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Le Front
· 2 min de lecture

Le feu est latent

Le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo a-t-il été compris de son armée, mardi dernier ? Rien n'est si sûr. En témoignent, les réactions de différentes sources participant à la rencontre entre le chef suprême des armées et ses troupes au palais présidentiel. Sous le couvert de l'anonymat, sous-officiers, officiers ont reconnu presque en ch?ur que ?' Gbagbo nous a lancé un défi. Et, en pareilles circonstances, comme le militaire ne dévoile pas sa stratégie, laissez-nous le temps de digérer ce coup de semonce du président Gbagbo ''.

Pendant près de cinq heures, le chef de l'Etat, selon ces sources, a retroussé les manches pour dire ses vérités. Pour mémoire, rappelons que depuis quelque temps la tension était montée d'un cran dans les casernes. A l'origine de cette ébullition, les primes alimentaires réclamées par les soldats, les questions de la reconnaissance ?' tacite'' des grades des Fafn par l'Etat ivoirien (allusion faite au défilé, au palais présidentiel, des soldats de l'ex-rébellion avec leurs grades lors des festivités du 47ème anniversaire de l'indépendance nationale) et la promotion offerte à certains officiers supérieurs des Fanci. La colère des loyalistes'' a atteint son paroxysme, dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Des soldats voulant se mutiner, ont tiré des coups de feu à Akouédo puis au carrefour dit ?' de la vie'' à Cocody, non loin de la Rti. La menace se faisant persistante et réelle, le chef de l'Etat a donc, de fait, demandé ?' un dialogue direct'' avec l'Armeé dont des éléments qui projetaient de faire tonner les canons pour se faire entendre. D'où, le huis-clos du mardi 14 août, entre lui et toutes les composantes des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire (FDS-CI). L'on retiendra, pour l'essentiel, que Laurent Gbagbo n'a pas cédé aux revendications des primes des soldats loyalistes. Pis, à en croire des indiscrétions, le chef de l'Etat n'a pas fait dans la dentelle pour passer un savon à l'armée. Du moins à ses interlocuteurs du jour qui sont restés sans voix face au ton à la fois martial et moqueur du président Gbagbo. Et ce qui devait arriver arriva à la fin de la rencontre. Des soldats, dans un accès de colère, s'en sont pris aux chaises. ?' C'est un avertissement. Nous allons rendre compte à nos camarades restés dans les casernes. Ensemble, nous déciderons. On ne peut pas se foutre des pères de famille de la sorte. Il est arrivé au pouvoir en 2000 par la seule volonté de l'armée dans toutes ses composantes'', ruminait un officier qui s'apprêtait à monter dans sa voiture garée non loin de la grande Poste. On peut le dire, les bruits de bottes risquent de s'intensifier après cette rencontre. Pourvu que la sagesse habite les uns et les autres. Pour éviter, à la Côte d'Ivoire des incertitudes.



H.S.

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Article publié par Le Front et référencé par 225.ci.