Présidentielle française 2007 : Nicolas Sarkozy élu Président
Grand favori des sondages, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca, 52 ans, le candidat de l'UMP, a été largement élu, hier, Président de la France. Le 6ème de la 5ème République. Nicolas Sarkozy, révèle l'AFP, a obtenu 53% des voix devant la candidate socialiste Ségolène Royal (47%) qui n'a pu concrétiser son rêve de devenir, à 53 ans, la première femme Présidente en France. Durant sa campagne, Sarkozy a promis la " rupture " avec les politiques passées. Une manière de réformer la France. Après les présidences de Jacques Chirac et du socialiste François Mitterrand (1981-1995), qui ont, selon lui, " conduit la France au déclin ". Face à Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle française, Ségolène Royal a reconnu sa défaite. Elle a toutefois promis de " continuer " son combat politique et de poursuivre la " rénovation " de la gauche. Avant de rassurer ses partisans: "Je continue avec vous et près de vous ".Le 16 mai prochain, Nicolas Sarkozy prendra officiellement fonction. Ce jour-là il y aura la passation de pouvoir entre lui et le Président sortant Jacques Chirac. Auparavant, le nouveau Président, selon son conseiller politique François Fillon, va se retirer quelque part en France. Afin de " décompresser un peu ". Ernest Aka Simon
Sarkozy au monde entier. Depuis la salle Gaveau à Paris où plus d'un millier de ses militants l'attendaient à 20h (18h GMT), Nicolas Sarkosy a prononcé son premier discours de nouveau Président de France. Au-delà des questions françaises, le nouvel élu s'est adressé au monde et particulièrement à l'Afrique. Continent avec lequel il veut une politique d'immigration maîtrisée et une politique de développement ambitieuse. ()Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie, j'ai été Européen, que je crois en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je les conjure d'entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l'Union européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde.
Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu'ils peuvent compter sur notre amitié qui s'est forgée dans les tragédies de l'Histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d'elle. Mais je veux leur dire aussi que l'amitié, c'est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu'une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire d'en prendre la tête parce que ce qui est en jeu, c'est le sort de l'humanité tout entière. Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire que c'est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir ensemble une Union Méditerranéenne qui sera un trait d'union entre l'Europe et l'Afrique. Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix. Je veux leur dire que nous déciderons ensemble d'une politique d'immigration maîtrisée et d'une politique de développement ambitieuse. Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu'ils peuvent compter sur elle. ()
Propos recueillis par Barthelemy Kouamé
Envoyé spécial à Paris
Sarkozy a conquis l'Elysée
Fils d'un immigré hongrois et d'une avocate parisienne, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa est entré en politique à 19 ans. il milite rapidement aux côtés de Jacques Chirac. A 28 ans, il est élu maire de Neuilly; à 34 ans, il devient député; à 38 ans, il obtient son premier poste ministériel. En 2004, année où cet avocat de formation prend la tête du parti UMP qui a remplacé le RPR de Jacques Chirac, il déclarait: Cela fait 25 ans que les gens me connaissent. Il y a un moment où (ils) disent: C'est pour lui, c'est son heure () Je suis habité, je pense toujours à ça. J'y pensais déjà quand personne n'y pensait pour moi. Ça? La présidence de la République. Il veut tourner la page de l'ère Chirac, avec lequel il entretient des relations difficiles depuis sa trahison de 1995, lorsqu'il choisit de soutenir Edouard Balladur contre son ancien mentor. Réélu en 2002, Jacques Chirac a néanmoins fait de lui l'un de ses principaux ministres et a fini par lui apporter son soutien, toutefois mesuré, le 21 mars. Plus chaleureuse, Bernadette Chirac le qualifie de meilleur pour relever les défis de la France.
C'est surtout au ministère de l'Intérieur, entre 2002 et 2005, qu'il peaufinera son image de présidentiable. Il médiatise alors son action focalisée sur la lutte contre l'insécurité et l'immigration clandestine et met en avant son parler vrai, quitte à alimenter les accusations de populisme. Une petite phrase sur sa volonté de nettoyer les banlieues à problèmes, pour lutter contre la délinquance, et l'emploi des mots de racailles ou en encore Karcher, l'ont rendu impopulaire auprès de nombreux jeunes d'origine étrangère. Ces termes lui seront vivement reprochés lors de la crise des banlieues à l'automne 2005.
Source : Liberation
Sarkozy au monde entier. Depuis la salle Gaveau à Paris où plus d'un millier de ses militants l'attendaient à 20h (18h GMT), Nicolas Sarkosy a prononcé son premier discours de nouveau Président de France. Au-delà des questions françaises, le nouvel élu s'est adressé au monde et particulièrement à l'Afrique. Continent avec lequel il veut une politique d'immigration maîtrisée et une politique de développement ambitieuse. ()Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie, j'ai été Européen, que je crois en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je les conjure d'entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l'Union européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde.
Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu'ils peuvent compter sur notre amitié qui s'est forgée dans les tragédies de l'Histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d'elle. Mais je veux leur dire aussi que l'amitié, c'est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu'une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire d'en prendre la tête parce que ce qui est en jeu, c'est le sort de l'humanité tout entière. Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire que c'est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir ensemble une Union Méditerranéenne qui sera un trait d'union entre l'Europe et l'Afrique. Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix. Je veux leur dire que nous déciderons ensemble d'une politique d'immigration maîtrisée et d'une politique de développement ambitieuse. Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu'ils peuvent compter sur elle. ()
Propos recueillis par Barthelemy Kouamé
Envoyé spécial à Paris
Sarkozy a conquis l'Elysée
Fils d'un immigré hongrois et d'une avocate parisienne, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa est entré en politique à 19 ans. il milite rapidement aux côtés de Jacques Chirac. A 28 ans, il est élu maire de Neuilly; à 34 ans, il devient député; à 38 ans, il obtient son premier poste ministériel. En 2004, année où cet avocat de formation prend la tête du parti UMP qui a remplacé le RPR de Jacques Chirac, il déclarait: Cela fait 25 ans que les gens me connaissent. Il y a un moment où (ils) disent: C'est pour lui, c'est son heure () Je suis habité, je pense toujours à ça. J'y pensais déjà quand personne n'y pensait pour moi. Ça? La présidence de la République. Il veut tourner la page de l'ère Chirac, avec lequel il entretient des relations difficiles depuis sa trahison de 1995, lorsqu'il choisit de soutenir Edouard Balladur contre son ancien mentor. Réélu en 2002, Jacques Chirac a néanmoins fait de lui l'un de ses principaux ministres et a fini par lui apporter son soutien, toutefois mesuré, le 21 mars. Plus chaleureuse, Bernadette Chirac le qualifie de meilleur pour relever les défis de la France.
C'est surtout au ministère de l'Intérieur, entre 2002 et 2005, qu'il peaufinera son image de présidentiable. Il médiatise alors son action focalisée sur la lutte contre l'insécurité et l'immigration clandestine et met en avant son parler vrai, quitte à alimenter les accusations de populisme. Une petite phrase sur sa volonté de nettoyer les banlieues à problèmes, pour lutter contre la délinquance, et l'emploi des mots de racailles ou en encore Karcher, l'ont rendu impopulaire auprès de nombreux jeunes d'origine étrangère. Ces termes lui seront vivement reprochés lors de la crise des banlieues à l'automne 2005.
Source : Liberation