Faits marquants : Pendant ce temps
Le bon peuple de Côte d'Ivoire les connaît sous cet angle. Mais, il avait pensé que les récents événements les avaient assagis et fait changer leur façon de réfléchir. Erreur ! Grave erreur ! Les refondateurs n'ont point changé. Ils se prennent toujours pour le centre du monde. Le nombrilisme qui les avait perdus, est toujours de mise. Ils refusent de voir que le monde a changé et que, eux-mêmes ne sont plus des hommes au pouvoir. Ils n'ont désormais aucune prise sur les événements. Pendant dix ans, quand ils squattaient le palais de la présidence appartenant au bon peuple de Côte d'Ivoire, c'est à peine s'ils ne se prenaient pas pour supérieurs au Créateur. Il faut peut-être qu'on leur dise que depuis le 28 novembre 2010, le pouvoir a changé de main. Et qu'en résidence très surveillée dans la cité du Poro, leur grand chef n'est pas en villégiature. Il n'y est pas en séjour pour aller visiter les tisserands de Waragnéné. C'est bien parce qu'ils ont perdu et la bataille électorale et le combat de résistance d'Abidjan que leur leader a été capturé et transféré en ces lieux. A-t-on déjà vu un vaincu imposé ses conditions au vainqueur pour sceller la paix ? S'il pouvait soumettre son adversaire à ses desiderata, il l'aurait fait mettre genou à terre. C'est bien parce qu'il n'en a pas eu la force qu'il a été contraint à l'abandon, à la défaite. Si aujourd'hui, le général de la rue, le brave qui ne fuit jamais, se cache dans des pays voisins, c'est parce qu'il a rencontré dans les rues d'Abidjan, plus fort que lui. La puissance adverse a été telle que le génie de Kpo et les individus de son clan, ont déserté le carré ivoirien et n'ont pu empêcher que leur grand stratège, le plus grand cerveau politique d'Afrique, se soit mis à bégayer devant un soldat en sandales dans une chambre d'hôtel. Pour une fois, pour eux-mêmes et pour l'avenir de tous ceux qui croient encore en eux, les refondateurs et leurs porte-voix devraient reconnaître leur défaite. L'arrogance et le bluff leur a déjà joué un sale tour. Pourquoi donc persister dans cette voie sans issue ? Une voie qui conduit en exil ou dans un bunker honteux. Pendant qu'ils crient, ils se rendent bien compte que le pays ne les entend pas et surtout, ne les attend pas. Il avance. L'opinion favorable aux refondateurs dans le pays, est faible. Elle décroîtra à mesure que le temps passera. Elle sera inversement proportionnelle aux échos des succès sociaux du nouveau régime. Comme il sera très difficile au nouveau président de faire moins bien que l'opposant historique, ses ouailles peuvent continuer de crier. Ce n'est pas ce qui privera de sommeil, le bon peuple de Côte d'Ivoire.
Raoul Mapiéchon
Raoul Mapiéchon