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Affichage : Chorus contre l'anarchie

Hier, au Sofitel, a eu lieu la présentation officielle de la Chambre des afficheurs publicitaires de Côte d'Ivoire (CHAPCI). La cérémonie de présentation officielle du Bureau de la Chambre des afficheurs publicitaires (Chaf-Ci), qui s'est tenue, hier, a surtout permis de recréer la confiance entre opérateurs et utilisateurs. Mais surtout entre ceux-ci et les diverses cibles que sont les médias, le public et les prospects. En tout cas, c'est ce qui ressort des différentes allocutions qui ont conduit à la miser en place du bureau de la Chaf-CI. Espoir de voir un paysage urbain des plus respectueux de l'environnement et de l'esthétique et inquiétudes de voir aussi des entreprises du secteur de l'affichage publicitaire mettre la clé sous le paillasson. Le décret n° 2007-676 du 28 décembre 2007 portant donc réglementation de l'affichage publicitaire en Côte d'Ivoire, introduit par le ministre Ibrahim Sy Savané de la Communication, prend ses racines en 2006 avec sa devancière Martine Coffi-Studer qui avait institué une commission en charge de la réflexion sur la réforme du secteur et du Conseil supérieur de la publicité (CSP), l'instance de régulation. En aval, les professionnels, dans la mouvance de la mutation à venir du cadre juridique et réglementaire de leur secteur d'activité dont ils sont partie prenante, décident le 27 juillet 2007, de se constituer en Chambre consulaire aux fins d'une autorégulation et de la défense de leurs intérêts corporatistes. Quarante ans après le décret n° 67-539 du 7 décembre 1967 portant réglementation générale des panneaux publicitaires et le décret de la même année créant le CSP, révisé par le décret n° 96-630 du 9 août 1996 relatif à sa création, son organisation et son fonctionnement, il était nécessaire d'opérer un toilettage des textes. Surtout que les sociétés commerciales privées, du secteur tertiaire notamment, où la bataille publicitaire est rude, avaient poussé comme des champignons avec la libéralisation à tous crins, amorcée au début des années 1990. Le décret actuel prend en compte la décentralisation territoriale, en attribuant au gouverneur de district ou au maire un pouvoir de police en matière d'affichage publicitaire. Il définit et trace de façon claire et précise le canevas des activités autorisées ainsi que celui des différentes interdictions. Dans cette optique, il pose le principe du libre exercice de l'affichage publicitaire tout en contrôlant cette liberté en vue d'éviter un versant anarchique tel que vécu depuis au moins une décennie. A juste titre, le nouveau cadre réglementaire renforce la responsabilité du CSP en tant qu'autorité publique de régulation. Désormais, il intervient soit d'office, soit sur saisine en vue de constater les irrégularités et manquements et de les faire cesser, en requérant même la force publique. En 85 articles, le nouveau bréviaire réglementaire balise tout le secteur. L'on note ainsi, au titre de la qualité d'afficheur, qu'en plus des exigences de formation en communication, publicité, gestion ou commerce et d'une expérience de 3 à 5 ans, il est procédé à une étude ou un constat d'impact environnemental. En sus, la demande d'implanter doit obligatoirement mentionner les caractéristiques (taille, poids, volume) ainsi que les lieux, et repères topographiques indiquant les distances par rapport aux voiries et aux panneaux déjà existants sur le site et aux monuments classés, s'il y a lieu. Pas moins d'une trentaine d'articles et alinéas sont relatifs aux interdictions et emplacements homologués. Il appartient, en effet, à une commission technique interministérielle en consultation avec les professionnels et le CSP, de déterminer ces lieux. Un arrêté conjoint des ministres en charge de la Communication, de l'Administration du territoire, de la Ville, des Transports, de l'Urbanisme statue sur la composition de cette commission. Face à autant de garanties, et à la lumière du volontarisme de bon aloi affiché par les afficheurs, l'espoir prend finalement le dessus sur les inquiétudes de certains opérateurs qui craignent pour la survie de leurs activités.



Rémi Coulibaly

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