Musique : Joëlle C., séparation douloureuse
Joëlle C a rejoint sa dernière demeure, samedi dernier, en présence de nombreuses personnalités, artistes, fans et parents. Samedi 19 avril, il est 15 heures. L'atmosphère est lourde. L'heure de l'ultime séparation a sonné. La foule inconsolable se dirige vers le cimetière du village. Le site est déjà noir de monde. Parents, personnalités, artistes et autres fans de Joëlle C de blanc vêtu ou de tee-shirt à l'effigie de l'artiste marchent dans le recueillement. Arrivés au cimetière, les proches de la défunte sortent le cercueil du véhicule, les visages sont plus que tristes. Malgré la douleur, tous, sont restés dignes pour l'ultime adieu à l'artiste, leur idole, qui repose à jamais à Grand Akoudzin. Mais bien avant ces adieux définitifs, comme si l'artiste voulait faire entendre sa voix pour la dernière fois, la sono, dès 9 heures, distillait les morceaux de son dernier album kita. Des mélomanes ont dansé et pleuré. Quand d'autres faisaient le piquet d'honneur dans la villa où se trouvait le corps. Les parents recommandent à ceux des leurs, qui sont assis, de céder la place aux étrangers, venus pour les obsèques. C'est dans cette ambiance que des ministres font leur entrée. Il s'agit de Hubert Oulaye, Monnet Léon, Augustin Komoé, respectivement ministre de la Fonction publique, représentant le Président de la République qui a offert la somme de deux millions, le ministre des Mines et de l'Energie et celui de la Culture et de la francophonie. Le ministre Patrick Achi et Ohouochi Clotilde, conseillé spécial du Chef de l'Etat, chargée de la solidarité, fils et fille de la région sont venus également pleurer leur jeune s?ur, décédée dans la fleur de l'âge. Les danseuses d'adjanou, vêtues de tenues blanches et le corps badigeonné de kaolin ont exécuté la danse Akendié tout autour du cercueil de Joëlle C. pour conjurer le mauvais sort. C'est d'ailleurs ces dernières qui, à la demande de la famille du défunt, ont accueilli la dépouille mortelle. Vendredi, alors que l'on s'attendait à une veillée digne de l'artiste comme il est de coutume (pour rappel, il y a eu trois veillées à Abidjan, organisées respectivement par l'Unartci, le pasteur Gnaly et la famille éplorée), ce fut plutôt le calme plat. Les gens, las d'attendre, ont déserté les bâches pour prendre d'assaut les maquis. D'autres somnolaient. C'est dans cette ambiance que l'orchestre Audiorama a offert un petit show à la mémoire de la défunte. Sono défaillante, le spectacle était indigne de Joëlle C. Il n'y a pas eu de veillée funéraire pour celle qui, ces dernières années, s'est donnée corps et âme au Seigneur et à la musique. öelle repose en paix laissant ainsi son fils Arnaud seul. La page est donc tournée pour cet artiste, qui gît désormais dans nos mémoires. Et vivra à travers sa musique.
Marie Chantal Obindé
Marie Chantal Obindé