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Laurent Pokou interpelle notre conscience

Les lèvres grossièrement fendues, l`?il droit fermé, le nez chiffonné, le visage terriblement malmené et tuméfié donnaient du héros d`Asmara l`image d`un boxeur amateur qui vient d`être sévèrement corrigé par plus fort que lui. Image triste, révoltante, dégoûtante et blessante. Un autre symbole de notre grandeur venait de se faire humilier de la manière la plus abjecte et ignoble par des policiers ( ?), c`est-à-dire ceux-là mêmes qui sont chargés de par la loi d`assurer la sécurité de tous les citoyens. Malgré la gravité des coups qu`il a subis, le pauvre Laurent a décidé de ne pas porter plainte, comme pour interpeller notre conscience collective face au drame. Comme pour nous dire, ce n`est pas grave. Parce que de toutes les façons, un procès ne changerait rien au système. Les policiers rackettent, spolient, tuent chaque jour des citoyens sous le silence royal et protecteur de la refondation du FPI. Il n`y a jamais eu d`enquête, ni de condamnation. Pas de sanction exemplaire. De sorte que finalement ces brebis galeuses qui souillent l`image de tout un corps se croient intouchables. Récemment, il y a eu les manifestations contre la vie chère. Des compatriotes qui criaient simplement qu`ils avaient faim ont essuyé des tirs à balles réelles. Il y a eu officiellement deux morts. Comme d`habitude, il n`y a pas eu d`enquête, ni de policiers interpellés. Plus grave, le Président Laurent Gbagbo a refusé de condamner cette répression sauvage et barbare et de traduire sa compassion aux familles des disparus. Tout ce qu`il a trouvé à dire c`est qu`il ne fallait pas "diaboliser la police" qui fait un travail de sécurisation assez remarquable. Nous sommes dans un pays où la mort d`un individu ne dit plus rien à nos dirigeants. En France, il y a eu la révolte dans les banlieues, il y a de graves émeutes après l`élection de Nicolas Sarkozy, combien de mort les actions de maintien de l`ordre ont-elles entraînés ?
Les Laurent Pokou, il y a en eu chaque jour des centaines à Abidjan. Tout se passe comme si devant les policiers, les citoyens deviennent des animaux qu`on peut abattre comme des lapins.
Que se serait-il passé si c`est le fils ou la fille de M. Laurent Gbagbo qui avait été tabassé de la sorte ?
Sur quelle échelle de valeur ce pays est-il dirigé ?
Vol, viol, bavure policière, dépravation des moeurs, détournements colossaux de deniers publics, importation et déversement de déchets toxiques, quelles infractions criminelles graves prévues ou non par notre code pénal qui n`ont pas encore été commises sous la refondation de M. Gbagbo ? On a connu tout ce qui est négatif et mauvais, même la guerre. Et dire qu`il y a des gens qui se battent pour maintenir ce pays dans ce désastre, des gens qui sont heureux de le diriger. Laurent Pokou est un homme grand, très grand. Il a une haute opinion de lui et de la Côte d`Ivoire qu`il a servie. En toute sagesse, il a décidé de ne pas porter plainte pour interpeller la conscience de ceux qui ne se sont jamais sentis responsables de rien dans ce pays
Akwaba Saint Clair

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