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Notre Voie
· 7 min de lecture

Contribution - Un citoyen écrit à Tiburce Koffi

Ancien conseiller du président de la République de Côte d 'Ivoire, l'écrivain et critique littéraire Tiburce Koffi a choisi d'entrer, depuis quelque temps, en campagne d'injures gratuites contre le chef de l'Etat et tous ceux qui, comme lui, travaillent pour la dignité du peuple ivoirien. M. Brou Yao Raymond, citoyen libre qui suit les fantasmes médiatiques de Tiburce Koffi, a décidé de faire l 'adresse qui suit à l'écrivain trop bavard par notre canal.

Monsieur Tiburce Koffi, permettez, avant tout, que je me présente par souci de responsabilité : je nomme Brou Yao Raymond. Je suis Professeur de génie civil bâtiment et spécialiste en énergie solaire. Je ne suis ni parent de Madame Gbagbo, membre du FPI, ni même sympathisant de cette formation politique. Cette précision me met à l'aise dans cette correspondance. Si vous doutez de ma franchise, vous pouvez vous renseigner au CFP d'Abengourou où j'ai eu à être président du comité PDCI en 1994. Mais, malgré mon jeune âge, j'ai dû prendre ma retraite, deux années après, du domaine politique, parce que déçu de l'approche que l'on fait de cette noble science avilie surtout par les Africains qui dénaturent tout ce qui tombe dans leurs mains. Pourtant, je ne regrette pas ce temps passé, parce qu'on apprend toujours dans cette école de la vie, notamment quand la fougue et la curiosité de la jeunesse nous entraînent vers l'inconnu. Il fallait donc voir ce qui enivre tant les femmes et hommes à s'entre-tuer pour la politique. J'ai vu, j'ai appris et je suis parti. Je préfère ma station actuelle qui me donne la liberté de voter celui qui me semble cohérent dans son programme de gouvernement du moment. D'ailleurs, combien d'hommes politiques y a-t-il dans cette jungle de flagornerie, qui ont un programme ?

Honteuses intrusions

Mais pour quelle raison dois-je vous adresser une telle correspondance ? Eh bien, je le fais parce que j'ai honte à votre place de vos intrusions intempestives dans la presse ces derniers temps. Je vous reconnais le droit et la liberté de penser ou écrire ce que bon vous semble. Mais mettez toujours
dans un petit côté de votre tête que votre liberté s'arrête là où commence celle de l'autre. Pour quelqu'un qui se fait passer pour un savant donneur de leçons, vous devez donc savoir ce minimum. Votre pédanterie m'a toujours convaincu que vous n'êtes pas ce que vous voulez qu'on retienne de vous.
Vous manquez terriblement d'assurance. Certaines personnes comme vous considèrent comme marque de culture le fait d'utiliser dans leur langage des mots difficiles à comprendre. Mais dans la réalité, ces gens sont ignorants.
Vous devez donc apprendre que l'expression de la culture est d'utiliser des mots et des phrases simples. Car, simplicité, naturel et aise sont les signes du civilisé; excès et ostentation, ceux du barbare. La véritable grandeur luit de son propre reflet. On ne la proclame pas soi-même, mais elle s'impose à la population qui l'attribue à la personne méritante.
Vous savez, certaines personnes mal élevées peuvent être insolentes. Elles ne s'expriment qu'à travers des grossièretés. Mais, lorsque ce genre de vulgarité provient de quelqu'un qui se dit lui-même appartenir à l'intelligentsia de ce pays, alors je me demande bien qui sont les composantes de cette intelligentsia. Je ne veux vraiment pas faire injure à vos parents qui ont dû souffrir, quand vous étiez enfant, de vos caprices dans leur volonté de vous éduquer parce que, je suis convaincu, ils en ont bavé. Alors, pour l'honneur de ces derniers qui n'ont de joie et de bonheur que lorsque leurs enfants réussissent et se comportent bien dans la société, donnez-leur, maintenant que vous avez grandi, un peu de joie de vivre. Vous savez, la dignité n'a pas de prix ! Seulement je ne pense pas que vous y accordez une grande importance.

Votre instabilité gêne

Après l'accession de Monsieur Laurent Gbagbo au pouvoir, il a voulu tellement bien faire les choses qu'il participait fréquemment à des émissions sur les antennes de la télévision devant un parterre de journalistes pour expliquer sa politique et établir un pont entre le peuple et lui par le biais de la communication. Un jour, à une de ces émissions, faisant partie de ceux qui devaient lui poser les questions, l'une de vos interventions a été à peu près celle-ci: Monsieur le Président, lorsque vous étiez dans l'opposition, vous étiez le parrain incontesté de la FESCI. Vous cautionniez les violences des étudiants qui paralysaient l'école. Vous disiez que l'école était mal gérée et que vous aviez un plan pour la sauver. Mais, depuis votre arrivée au pouvoir, le problème FESCI ne trouve toujours pas de solution; il empire au contraire?. C'est ce jour-là que j'ai vu le Président Gbagbo, grand homme politique devant l'Eternel, balbutier devant la question d'un interlocuteur en la fuyant presque en ces termes : Mon petit Je t'aime bien.. je ne veux pas de polémique aujourd'hui. Je reviendrai sur le problème de l'école plus tard. Nous venons d'arriver au pouvoir et nous avons certainement un plan pour sortir l'école de sa misère...?.
Voici le fond de votre question et sa réponse traduites dans mon charabia. Comme il aime bien plaisanter, le Président s'est contenté de vous tapoter amicalement sur l'épaule en souriant. Quelque temps après, j'apprends que vous êtes nommé conseiller de je ne sais quoi à la Présidence.
Guidé par mon intuition, ma réaction immédiate a été la suivante : Il s'est fait avoir, le pauvre mange-mil. Il va se faire ridiculiser?. Et ce qui devait arriver arriva sans surprise quand un jour, Monsieur Tiburce Koffi, fanfare à la bouche et grelots aux pieds, vous faites une injurieuse interview dans la presse pour traiter les dirigeants du FPI de tous les noms. Pourtant, vous souteniez, en son temps, dans un premier entretien avec un journaliste qui s'étonnait de vous voir au service du Président Gbagbo, que vous êtes Ivoirien et qu'à ce titre, il n'y a pas de mal à travailler avec le premier magistrat du pays si ce dernier sollicite vos compétences. Vous souligniez que vous étiez en tout cas heureux et fier d'être honoré par la première autorité du pays. Alors que s'est-il passé avec cette autorité et son entourage pour qu'ils deviennent subitement votre site de déversement de déchets toxiques? verbaux ?

Les interviews de l'aigreur

Au fait, je vais répondre à votre place. Vous êtes devenu aigri, parce qu'on vous a remercié de la Présidence. Or, vous devez vous en prendre à vous-même pour votre mentalité mercantile. Pour ceux qui savent ce qu'est la dignité, vos interviews n'ont pas de valeur car elles ne sont que des vendettas de la pire forme. Elles auraient eu un sens si et seulement si vous aviez été capable de résister à la tentation de l'argent. Le futé Président Gbagbo vous connaissant savait que vos prises de position, tendant à contredire sa politique, n'étaient que des réactions d'affamé qui veut aussi "manger", comme aiment le dire les Ivoiriens. Il suffisait donc de vous tendre un vil appât pour que vous courriez, vos gros yeux fermés, pour l'avaler. Manquant de scrupule et de discernement, vous pensiez que vos réactions vous réhabiliteraient aux yeux de l'intelligente population ivoirienne. Vous avez déçu les Ivoiriens par ce comportement de pauvre chercheur de raccourcis.
Alors, s'il vous reste un tout petit peu d'honneur et de dignité, cachez-vous dans vos petits souliers et taisez-vous car, la vraie grandeur consiste à être maître de soi-même.

Soyez digne, au nom de vos origines

Vous insultiez les membres du FPI, vous insultiez Monsieur Bernard Dadié et, aujourd'hui, Madame Simone Gbagbo pour avoir écrit un ouvrage qui semble ne pas vous plaire. Pensez-vous vraiment que vos piteux ouvrages sont des best-sellers ? Prenez-les et relisez-les vous-même et vous vous
apercevriez qu'ils sont aussi nuls et vilains pour certaines personnes. Ce genre d'êtres que vous incarnez ressemble aux délinquants et mal élevés. Ne voyez-vous pas que vous devenez de plus en plus ridicule ? Je mets la main au feu pour affirmer que si,demain, l'une de ces personnalités vous appelle en vous proposant une petite portion de poste, de "mangement", comme le disent les Ivoiriens, vous trouverez des mots justes pour expliquer votre cupidité.
Pour l'instant, vous ne semblez même pas appartenir au noble peuple akan qui est doté d'un sens aigu de l'honneur et de la dignité. Les dignes fils de ce peuple ne se font pas acheter pour des miettes. Je vous renvoie à votre propre pensée, à savoir que le sage ne dit pas tout ce qu'il pense; mais pense plutôt ce qu'il dit?. Si le ridicule pouvait tuer ! Etes-vous sûr que vous n'étiez pas en train de parler de vous-même ? J'ai tellement honte à votre place que j'ai envie de vous demander de vous terrer à jamais. Mais, dites, au fait, pourquoi n'apprenez-vous pas à être grand un jour ?

Brou Yao Raymond
Professeur de génie civil bâtiment, spécialiste en énergie solaire
e-mail: brouyao62@yahoo.fr

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.