Rapport - La Raddho et la Cosopci tirent la sonnette d'alarme
Le Quotidien, Sénégal - L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, prévue au 30 novembre prochain, suscite d'énormes polémiques. Après l'annonce de son report en 2009, les langues se délient. Dans leur premier rapport sur cette élection, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) et la Coalition de la société civile pour la paix et le développement démocratique en Côte d'Ivoire (Cosopci) évoquent quelques tares qui caractérisent le processus électoral enclenché dans ce pays.
L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, prévue le 30 novembre 2008, semble être reportée jusqu'en 2009. Dans leur premier rapport sur les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, daté du mois d'août 2008, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) et la Coalition de la société civile pour la paix et le développement démocratique en Côte d'Ivoire (Cosopci) font état de quelques irrégularités qui caractérisent le processus électoral en Côte d'Ivoire. Selon ce rapport, le processus électoral accuse un retard important en dépit des efforts louables de la Commission électorale indépendante (Cei). Ni l'inscription sur la liste électorale, ni la publication de la liste électorale définitive, ni l'établissement et la distribution des cartes électorales n'étaient pas effectives jusqu'au 15 septembre. Compte tenu des difficultés liées au respect de l'échéance présidentielle, de la complexité de la situation en Côte d'Ivoire, le comité estime que pour éviter toute controverse, il revient d'abord aux organes techniques de s'exprimer pour fixer le report de la date de l'élection présidentielle, lit-on dans le rapport.
De plus, à en croire la Raddho et la Cosopci, le processus électoral en Côte d'Ivoire est menacé par l'insécurité chronique qui sévit dans le pays. Il y a, citent-elles, le non-respect du désarmement par les ex-rebelles, les soulèvements et les contradictions internes qui secouent les Forces nouvelles (Fn), les faiblesses logistiques et financières du Centre de commandement intégré (Cci) qui peine à garantir la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, entre autres.
Dans leur rapport, la Raddho et la Cosopci reviennent aussi sur la brouille entre les autorités nationales ivoiriennes et le représentant des Nations Unies en Côte d'Ivoire. Du côté des Nations-Unies, on a à peine dissimulé la frustration liée à une mise à l'écart de l'organisation internationale pour des raisons souverainistes assez mal comprises. Ce qui les confine à un rôle d'observateur du processus électoral et également au service minimum, révèlent-elles. Donc, la seule solution, selon l'Ong dirigée par Alioune Tine et Cie, c'est d'organiser une concertation dans les meilleurs délais entre les autorités nationales ivoiriennes, le représentant du secrétaire général des Nations-Unies et le facilitateur. Cela, pour lever les malentendus afin que l'Onuci puisse jouer sans ambiguïté et sans réserves son rôle d'appui pour la tenue des élections justes, transparentes, démocratiques et apaisées.
Pour que l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire se fasse sans couacs, la Raddho et la Cosopci ont émis dans leur rapport quelques recommandations à l'encontre des différents acteurs du processus électoral. Au président de la République et au Premier ministre, elles demandent de rétablir l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du territoire national, d'assurer l'équilibre, l'équité et l'impartialité des médias d'Etat, de rassurer les inquiétudes de la communauté africaine et internationale sur la crédibilité du processus électoral, d'impliquer de façon active et dynamique les Nations-Unies, l'Union africaine et la Cedeao aux activités liées au processus électoral pour faciliter l'effectivité et l'efficacité de leur mission en terre ivoirienne.
S'adressant aux partis politiques, les auteurs du rapport leur demandent de respecter scrupuleusement les clauses du code de bonne conduite qu'ils ont librement signé devant le secrétaire général des Nations-Unies, mais aussi qu'ils fassent confiance à la Commission électorale indépendante (Cei) et renforcent sa crédibilité et son impartialité.
Aux organes de régulation des élections, des recommandations ont été aussi faites pour que la Sagem, qui est l'opérateur technique ayant en charge le processus d'identification et l'Institut national de la statistique (Ins) soient sous l'autorité directe de la Cei et que ces structures coordonnent leurs activités en vue de l'élaboration d'une liste électorale unique, consensuelle et inclusive.
Par Mamadou DIALLO
madiallo@lequotidien.sn
L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, prévue le 30 novembre 2008, semble être reportée jusqu'en 2009. Dans leur premier rapport sur les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, daté du mois d'août 2008, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) et la Coalition de la société civile pour la paix et le développement démocratique en Côte d'Ivoire (Cosopci) font état de quelques irrégularités qui caractérisent le processus électoral en Côte d'Ivoire. Selon ce rapport, le processus électoral accuse un retard important en dépit des efforts louables de la Commission électorale indépendante (Cei). Ni l'inscription sur la liste électorale, ni la publication de la liste électorale définitive, ni l'établissement et la distribution des cartes électorales n'étaient pas effectives jusqu'au 15 septembre. Compte tenu des difficultés liées au respect de l'échéance présidentielle, de la complexité de la situation en Côte d'Ivoire, le comité estime que pour éviter toute controverse, il revient d'abord aux organes techniques de s'exprimer pour fixer le report de la date de l'élection présidentielle, lit-on dans le rapport.
De plus, à en croire la Raddho et la Cosopci, le processus électoral en Côte d'Ivoire est menacé par l'insécurité chronique qui sévit dans le pays. Il y a, citent-elles, le non-respect du désarmement par les ex-rebelles, les soulèvements et les contradictions internes qui secouent les Forces nouvelles (Fn), les faiblesses logistiques et financières du Centre de commandement intégré (Cci) qui peine à garantir la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, entre autres.
Dans leur rapport, la Raddho et la Cosopci reviennent aussi sur la brouille entre les autorités nationales ivoiriennes et le représentant des Nations Unies en Côte d'Ivoire. Du côté des Nations-Unies, on a à peine dissimulé la frustration liée à une mise à l'écart de l'organisation internationale pour des raisons souverainistes assez mal comprises. Ce qui les confine à un rôle d'observateur du processus électoral et également au service minimum, révèlent-elles. Donc, la seule solution, selon l'Ong dirigée par Alioune Tine et Cie, c'est d'organiser une concertation dans les meilleurs délais entre les autorités nationales ivoiriennes, le représentant du secrétaire général des Nations-Unies et le facilitateur. Cela, pour lever les malentendus afin que l'Onuci puisse jouer sans ambiguïté et sans réserves son rôle d'appui pour la tenue des élections justes, transparentes, démocratiques et apaisées.
Pour que l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire se fasse sans couacs, la Raddho et la Cosopci ont émis dans leur rapport quelques recommandations à l'encontre des différents acteurs du processus électoral. Au président de la République et au Premier ministre, elles demandent de rétablir l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du territoire national, d'assurer l'équilibre, l'équité et l'impartialité des médias d'Etat, de rassurer les inquiétudes de la communauté africaine et internationale sur la crédibilité du processus électoral, d'impliquer de façon active et dynamique les Nations-Unies, l'Union africaine et la Cedeao aux activités liées au processus électoral pour faciliter l'effectivité et l'efficacité de leur mission en terre ivoirienne.
S'adressant aux partis politiques, les auteurs du rapport leur demandent de respecter scrupuleusement les clauses du code de bonne conduite qu'ils ont librement signé devant le secrétaire général des Nations-Unies, mais aussi qu'ils fassent confiance à la Commission électorale indépendante (Cei) et renforcent sa crédibilité et son impartialité.
Aux organes de régulation des élections, des recommandations ont été aussi faites pour que la Sagem, qui est l'opérateur technique ayant en charge le processus d'identification et l'Institut national de la statistique (Ins) soient sous l'autorité directe de la Cei et que ces structures coordonnent leurs activités en vue de l'élaboration d'une liste électorale unique, consensuelle et inclusive.
Par Mamadou DIALLO
madiallo@lequotidien.sn