Contestation
Le président Laurent Gbagbo n'a pas tort. Son opposition, singulièrement le mentor des républicains, Alassane Ouattara, prépare beaucoup plus l'esprit de ses militants à la contestation des résultats des élections à venir, plutôt que de se donner les moyens de gagner le scrutin. A la loyale. A la régulière. Or, il est une réalité implacable que pour gagner une élection comme la présidentielle à venir, il faut se faire connaître des populations. Des électeurs. Sur toute l'étendue du territoire national. Mais aussi vivre et partager les souffrances de ces populations. Si Konan Bédié, candidat à la prochaine présidentielle, peut se targuer de connaître la Côte d'Ivoire profonde pour y avoir séjourné à maintes occasions et animé des meetings dans certaines localités, qu'en est-il de son frère-ennemi, Alassane Ouattara ? Le président du RDR connaît-il la situation géographique de la commune de Gohitafla, ville dont son proche collaborateur et hagiographe Cissé Bacongo dit être originaire ? Le candidat du RDR à la présidentielle de juin 2008 sait-il que les villages de Koffikro, Ahua et Nianmassou font partie de la commune de Dimbokro, ville où a été établi son litigieux certificat de nationalité ivoirienne ? A la vérité, Alassane Ouattara ne connaît pas la Côte d'Ivoire. Et les Ivoiriens non plus ne le connaissent. C'est un véritable drame et un gros handicap pour un candidat à la présidentielle d'un pays. Le président Konan Bédié le sait qu'il se tait sur les fanfaronnades de son allié du RHDP. De ce qui précède, le président des Républicains a donc peu de chance de pouvoir parvenir à la magistrature suprême de notre pays. Surtout qu'il bénéficie d'une candidature exceptionnelle. Autant de difficultés auxquelles Ouattara lui-même devait apporter des solutions. Que non ! Le candidat du RDR, connaissant la réalité du terrain politique, préfère prendre les raccourcis, en préparant ses militants à la contestation des résultats des élections prochaines. Rejoignant du coup les politiciens de la ville qui ont du mal à faire la différence entre une foule de militants, de sympathisants et les électeurs. Et les vrais électeurs, on le sait, se trouvent dans la Côte d'Ivoire profonde. Et non dans les gares d'Adjamé et d'Abobo.