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24 Heures
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Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA - La place de Banny est au PDCI-RDA

Juste après son meeting au stade Inch'allah de Koumassi du samedi, nous nous sommes entretenus avec le président du PDCI au domicile du Maire de Koumassi, afin qu'il précise mieux sa pensée sur un certain nombre de sujets d'actualité.



? Dans votre intervention, vous avez parlé de l'accord Ouagadougou qui devait normalement durer dix (10) mois et qui est aujourd'hui à son huitième mois. Or, nous savons qu'on ne peut pas organiser des élections dans deux (2) mois. Alors que faire, surtout que l'accord de Ouagadougou, implicitement, prolonge le mandat de Laurent Gbagbo ?
Je crois que la question doit être examinée sérieusement par la CEDEAO, l'Union Africaine, le Facilitateur et par les signataires : à savoir les deux belligérants (le FPI et les Forces Nouvelles). Comment relancer dans deux (2) mois le processus de paix ?
De deux choses, l'une. Soit on proroge l'accord de Ouaga, soit les Nations Unies, qui disent se saisir en permanence de la situation, imaginent d'autres solutions. Dans tous les cas, pour nous, il est exclu de proroger à nouveau le mandat de Laurent Gbagbo.

? Pour les Forces Nouvelles, l'accord de Ouagadougou avance bien. Leur porte-parole a affirmé que le PDCI ne jouait pas franc-jeu avant de demander au président Bédié de se déterminer réellement par rapport à cet accord ?
Nous ne nous inscrivons pas dans la politique. Nous disons que les signataires de l'accord de Ouaga se sont donnés dix (10) mois pour conduire notre pays aux élections. Sur les dix (10) mois, huit (8) se sont déjà écoulés, et nous ne sommes pas encore aux élections, mais plutôt aux balbutiements des audiences foraines. Par conséquent, à l'issue des dix (10) mois, nous n'aurons pas les élections. Ce n'est pas une critique vaine, encore moins de la polémique. Si l'on tient compte de ces faits pour corriger la situation, alors le Premier ministre peut être bénéficiaire de ce redressement.

? Certains Ivoiriens reprochent souvent à l'opposition de rater les grands rendez-vous, pour charger le chef de l'Etat, notamment les scandales tels ceux des déchets toxiques et les détournements dans la filière café-cacao. Qu'en pensez-vous ?
Je ne vois pas quel rendez-vous nous avons raté ?
Nous avons toujours pris nos responsabilités. Qu'est-ce qu'on attend de nous ?
Qu'on prenne les armes pour descendre dans les rues ?
Nous n'en avons pas les moyens. Le PDCI n'a ni d'armes ni de milices. Mais à chaque rendez-vous, nos militants sont allés se battre dans la mesure de leurs moyens, de façon pacifique, parfois même au péril de leur vie, et qu'est-ce qu'on en dit ?
Monsieur le président, entre vous et le président du RDR, c'est l'entente parfaite. Vous avez réussi en tout cas à surmonter vos divergences. Mais cela ne rejaillit pas sur vos bases. Elles n'arrivent pas à vous suivre. Qu'allez-vous faire pour que cela change ?
Nous sensibilisons nos militants. Nous multiplions les sorties ensemble dans nos meetings respectifs au niveau du RHDP. Il y a peu, nous étions à Abobo aux côtés du RDR et vice-versa.

? Il y a aussi l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, militant du PDCI, dont les ambitions politiques sont de plus en plus claires. Quelle place pourrait lui réserver le PDCI afin qu'il puisse s'exprimer convenablement?
Nous ne pouvons pas à l'absence de Monsieur Banny le juger. Nous savons qu'il au PDCI. C'est un des nôtres, et il l'a encore réaffirmé lors de la visite qu'il m'a récemment rendue à Daoukro. Sa place est au PDCI comme militant, et c'est à lui de l'occuper.

Interview réalisée par Presthone Brou/Coll: M.B


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