Centre de Commandement Intégré : Tout se complique
Initié pour être la cheville ouvrière de la mise en pratique du processus de paix issu de l'accord de Ouagadougou, le Centre de Commandement Intégré (CCI) est en peine. Pis, elle connaît déjà des problèmes pour son existence. Du coup, ces problèmes menacent tout le processus de sortie de crise. La très médiatisée, mais peu rassurante opération du démantèlement des milices de l'ouest qui a eu lieu le samedi 19 mai dernier à Guiglo en présence du Chef de l'Etat, Gbagbo Laurent, aura révélé, entre autres, qu'au CCI, rien ne va. Cela est-il fait exprès ? Nul ne le dit ouvertement, mais tout semble le faire croire. D'ailleurs, le général Soumaïla Bakayoko, chef d'état-major des FAFN, et donc un des ordonnateurs du CCI (qui n'était pas à Guiglo) l'a dit de façon, certes courtoise, mais sans équivoque en ces termes : " Nous apprenons comme vous qu'il y a eu cette cérémonie. En tout cas, il était envisagé par l'ensemble des deux forces, sur instruction naturellement du gouvernement du Premier Ministre et avec, bien entendu, le Chef de l'Etat, qu'on puisse monter des bûchers de part et d'autre, des cérémonies de destruction des armes en somme. En ce qui concerne les miliciens, le chapitre qui a trait à leur démantèlement est une mission confiée au Centre de Commandement Intégré (CCI) qui est une structure mixte que nous avons mise sur pied. Il est sous l'autorité conjointe du chef d'état-major des FAFN que je suis et du chef d'état-major des FANCI qui est Mangou. Ensemble, nous avons donné à nos subordonnés que nous avons désignés et qui sont les chefs du CCI, les ordres afin que le démantèlement puisse s'exécuter. C'est ce que je sais en ce qui concerne le démantèlement des milices. Pour le reste, je ne sais pas ce qui s'est réellement passé à Guiglo pour pouvoir me prononcer sur la question ". Ces propos traduisent combien le CCI, à peine mis sur pied, a été vidé de son contenu au profit du camp présidentiel qui tend à contrôler tout, au point de mettre sous l'éteignoir les militaires. Pourtant, l'accord de Ouagadougou qui constitue l'ultime espoir de sortir de la crise a confié l'essentiel du travail du processus au CCI, parce que c'est ce que les militaires réaliseront ensemble qui installera de façon durable la confiance. En son point u3.1.3, l'accord de Ouagadougou dit clairement ceci : " Le Centre de commandement intégré aura pour missions essentielles:
-la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité ; -la mise en ?uvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR), sous la supervision des Forces impartiales ;
-l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise ;
-la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral ;
-la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes ;
-la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national. ". Le processus de paix menacé.
A la pratique, les choses semblent bien différentes. D'abord, le CCI, n'a jusque-là arrêté aucun programme d'action, bien qu'ayant été officiellement mis sur pied depuis plus d'un mois. En dehors des deux officiers présentés comme ses commandants, aucune autre précision sur ses effectifs et ses démembrements opérationnels. La première tâche qu'elle devait accomplir n'est pas encore achevée. Le remplacement des Forces impartiales par des brigades mixtes FDS FAFN, après la suppression de la zone de confiance, pour sécuriser les populations est loin de ce qui a été escompté. Sur 17 brigades mixtes annoncées, seules les deux de Bangolo et de Zélé (à l'ouest) fonctionnent. Le CCI n'a pas les moyens qu'il faut. La logistique fait cruellement défaut. Par exemple la brigade mixte de Bangolo qui doit sécuriser un périmètre de plusieurs dizaines de kilomètres carrés ne dispose que d'un seul véhicule jeep. Outre le défaut de moyens, les plus gros problèmes du CCI restent sa composition et son champ de compétence : -Qui fait quoi au CCI ? Selon des indiscrétions, la question des grades des éléments des Forces Nouvelles devant intervenir au CCI est bien plus compliquée. Des éléments des FDS ne voudraient pas entendre parler des grades FN. Ainsi, des sources soutiennent que le CCI serait bloqué parce que les grades des dix hommes qui devaient accompagner le lieutenant colonel Ouattara Karim au commandement du CCI ne sont pas reconnus. Mieux, des FDS iraient même jusqu'à refuser les grades du lieutenant colonel Ouattara Karim, qui n'était que capitaine avant l'éclatement de la guerre. Aussi, le CCI prend du plomb dans les ailes parce que sa tête est empêtrée.
-Que fait le CCI. Tout le monde a remarqué que l'opération du démantèlement des milices de l'ouest a été pilotée par la présidence en violation de l'accord de Ouagadougou. Au grand dam du CCI qui ne fait que constater. Dès lors quelle compétence les initiateurs du dialogue direct reconnaissent au CCI qu'ils ont eux-mêmes mis sur pied ?
La question que se posent plus d'un aujourd'hui est : "Si le CCI qui doit organiser et suivre le désarmement des forces belligérantes, l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise; la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral, la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes; la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national est bloqué par manque de volonté politique ou par calcul politicien de la part des signataires, où va le processus ? De fait, c'est tout le processus voulu par l'accord de Ouagadougou qui est menacé de s'arrêter. Ce qui ne serait pas du tout bien pour le pays. Le Chef de l'Etat ne disait-il pas que si Ouaga échoue, c'est la catastrophe ? Pourquoi alors ne mettrait-il pas tous les moyens et toute la volonté pour la réussite de Ouaga ?
Eddy PEHE
-la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité ; -la mise en ?uvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR), sous la supervision des Forces impartiales ;
-l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise ;
-la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral ;
-la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes ;
-la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national. ". Le processus de paix menacé.
A la pratique, les choses semblent bien différentes. D'abord, le CCI, n'a jusque-là arrêté aucun programme d'action, bien qu'ayant été officiellement mis sur pied depuis plus d'un mois. En dehors des deux officiers présentés comme ses commandants, aucune autre précision sur ses effectifs et ses démembrements opérationnels. La première tâche qu'elle devait accomplir n'est pas encore achevée. Le remplacement des Forces impartiales par des brigades mixtes FDS FAFN, après la suppression de la zone de confiance, pour sécuriser les populations est loin de ce qui a été escompté. Sur 17 brigades mixtes annoncées, seules les deux de Bangolo et de Zélé (à l'ouest) fonctionnent. Le CCI n'a pas les moyens qu'il faut. La logistique fait cruellement défaut. Par exemple la brigade mixte de Bangolo qui doit sécuriser un périmètre de plusieurs dizaines de kilomètres carrés ne dispose que d'un seul véhicule jeep. Outre le défaut de moyens, les plus gros problèmes du CCI restent sa composition et son champ de compétence : -Qui fait quoi au CCI ? Selon des indiscrétions, la question des grades des éléments des Forces Nouvelles devant intervenir au CCI est bien plus compliquée. Des éléments des FDS ne voudraient pas entendre parler des grades FN. Ainsi, des sources soutiennent que le CCI serait bloqué parce que les grades des dix hommes qui devaient accompagner le lieutenant colonel Ouattara Karim au commandement du CCI ne sont pas reconnus. Mieux, des FDS iraient même jusqu'à refuser les grades du lieutenant colonel Ouattara Karim, qui n'était que capitaine avant l'éclatement de la guerre. Aussi, le CCI prend du plomb dans les ailes parce que sa tête est empêtrée.
-Que fait le CCI. Tout le monde a remarqué que l'opération du démantèlement des milices de l'ouest a été pilotée par la présidence en violation de l'accord de Ouagadougou. Au grand dam du CCI qui ne fait que constater. Dès lors quelle compétence les initiateurs du dialogue direct reconnaissent au CCI qu'ils ont eux-mêmes mis sur pied ?
La question que se posent plus d'un aujourd'hui est : "Si le CCI qui doit organiser et suivre le désarmement des forces belligérantes, l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise; la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral, la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes; la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national est bloqué par manque de volonté politique ou par calcul politicien de la part des signataires, où va le processus ? De fait, c'est tout le processus voulu par l'accord de Ouagadougou qui est menacé de s'arrêter. Ce qui ne serait pas du tout bien pour le pays. Le Chef de l'Etat ne disait-il pas que si Ouaga échoue, c'est la catastrophe ? Pourquoi alors ne mettrait-il pas tous les moyens et toute la volonté pour la réussite de Ouaga ?
Eddy PEHE