire passer ses leaders pour des mauvais perdants au cas échéant. Sinon comment comprendre qu'avant même le vote, le candidat du FPI et ses proches appellent leurs adversaires à respecter le verdict des urnes. Comme s'il n'y a pas d'alternative à la Refondation. A vrai dire, le camp présidentiel est en train d'asseoir insidieusement la stratégie du On gagne ou on gagne. Et cela dès le premier tour. C'est en cela que les discours du président Laurent Gbagbo, de son épouse et de Mamadou Koulibaly sont dangereux pour l'avenir du pays. L'opposition n'entend pas contester pour contester. Au contraire. Elle ne demande qu'une seule chose. Des élections transparentes, justes et honnêtes à l'issue desquelles, le vaincu pourra appeler le vainqueur pour le féliciter. Le reste n'est que procès d'intention doublé de calculs politiciens. Et personne n'est dupe.

Jean-Claude Coulibaly

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.