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Le Rebond
· 3 min de lecture

Au kiosque de le rebond : Dessous de table

Monsieur le président, le pays va à vaut lot. Tu ne sembles pas en être très conscient car malgré les dénonciations récurrentes aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, tu n'envisages aucune mesure visant à le remettre sur les rails. Il se passe trop de choses qui déshonorent et humilient notre pays. Tous les échos te sont parvenus mais les solutions tardent à venir. Pire, tu donnes parfois l'impression de sévir alors que tu fais de la pure diversion. Les exemples à ce propos sont légions. Nous citons pêle-mêle la descente musclée des élèves policiers sur la cité universitaire de cocody ayant causé de nombreux dégâts matériels et même mort d'homme en occurrence un étudiant. Tu as certes limogé le directeur de la police mais la suite est restée dans les secrets des dieux. La Fesci, l'un des mouvements de soutien du Fpi se livre régulièrement à la bastonnade des enseignants et à la désobéissance aux règles académiques, sous la protection du parapluie présidentiel. Les présumés auteurs du scandale des déchets toxiques ont été purement et simplement réhabilité sous tes ordres. Un autre scandale et non des moindres a terni l'image de la Côte d'Ivoire jusqu'au-delà des frontières du continent. Le binôme café-cacao puisque, c'est de cela qu'il s'agit, est depuis longtemps la vache à lait du Fpi. D'aucuns affirment que c'est la première caisse noire de ton régime. 100 milliards de nos francs telle est la somme détournée dans cette filière au grand dam des producteurs qui, après que tu la leur aies donnée (puisque c'est ce que tu affirmes) sont réduits à des bêtes de somme dont le rôle est de produire bêtement pour enrichir des malhonnêtes confortablement assis dans des salons feutrés et roulant carrosse. Pour une fois encore, tu as fait semblant de montrer ta bonne foi en prenant la décision de détecter les coupables et de les punir. Pour ce faire, tu as diligenté une enquête que tu as confiée au procureur de la République. Dans ta récente interview radio-télévisée, tu as fait savoir que tu n'accepteras pas une commission d'enquête indépendante. Sans toutefois en donner les raisons. Mais ce qui est curieux, c'est que toi-même tu n'es pas sans connaître les responsables des détournements de la filière. C'est toi qui a signé leur décret de nomination. Tu es donc sensé les connaître et de suivre régulièrement leur gestion. A moins que tu sois de connivence avec eux. Si ce n'est donc pas un deal entre toi et ton procureur en vue de protéger ces voleurs à colle blanc, c'est alors un cadeau empoisonné que tu viens d'offrir à ce magistrat. Car c'est un honneur qui ne va guerre l'honorer. Mon cher président, d'entrée de jeu, je te disais que sous ta direction le pays sombre. Je pèse bien mes mots. Parce que dans quelques années, ton pays ne regorgera que des cadres médiocres et corrompus. Tandis que les intellectuels qui auraient pu occuper les hautes fonctions de l'Etat se retrouvent dans les rues, au chômage. La raison, tu la connais sans doute. Il n'existe plus d'examen encore moins de concours qui mérite d'être appelé comme tel. Car tout s'achète. Tu as beau être le plus intelligent et le plus méritant, tant que tu n'as pas payé le droit de corruption, tu ne saurais être retenu comme admis. Cependant, même étant le plus nul des candidats pourvu que tu aies payé le dessous de table, que dis-je, déposé sur la table l'enveloppe exigée, ton nom figurera en bonne place sur la liste des admis. Hormis le dessous de table (puisque ce n'est plus un secret) le meilleur diplôme exigé c'est soit la carte d'adhésion au Fpi, soit son engagement avéré à la galaxie patriotique. Monsieur le président voici comment se présente ton pays aujourd'hui. Qu'en sera-t-il donc demain ?

par Paul Arnaud

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Article publié par Le Rebond et référencé par 225.ci.