Séguéla, une rébellion dans une rébellion
Je ne vous promets rien. Il vient à peine d'arriver. Vous savez qu'avec le processus de paix, il est constamment sur la ligne de front pour sensibiliser les jeunes gens. C'est lui seul qui sait comment leur parler. Parce que c'est lui qui les a mis là. Même si Bakayoko (ndlr, CEMA FAFN) ou Soro (ndlr, Secrétaire général des Forces nouvelles) viennent leur parler, ils (les jeunes gens) ne les écouteront ". Ce "terrible" aveu, à la poignée de journalistes qui voulaient rencontrer l'homme fort de la capitale du Worodougou, en marge de la cérémonie de remise de don aux populations , est du bras droit de Koné Zakaria, mythique chef de guerre de Séguéla, Zone 3 de l'ex-rébellion. Une profession de foi qui est symptomatique du fonctionnement en électron libre de El Hadj Koné Zakaria- il rentre fraîchement d'un pèlerinage à la Mecque- dans sa zone. Cela montre à quel point Séguéla fonctionne comme une rébellion dans une rébellion. Les autorités de l'ex-rébellion, au plus sommet, n'ont aucune prise sur la zone dirigée, d'une main de fer, par Koné Zakaria. Une bonne nouvelle cependant. Notre interlocuteur nous apprend que celui qui a la manie de disparaître (simple épopée ou réelle manifestation du mystère de l'Afrique ?) est constamment sur la ligne de front pour sensibiliser ses éléments à déposer les armes et à s'inscrire dans le processus de désarmement. Vrai ou faux ? Ce qui est certain, c'est que Séguéla n'a montré aucun signe contraire à la dynamique de la paix. Même s'il est vrai que le pillage des matières premières continue de plus belle. La population, pour ce qu'il est donné de voir et d'entendre, a adhéré à l'Accord politique de Ouaga. En témoigne la déclaration de Mme Soumahoro, présidente de l'ONG Djiguiya. "Pour la poursuite harmonieuse de nos activités, implore-t-elle, nous prions pour le retour effectif de la paix en Côte d'Ivoire car sans la paix, il n'y a pas de développement. Avec la crise qui perdure, les femmes de Séguéla sont confrontées à de nombreuses difficultés". Ce cri de c?ur sera-t-il entendu par Koné Zakaria, en rejoignant le camp de l'unicité des caisses de l'Etat ? Ou bien va-t-il fermer les yeux sur la détresse de la population qui use de gymnastique pour avoir accès à l'eau potable ? Nous osons croire que le bon sens l'emportera. Quand on vient de la Mecque, on y est condamné.
Firmin K. Tché Bi Tché
Envoyé spécial à Séguéla
Firmin K. Tché Bi Tché
Envoyé spécial à Séguéla