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Soro aux FAFN : "On risque de se discréditer"

Le Premier ministre a saisi la célébration du souvenir de l'attentat contre son avion pour rappeler les Forces nouvelles à l'ordre, à Bouake. Le Premier ministre et Secrétaire général des Forces nouvelles (Fn), Guillaume Kigbafori Soro, a crié, hier à Bouaké, son indignation, sa déception et sa colère aux éléments des Fn, fauteurs de troubles (dixit) dans cette ville et à Séguéla. Si l'on veut manifester, on manifeste dans l'ordre, s'est-il énervé. M. Soro s'exprimait ainsi sur le tarmac de l'aéroport de Bouaké, à la cérémonie de prières ?cuméniques. A l'occasion de la commémoration de l'attentat dont il a été victime sur cet aéroport le 29 juin 2007. Ce mouvement (l'attaque contre la Côte d'Ivoire en septembre 2002. Ndlr), a-t-il expliqué, nous l'avons engagé, pas pour un enrichissement personnel, pas pour un avantage particulier. Au départ, nous nous sommes considérés comme des idéalistes, des hommes quelque peu anticonformistes, mais idéalistes qui veulent une société juste pour leurs concitoyens, qui veulent un Etat soucieux, respectueux des droits des citoyens, qui veulent un Etat qui respecte la justice, l'égalité () Mais nous n'avons pas fait ce mouvement pour que notre pays soit en retard, ni pour le casser. Le chef des Fn a regretté les dérives auxquelles leur mouvement a abouti. Aussi, faisant allusion aux manifestations qui ont fait un mort le 28 juin à Séguéla, il a dit ne pas comprendre que des éléments des Fn continuent encore de traumatiser les populations dans leurs zones. Je suis désolé. Parce qu'une décision militaire (le relèvement d'un chef militaire de son poste. Ndlr) qui est mal ressentie ne doit pas donner lieu ou occasion à perturber la quiétude des populations. Ça, on s'y prend mal et l'on risque de se dis-cré-di-ter en termes de Forces nouvelles. On n'est pas venu pour que les populations, tous les matins, soient apeurées dans leurs maisons. Si c'est ça le combat, vraiment, je ne comprends plus, s'est écrié Guillaume Soro. Et de dénoncer la mauvaise situation sécuritaire dans les zones centre, nord et ouest (CNO) à cause des Fn elles-mêmes. Assumons nos responsabilités, moi en premier, mais assumons chacun nos responsabilités, a insisté l'orateur. Il faut que ce soit clair. La situation sécuritaire dans ces zones n'est pas bonne et mon discours ne peut être crédible si ça doit continuer ainsi, a-t-il averti. Très remonté, le patron des Fn a indiqué qu'il ne soutiendra pas le désordre et l'indiscipline encore moins les troubles dans les zones CNO. Je vais parler avec les responsables des Forces armées des Forces nouvelles pour savoir ce qu'ils veulent, où l'on doit aller où l'on ne doit pas aller () Je ne veux plus entendre nulle part qu'il y a de tels problèmes. Pour autant, le Premier ministre a trouvé légitime que les soldats revendiquent leurs primes. Mais ce qu'il condamne, a-t-il précisé, ce sont les tirs et les pillages dont ils se sont rendus coupables à Bouaké et Séguéla. J'ai demandé au général Bakayoko de prendre des mesures, a par ailleurs annoncé M. Soro. Du reste, M. Soro a expliqué que le retard dans le paiement des primes est dû uniquement à des difficultés de trésorerie de l'Etat. Nous sommes dans une situation financière difficile au niveau de l'Etat () Je suis à un niveau de responsabilité qui fait que je suis témoin de ce qu'il y a des difficultés de trésorerie, a-t-il confié. Puis, il a promis que l'Etat tiendra tous les engagements qu'il a pris devant les militaires dans le cadre de l'Accord politique de Ouagadougou (APO). Mieux, le Premier ministre a rassuré les Ivoiriens que le calme va définitivement revenir entre les Fn et qu'ils poursuivront ensemble la marche sur le chemin de la paix, dans le cadre de l'APO. Pour lui, cela est une condition de la survie des Fn. Eux tous savent très bien qu'on est tous condamnés à être solidaires. C'est solidaires que nous vaincrons. Si l'on est désunis, chacun périra, même s'il va s'embusquer ou se cacher quelque part, a-t-il mis en garde. L'orateur s'est félicité des avancées enregistrées dans la mise en ?uvre de l'Accord. Et rassuré sur les efforts que le gouvernement poursuit pour la satisfaction des questions militaires, sécuritaires et bien d'autres qui attendent d'être réglées pour aller aux élections.
Guillaume Soro a dit qu'il sent toujours l'absence de ses collaborateurs qui ont été victimes de l'attaque du 29 juin 2007. Il a rendu un hommage appuyé à ceux qui étaient avec lui à bord du Fokker 100 et qui ont survécu à l'attentat. Le Forum des confessions religieuses de la Vallée du Bandama, par la voie de son président, a dit une prière pour le repos de l'âme des défunts du drame et pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire. Une gerbe de fleurs, a été déposée sur le tarmac où l'avion a essuyé les tirs. Les ministres Amani N'Guessan Michel de la Défense et Sidiki Konaté du Tourisme et de l'Artisanat (par ailleurs porte-parole des Fn), la direction des Fn ainsi que les chefs religieux et coutumiers ont assisté aussi bien à la messe à la cathédrale qu'à la cérémonie de l'aéroport. L'absence du général Bakayoko à cette cérémonie s'explique, a dit Sidiki Konaté, par le fait que celui-ci gèrait la situation à Séguéla.

Pascal Soro
envoyé spécial

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