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Le Patriote
· 6 min de lecture

Interview / Brahima Doumbia dit Nivaquine (Ex- collaborateur de feu Balla Keita) -Bientôt, les assassins de Balla Keita seront dévoilés

Brahima Doumbia dit Nivaquine était un fidèle de feu Balla Keita. Aujourd'hui, il s'insurge contre les frères de ce dernier qui, selon lui, ne cessent de trahir la mémoire de leur aîné. Entretien.
Le Patriote : Vous avez été un proche collaborateur de feu le ministre Balla Keita. Plus de 6 ans après sa disparition, quels souvenirs gardez-vous de l'homme ?
Brahima Doumbia : De Balla Keita, je n'ai que de très bons souvenirs tant l'homme me le rendait bien. Je garde de Balla, des souvenirs d'homme de paix, une denrée devenue très rare dans notre pays ; un pays jadis havre de paix avec feu le Président Félix Houphouët Boigny. Il m'a appris à surmonter toutes sortes d'épreuves. C'était un courageux qui assumait ses responsabilités; il disait haut ce que les autres murmuraient bas. Je ne peux, dans le cadre d'une interview, relater les souvenirs, tant ils sont nombreux en ce qui concerne Balla. Pour moi, il est toujours vivant ; donc je ne parle pas de lui avec des souvenirs. Il est là et veille sur moi chaque jour. LP : A vous écouter, le ministre Balla Keita a certainement bouleversé votre vie. Quelle raison particulière explique cela ?
BD : Je suis un homme de conviction. Et Balla m'a convaincu. C'est pour cela que lorsque je parle de Balla, je le fais avec tout le respect que j'ai pour l'homme. C'est quelqu'un qui m'a tout donné. Avant d'être lâchement assassiné. Qu'a-t-il fait pour qu'il soit assassiné ? S'il y a une raison particulière qui peut expliquer mon amour pour Balla, c'est son amour pour son prochain . Balla m'a aimé de tout son c?ur et pour moi cela est très important. LP : Justement, Balla Keita a été assassiné en 2002 pendant qu'il était en exil au Burkina Faso. Aujourd'hui, avez-vous connaissance de l'évolution des enquêtes sur les circonstances de sa mort ?
BD : Je précise que j'étais avec lui à Ouagadougou, une semaine avant son assassinat. Mais je vais vous épargner certains détails. Puisque je ne veux pas violer des secrets de l'instruction. Aujourd'hui, c'est un dossier sur lequel on ne se presse pas. Car, pour l'instant, la Côte d'Ivoire a besoin d'une seule chose, la paix. Aidons donc le Premier ministre Guillaume Soro a ramené cette paix, disais-je, devenu une denrée rare dans notre pays et le reste on verra. LP : Cela n'empêche pas qu'il ait quand même justice sur cette affaire ?
BD : Oui ! Tôt ou tard, il faudrait qu'il ait justice. Pour le moment, nous prions pour le retour d'une paix véritable, à la suite d'élections justes et transparentes. Après, les questions judiciaires vont prendre la place. En ce qui nous concerne, ce crime ne saurait demeurer impuni. Car Balla, au-delà de nos frontières, a été membre de plusieurs institutions internationales et on ne saurait laisser le lâche assassinat de ce haut fonctionnaire aux oubliettes. Le dossier Balla est clair et cerné. Mais, ce n'est pas le moment de l'ouvrir, pour ne pas déranger qui que ce soit en cette période si sensible. La paix n'est pas un vain mot mais c'est un comportement. J'invite donc les Ivoiriens à s'inscrire dans cette logique comme nous le faisons par notre silence non coupable, dans la gestion de cet important dossier qui concerne le meurtre du Dr Balla Kéita. LP : Nous n'allons pas l'ouvrir, mais il est clair que durant son exil, Balla n'était pas en odeur de sainteté avec le pouvoir d'Abidjan. Pensez-vous que ce pouvoir ait quelque lien avec la tragique disparition du Dr Balla Kéita ?
BD : Je ne veux soulever aucune polémique. Je suis conséquent avec moi-même. Pour l'heure, au nom de la paix, je fais violence sur moi-même pour agir pour la paix. Il faudrait que comme je l'ai dit tout à l'heure, tous les Ivoiriens se donnent la main pour arriver à la paix. Je vous demande de patienter encore un peu pour découvrir les commanditaires et l'exécuteur de Balla. Pour l'heure, ensemble, prions pour que la paix revienne. Si nous avons cette paix, vous saurez qui a vraiment tué Balla. LP : Vous, vous savez donc qui l'a tué ?
BD : Nous sommes sur les traces. Ces traces sont là. Les hommes sont là. Certains ont même refusé de se faire entendre, parce qu'ils se croient au dessus de la loi. Seulement, ce que je voudrais dire c'est que nul n'est au-dessus de la loi des hommes à plus forte raison celle de Dieu. Aucun crime n'est parfait. Et j'ai la parfaite conviction que tôt ou tard, justice sera rendue.
LP : Six ans après la mort de Balla Keita, son frère Abou Keita et sa s?ur Awa Keita, décident aujourd'hui de militer au FPI, parti au pouvoir. Quel commentaire ?
BD : Avant de répondre à cette question, je voudrais partager certains faits historiques avec vous. En 2000, lorsque le FPI et Laurent Gbagbo sont arrivés au pouvoir, Balla a été copieusement battu au camp d'Agban. Sur son lit d'hôpital, Balla a dit à Simone Gbagbo venue lui rendre visite que vous avez versé le sang d'un digne fils. Balla l'a dit et j'étais là. Abou Keita et Awa Keita, bien qu'étant des frère et s?ur de Balla, ne représentent pas toute la famille Kéita, a fortiori la famille politique du Dr Balla Kéita. Je vous rappelle qu'il est président fondateur du Mouvement des houphouétistes de Côte d'Ivoire. En tant que défenseur de la politique de Balla Keita, je ne vais jamais accepter de me prostituer. Abou et Awa peuvent aller là où ils veulent, mais qu'ils arrêtent d'utiliser ce symbole qu'est Balla. Qu'ils arrêtent de faire du nom de Balla un fonds de commerce. Ils font honte à la mémoire de leur frère, pour qui la dignité était de rigueur. C'est vraiment la honte. C'est pourquoi, je leur donne rendez-vous dans un mois à Korhogo, où je ferai un grand rassemblement pour dénoncer tous ceux qui veulent s'attaquer à l'héritage politique de Balla Keita. LP : Est-ce à dire, pour vous, que Abou et sa s?ur ont trahi la mémoire de leur frère Balla Keita?
BD : Absolument, ils ont trahi la mémoire de Balla comme je le disais tantôt. Je me rappelle encore, en 1990, lorsque Balla Keita parcourait les départements de Korhogo et Ferké au nom du Président Félix Houphouët Boigny, pour annoncer le multipartisme. Et je sais que les peuples Nafara, Gnanrafolo et Palaga se souviennent toujours des messages que le disciple de Nanan Boigny a véhiculés. Je leur demande de se référer à cette copie pour cesser de rêver que Balla se rallierait au FPI. Qu'ils arrêtent leur danse de sorciers et de mange-mil car en rien, dans le comportement, dans la conviction et dans les actes, ils ne peuvent ressembler à ce symbole tant respecté en Côte d'Ivoire et dans le monde entier. Balla avait une culture de solidarité et de respect des valeurs humaines. Au centre de toutes ses actions, l'homme était au début, au centre et à la fin sans distinction de parti, de religion et d'ethnie. C'est pourquoi, partout en Côte d'Ivoire, il n'avait que des amis. Balla était un homme de paix. Il ouvrait ses portes à son semblable et c'est cette gentillesse dont ont profité des malheureux qui s'imaginent éternels pour le poignarder. Il a tellement bien appris du Président Houphouët Boigny qu'il s'est investi corps et âme dans la création du Prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix en compagnie de son ami Son Excellence Frédérico Mayor. Si en dépit de tous ces actes, son frère et sa s?ur se sont accoquinés avec le FPI, c'est qu'ils ont trahi la mémoire de leur illustre frère qui leur a tout donné de son vivant. De là où il est, il nous voit tous et les traîtres répondront tôt ou tard de leurs actes. Je prends acte avec tous les amis et frères de Balla de leur adhésion au FPI.
Réalisée par Diawara Samou

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.