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Le Patriote
· 4 min de lecture

Un régime aux mains souillées de sang

Champion ! Le régime du Front populaire ivoirien (FPI) a battu le record des crimes de sang. Depuis son avènement à la tête de la République de Côte d'Ivoire en octobre 2000, dans des conditions calamiteuses , le pouvoir du président Laurent Gbagbo a à son actif, plusieurs milliers de morts. Des êtres humains, froidement assassinés. Certains à cause de leur appartenance politique, ethnique ou même religieuse. Et d'autres, tout simplement victimes de laxisme administratif et de l'impunité encouragée par le pouvoir. En effet, la série de crimes suscités et encouragés par le régime FPI prend son envol au lendemain du scrutin de 2000, précisément le 27 octobre, avec la découverte dans la commune de Yopougon d'un charnier de 57 corps, tous criblés de balles. Les victimes de cette tragédie sont à majorité des militants du Rassemblement des républicains (RDR), parti du docteur Alassane Dramane Ouattara. Des gendarmes de l'Escadron d'Abobo, proches du FPI et soupçonnés d'en être les auteurs, ne sont guère inquiétés. Ils seront même réhabilités plus tard par le pouvoir. Vient ensuite la période des élections législatives en décembre 2000. Suite au rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, les militants et sympathisants du RDR décident de descendre dans les rues pour protester. Une répression sanglante de la part des Forces de l'ordre, ordonnée par le chef de l'Etat Laurent Gbagbo lui-même, s'en suit. L'on dénombre une cinquantaine de morts dans les rangs de l'opposition. Plusieurs religieux, notamment musulmans, accusés d'être de mèche avec l'opposition, sont par la même occasion victimes d'exactions et d'actes de torture de la part des forces de police. Après cette période, s'en suit celle des fameux complots. D'abord, le complot dit de la Mercedes noir , dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001. Ensuite celui baptisé complot de la Cabine téléphonique , dans la nuit du 31 janvier de la même année. Enfin le complot du Badjan , qui s'est essentiellement déroulé devant la RTI à Cocody. Et chacun de ces complots a eu son lot d'assassinats et de règlements de compte. Mais le comble de cette barbarie se révélera à partir de septembre 2002. La guerre, fallacieux prétexte pour
une épuration
A l'éclatement de la rébellion le 19 septembre 2002, des ?'Escadrons de la mort'', composés de militaires, policiers et miliciens, font leur apparition dans la zone gouvernementale. Ces Escadrons procèdent à des éliminations physiques des personnalités et des militants de l'opposition. Le général Robert Guéi, le médecin Benoît Dakoury-Tabley (frère de Louis André Dakoury-Tabley, déclaré numéro 2 de la rébellion) et le comédien Camara ?'H'' Yêrêfê, sont entre autres des victimes de ces tueurs à gage. A Yamoussoukro, l'Adjudant Zan Bi alias ?'Scorpion'' se rend tristement célèbre. Il est cité dans plusieurs cas d'assassinats de voyageurs, en provenance de la zone nord, occupée par la rébellion. A cette époque, un charnier de corps, des burkinabé à majorité, est découvert à Monoko-Zohi. La valse de ces violences pro - FPI atteint son paroxysme le 25 mars 2004, lors de la manifestation organisée par l'opposition ivoirienne pour soutenir l'accords de paix, signé le 24 janvier 2003 à Linas Marcoussis (France). Les Forces de défense et de sécurité, guidées par leurs hiérarchies proches du parti au pouvoir, mettent en marche une véritable machine à tuer. La répression fait officiellement 120 morts selon un rapport d'enquête de l'ONU et plus de 300 morts selon l'opposition ivoirienne. Pour ces différents actes criminels, plusieurs cadres civils et militaires FPI ont été nommément cités. L'épouse du chef de l'Etat, Simone Gbagbo, Kadet Bertin, ex-ministre de la Défense, Lida Kouassi Moïse, également ex-ministre, Affi N'Guessan, actuel président du FPI, le Capitaine Séka Séka Anselme, aide de camp de la première Dame, les colonels Dogbo Blé Bruno et Ahouman Brouha Nathanaël seraient les véritables commanditaires de ces infractions. Et en novembre 2004, contre toute attente, l'armée ivoirienne, sous ordre express du chef de l'Etat, décide de lancer une offensive aérienne sur les positions rebelles à Bouaké, Vavoua et Man. Plusieurs morts, essentiellement des civils, sont enregistrés à l'issue de cette expédition des avions ?'Sukkoi''. A ces crimes de masse, s'ajoute le déversement en août 2006 à Abidjan, des déchets toxiques du Probo Koala, qui a fait officiellement, plus d'une dizaine de morts. Aussi, il y a les nombreuses exactions extrajudiciaires causées quotidiennement par des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS-Ci). En rappel, entre autres, l'odieux assassinat du journaliste Jean Hélène de Radio France Internationale, par un policier en plein Plateau. Et la dernière des barbaries policières en date, est celle du 27 octobre dernier qui a vu le jeune Soma Tiéla être froidement abattu à Adjamé par des agents du CeCOS (Centre de commandement des opérations de sécurité).
Au regard de tous ces crimes, il ne serait pas exagéré d'affirmer que la palme d'or du sang versé en Côte d'Ivoire revient inéluctablement à Laurent Gbagbo et à ses sbires. Aucun autre régime avant lui n'a produit autant de morts et donc de familles endeuillées.
Diawara Samou

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.