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Mystère autour des pouvoirs du Premier ministre - Soro peut-il faire mieux que Banny ?

On n'en dira jamais assez. S'il était avéré que le Premier ministre ne disposait pas de pouvoirs pouvant lui permettre d'appliquer la feuille de route de Ouaga, il est bien parti pour connaître le même sort que son prédécesseur Charles Konan Banny. C'est-à-dire, ne pas mener à son terme, la mission de réunification du pays. Dans son adresse à la nation, du vendredi dernier, Guillaume Soro montre de bonnes dispositions d'esprit. Il entend ?uvrer pour que son pays retrouve son lustre d'antan. D'où les objectifs que s'est fixés le gouvernement. Et qui se résument en " la résolution de l'épineux problème de l'identification générale de la population () ", la réunification du pays en recollant " les deux bouts de la Côte d'Ivoire et enfin () l'organisation d'élections justes, transparentes et ouvertes à tous les citoyens ". Belle profession de foi pourrait-on dire. Mais qui risque de se heurter à la triste réalité de l'absence des pouvoirs du Premier ministre, celui-là même qui est chargé de conduire le navire à bon port. Tout ce mystère autour de la délégation des pouvoirs doit être levé d'autant plus que les défis qui attendent Soro sont énormes. Un exemple parmi tant d'autres. Que va faire Soro ou de quelle marge de man?uvre dispose t-il si d'aventure, il prenait une mesure et que pour des raisons qui lui sont propres, le clan présidentiel ou Gbagbo lui-même s'y opposait ? En clair, que peut faire Soro sans l'Administration du territoire, donc sans les préfets ? Que peut-il faire sans la Sécurité ou la Défense ? A priori, pas grand'chose. Et c'est exactement l'avis du président du RDR qui a déclaré avant-hier à son arrivée que si Banny n'a pas pu mener à bien sa mission, c'est qu'il n'avait pas la Défense et la Sécurité. Une belle façon de dire que si Soro n'a pas l'un des deux départements, il n'est pas évident qu'il fasse mieux que Banny. Cette inquiétude devient plus évidente si l'on jette un coup d'?il sur la question du Centre de commandement intégré (CCI). Dont l'inauguration a eu lieu ce matin même. Ainsi que le premier acte de la disparition de la zone de confiance. Deux actes majeurs qui marquent le début de la réunification de l'armée et du pays. Mais qui échappent littéralement aux Forces nouvelles. Ou à tout le moins, elles n'en maîtrisent pas tous les contours. Selon une source proche des Forces nouvelles, l'aile militaire ne comprend pas très bien l'attitude de l'aile politique qui l'embarque dans un bateau dont elles ignorent la destination. Surtout en ce qui concerne les questions militaires. L'on se demande également pourquoi, ce sont les services de la Présidence de la République qui pilotent ces deux évènements (Démantèlement de la zone de confiance et inauguration du CCI) alors que sous Banny, ces questions relevaient des services de la Primature ?
Paul Koudou

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