Le RDR, un parti national
Ce sera le tube du trimestre. On va les entendre bientôt tous ces intéressés qui partent du Rassemblement des Républicains. Ils vont crier à tout vent que le parti de l'ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara n'est pas un parti national. Qu'il est un parti exclusivement nordiste et qui ne fait que la promotion des enfants de cette partie de la Côte d'Ivoire. Il faut bien trouver quelque chose à dire lorsqu'on part. Parce qu'en vérité, c'est un discours faux. Un discours de démagogie car ceux qui le tiennent savent bien que la vérité est ailleurs. Le RDR est tout sauf un parti régionaliste. C'est vrai, son Président Alassane Dramane Ouattara n'est pas un farouche partisan de la géopolitique. Il a toujours soutenu que pour lui le seul argument de promotion qui vaille, c'est la compétence. Et à raison dans un pays qui veut avancer. Pour autant, on ne peut pas le prendre à défaut sur ses nominations, il a toujours tout mis en ?uvre pour respecter un certain équilibre. Et même des genres. Il tient à une représentation féminine de 30% dans toute instance de décision. Premier ministre de Félix Houphouëtiste, il s'est battu pour imposer au ?'vieux'' un gouvernement réduit de 19 membres qui n'en était pas pour autant équilibré. Ce gouvernement du 30 novembre 1990 était certes un gouvernement de compétence mais reflétait aussi la diversité ivoirienne (voir liste ci-contre). On n'y comptait que deux ressortissants du Grand Nord, Adama Coulibaly Nibi Zana aux Transports et Vamoussa Bamba à l'Education. Le 17 novembre 1991, l'Intendant Général Lansana Palenfo s'ajoutait à cette liste en bénéficiant du portefeuille de la Sécurité. A moins d'user de mauvaise foi et de démagogie et on ne peut pas faire le procès à Ouattara d'être un régionaliste qui ne promeut que les gens du Nord. En réalité, tous ceux qui veulent savoir qui sera Ouattara au pouvoir doivent se référer à cette période de sa gestion du pouvoir d'Etat. En dépit de contraintes politiques majeures, on ne peut soutenir qu'il s'est écarté de cette ligne en prenant la tête du RDR. Le premier gouvernement auquel le RDR participe le reflète. Dans le gouvernement du 4 janvier 2000 du général Robert Guéi, on compte N'Golo Coulibaly, Henriette Diabaté et Vincent Lohouès. Le gouvernement d'ouverture du 5 aout 2002 et tous les autres suivent la même logique. Les représentants du RDR au Conseil économique et social ont été choisis selon la même logique. Sur les dix membres, on y compte seulement trois ressortissants du Nord. Tout de même curieux pour un parti régionaliste. A la vérité, dans le jeu des équilibres, le RDR peut défier n'importe lequel des partis ivoiriens notamment le FPI de faire mieux. Mais comme dit Ouattara, le mieux pour un pays ce n'est pas de faire des promotions selon la géopolitique mais selon la compétence. Ceux qui sont venus au RDR en estimant que leur seul nom est gage de promotion rapide doivent se raviser.
KIGBAFORY Inza
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