Hausse du prix du carburant - Le PDCI et le RDR font des amalgames
Ce n`est un secret pour personne, le pétrole cumule aujourd`hui à 145 dollars le baril. Soit environ 97 000 FCFA. Les répercussions sur les économies en développement ont été inévitables. Les autorités ivoiriennes, qui ont longtemps accepté de supporter, par l`entremise de la SIR, la flambée du prix du pétrole, ont dû se résigner. Pour ne pas que ce fleuron des entreprises ivoiriennes périclite. La hausse du prix du carburant à la pompe a donc été effective le lundi dernier. La pilule, à dire vrai, est amère pour les Ivoiriens. Avec la hausse des prix des produits de premières nécessités qui continue d`affecter les foyers, cette autre augmentation ne manquera pas d`avoir des conséquences drastiques sur le panier de la ménagère. Un maillon de la chaîne a déjà donné le ton. Depuis hier, le coût du transport a augmenté. Et quand on sait le cordon ombilical qui lie le transport aux autres secteurs d`activités, il y a lieu de craindre la flambée des prix de denrées alimentaires. Avec la paupérisation grandissante, liée à la crise militaro-politique, le quotidien des Ivoiriens devrait préoccuper plus d`un. C`est pourquoi, les déclarations des uns et des autres pour déplorer cette augmentation devrait accueillir l`assentiment de tous. Mais là où le bât blesse, c`est l`amalgame honteux que l`opposition, notamment le RDR et le PDCI, veulent faire du calvaire ivoirien. On affuble le chef de l`Etat de tous les maux d`Israël. La presse aux bottes n`est pas en reste. " Gbagbo sans pitié pour le peuple ". Ce titre a récemment barré la " une " d`un confrère. Comme si le chef de l`Etat était forcément responsable de cette hausse. Les observateurs crédibles de la scène internationale sont unanimes à dire que la crise de pétrole et de nourriture qui secoue le monde entier se déroule par un jeu de forces sur lesquelles les gouvernants n`ont aucune prise. Présenter aujourd`hui, Laurent Gbagbo comme responsable de cette hausse qui, du reste, est à déplorer, c`est faire preuve de cécité intellectuelle. Si ce n`est la manifestation d`une mauvaise foi politique. Là encore, c`est avoir une mémoire courte. La Côte d`Ivoire ne connaissait pas une crise quand Alassane a décidé d`instaurer les salaires à deux vitesses dans l`enseignement. Bédié n`a pas empêché la dévaluation du Franc CFA en 1994. Les circonstances du moment l`exigeaient. A cette période, il y a eu une hausse des produits sans qu`on ne rende le Sphinx de Daoukro, responsable. L`Etat engrangeait des plus-values, quand les Ivoiriens, eux, buvaient le calice jusqu`à la lie. Au lieu d`utiliser cette manne pour réparer l`injustice sociale créée par Ouattara, Bédié s`est engouffré dans des dépenses somptuaires à forte odeur royale : construction des palais de Koukourandoumi (Aboisso) et Prepressou (Daoukro). Au moment où les Ivoiriens avaient du mal à payer un sac de ciment, il était vendu à moitié prix à Douakro, chez Bédié. C`est en ce moment, et en ce moment seulement, qu`il a été sous le feu des critiques nourries. Il est moralement inacceptable que des partis politiques puissent bénéficier de l`argent du contribuable et se laisser guider par les intérêts égoïstes en abrutissant ces contribuables. L`opposition ivoirienne gagnerait à aseptiser sa conduite.
Firmin K. Tché Bi Tché
Zanbi05641405@yahoo.fr
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