Rapports RDR - Forces nouvelles - Le parricide n'est pas possible
Il faut assurément être habité par une forte dose d'indifférence pour ne pas se rendre compte de la guéguerre que les dirigeants des Forces Nouvelles livrent, depuis un moment, à leurs alliés du RHDP. Si au début de la crise, il ne s'agissait que de petites allusions, on a franchi le rubicond après les dernières sorties du ministre Sidiki Konaté. Sans prendre de gants, le porte- parole de l'ex-rébellion a chargé les Présidents Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Depuis peu, le patron des Républicains subit les foudres de missi dominici de l'autre pendant du dialogue direct . Il est vraiment bien loin, le temps où l'on voyait le Premier Ministre en conciliabule avec Ouattara, tout le long des négociations sur le conflit ivoirien. Avant chaque prise de décision, le leader des Forces Nouvelles consultait ses aînés. Si les observateurs de la scène politique ivoirienne s'expliquaient mal ces attaques qui en rajoutaient au bonheur de Laurent Gbagbo, on peut maintenant comprendre à travers les sorties, par trop confuses, que certains collaborateurs du Premier Ministre le poussent dans le dos, à s'engager dans un combat perdu d'avance de leadership avec Alassane Ouattara. Si le Premier Ministre continue, selon nos sources, a avoir un profond et grand respect pour l'unique Premier Ministre de Félix Houphouët Boigny, tel semble ne pas être le cas pour certains de ses missi dominici, qui le poussent, à l'instar de ceux qui ont amené le Général Robert Guei, à confondre la foule et le peuple , à se positionner comme l'alternative à Ado, du vivant de ce dernier et pendant qu'il constitue encore pour ces millions d'Ivoiriens, un mythe, une icône et l'alternative crédible pour le changement. Pour continuer à demeurer des hommes et femmes qui comptent, ils veulent s'engager dans une voie sans issue. Les tenants de l'ex- rébellion le savent très bien, qui ont dû reprendre à leur compte les thèses défendues par le parti républicain et son leader, pour espérer gagner l'estime des pans entiers de populations victimes de l'arbitraire, de l'injustice, des délits de faciès et de patronyme. C'est pourquoi, la lutte des Forces Nouvelles a prospéré, d'un succès bien circonstanciel, qui ne repose pas sur les valeurs intrinsèques de ce mouvement. Se laisser griser de la sorte peut réserver des surprises désagréables. On ne remplace pas Ouattara ainsi. Ses aura et charisme, constituent des atouts majeurs. Deux plus de décennies, Alassane Ouattara a tissé une renommée sans commune mesure au c?ur de son peuple. D'abord par la culture de la rigueur, de la bonne gouvernance, de la transparence dans la gestion de la chose publique, qu'il a inculqué à ses concitoyens, qui étaient pratiquement convaincus que la gabegie, le détournement de l'argent du contribuable étaient des fatalités pour notre pays. C'est à juste titre cette haute reconnaissance de sa mission qu'il lui a valu d'occuper le poste de DGA du Fonds Monétaire International. Par ailleurs, Alassane Ouattara est pour la grande majorité des Ivoiriens, le symbole du renoncement, de la lutte, de la dignité, qui a porté, face à des régimes liberticides et répressifs, le flambeau du refus de l'aliénation. Sur sa seule personne, il a catalysé toutes les aspirations de ses compatriotes, pour une société de démocratie, de liberté et de justice sociale. Il n'a jamais cessé d'être un acteur incontournable de la crise.Vouloir le contourner, pour les besoins de petits calculs, est impensable. Tenter de refermer le cycle Ouattara relève de la vacuité. Ceux qui ont à l'esprit d'inaugurer une ère sans Ouattara doivent se raviser et sortir de leurs rêves. Le Président du RDR a le grand bénéficie d'être en phase avec ses compatriotes. Bien plus de former un socle solide avec ses militants. Ceux ?ci sont en phase avec lui et c'est leur détermination à toute épreuve qui a permis à l'ancien Gouverneur de la BCEAO de venir à bout de toutes les adversités. Pour sûr, le Premier Ministre Guillaume Soro est un homme de grande intelligence qui saura se mettre au dessus des désirs fous de certains membres de son entourage, qui veulent le détourner de ses nobles ambitions de retour de la paix en Côte d'Ivoire, pour les aventures d'une fausse querelle de leadership inopiné. Ce n'est un secret pour personne que le Premier Ministre a toujours considéré Ouattara comme un père. Les deux hommes ont entretenu jusque là des relations très cordiales. Après son divorce avec Laurent Gbagbo, pour dévoiement des idées de la Gauche, Soro Guillaume a bénéficié du soutien du Président Ouattara, qui n'a pas hésité à lui apporter son aide dans la constitution des mouvements crées par l'actuel Premier Ministre, à son départ de la Fesci. Alassane Ouattara n'a jamais manqué de couver celui- là qui fait partie de ses filleuls. Conscient de sa valeur montante, Ado avait accepté Guillaume Soro comme le colistier de Mme Henriette Diabaté aux législatives de 2001 à Port Bouet, avant que le Rdr ne se désiste après l'invalidation de la candidature de Ouattara par Tia Koné. Les cris d'orfraie des sirènes ne peuvent nullement avoir le dessus sur le devoir de reconnaissance d'un fils vis-à-vis de son père. Soro en est conscient, qui refuse de hurler avec les loups de la division. Au surplus, le Premier Ministre sait plus que quiconque que son engagement à réconcilier les Ivoiriens et à conduire le pays à des élections démocratiques constitue tout un programme. Il doit véritablement se mettre au dessus de la mêlée de courtisans et comprendre que le destin est personnel et le jugement de l'Histoire, individuel. Le parricide n'est pas possible.
Bakary Nimaga
Bakary Nimaga