Meeting annoncé du président du PDCI à Bocanda - Bédié veut enfin faire la politique
Le département de Bocanda où Affi N'Guessan et le président Gbagbo ont récemment effectué des séjours gagnants est devenu un terrain de bataille politique. Au point de pousser Bédié à vouloir enfin faire de la politique.
Après toute une vie passée au PDCI sans jamais vraiment faire de la politique, Henri Konan Bédié veut maintenant descendre dans l'arène. Il commence son tardif baptême du feu par un meeting dans la ville de Bocanda. Le président du PDCI animera ce meeting le jeudi 3 mai prochain, après que Lambert Kouassi Konan eut effectué, en son nom et à sa place, une tournée de cinq jours qui a démarré le 29 avril. Bédié vient donc tout simplement pour boucler la boucle en évitant de respirer la poussière et de transpirer sur les mauvaises routes de ce département présenté comme l'un des plus déshérités du pays.
Le plus intéressant, c'est que Bédié ne passera pas la moindre nuit dans la région qu'il aime, selon un journal de la place, à présenter comme son fief. Au demeurant, ses rapports avec le département de Bocanda ne sont faits que de faux bonds. On se souvient que, pendant son séjour au palais présidentiel, les populations ont ardemment souhaité le recevoir. Ce v?u n'a jamais rencontré l'assentiment du président Bédié. En 1999, le décès d'un des leurs, un préfet qui avait des liens d'amitié avec Bédié va leur donner l'occasion de réaliser leur v?u. Bédié viendra en personne pour assister aux obsèques de son ami. Les parents ont donc la promesse qu'ils pourront voir leur champion, manger et s'entretenir avec lui. Mais l'espoir tournera vite au drame. Bédié vient, effectivement, assister aux obsèques, mais, après l'enterrement, il monte dans son véhicule de commandement et quitte Bocanda pour s'en aller sans dire le moindre mot à la population et à ses chefs coutumiers. Alors que la foule, mobilisée, s'est déportée à la résidence du préfet pour la réception, Ce sont les gyrophares qui indiquent que le chef de l'Etat s'en va. Les cadres, qui ont provoqué ce rêve collectif, n'ont eu que leurs yeux pour pleurer.
Quelques jours après, les chefs écrivent, au nom de la population, pour demander une audience au chef de l'Etat d'alors aux fins de connaître les raisons de cette déconvenue et demander pardon au cas il lui reprocherait quelque chose au peuple de Bocanda. Le député d'alors, Kouadio Kouassi, sert d'intermédiaire. Il obtient l'audience pour les chefs coutumiers. A la date convenue, des chefs de tribu et de village embarquent dans trois cars de transport pour la résidence de Bédié, à Cocody. On les fera attendre au soleil dans la cour, de 10 h à 17 h. Finalement, un de ses hommes, originaire de Dimbokro, viendra leur dire que le président est désolé et qu'il ne peut les recevoir. Il leur tend alors une enveloppe de 300.000 FCFA. La honte le dispute à la colère. Dans le car qui les ramène à Bocanda, les chefs cachent leurs attributs. Quelques jours plus tard, c'est le coup d'Etat qui éloigne Bédié du pouvoir. Après les élections qui sont soldées par l'élection du président Gbagbo, Bédié revient de son exil. Les populations apprennent, par les mêmes cadres, qu'il va sillonner le pays baoulé afin de remercier les uns et les autres pour leur soutien. Les populations de Bocanda sont priées d'attendre le cortège de Bédié le long de la route pour l'acclamer. Mais, une fois encore, l'attente sera vaine.
A 12h30, l'on apprend que Bédié est venu à Bongouanou et est retourné à Daoukro. Il n'était pas question pour lui de se rendre à Bocanda.
Parvenu au pouvoir après les élections de 2000, Laurent Gbagbo ?uvre à mettre les richesses du pays au service de la population. Son programme présidentiel d'électrification permet à 32 villages du département de Bocanda de bénéficier de l'électricité. En 40 ans de pouvoir, le PDCI, qui a géré une période grasse et paisible, n'en a électrifié que 11. Ceci explique en partie la ferveur avec laquelle les populations ont reçu M. Affi N'Guessan, président du FPI, lors de sa tournée qui a duré du 18 février au 7 mars 2007. En deux semaines, il a visité plus de 60 villages du département et animé autant de meetings. Durant tout ce temps, Affi N'Guessan a vécu avec les villageois, auprès d'eux, pour un contact véritable dont ils se souviennent encore. Le séjour du président Gbagbo dans le village de Kouadioblékro, nouvelle sous-préfecture du département, pour la fête de Paquinou, le dimanche 8 avril, dernier n'a été que la cerise sur le gâteau. Il en a profité pour présenter les trois nouveaux sous préfets affectés dans les circonscriptions qu'il a nouvellement créées.
Durant son séjour comme partout où il se rend, le président du FPI a expliqué qu'on ne peut pas rester cloîtré dans des bureaux climatisés d'Abidjan et prétendre qu'on veut ?uvrer pour des populations à qui on n'a jamais rendu la moindre visite.
Bédié a-t-il si bien compris la leçon du président du FPI qu'il veuille aujourd'hui se lancer au contact de la population ? C'est une ardeur qu'on ne lui connaît pas. Et passer des nuits dans la petite localité de Bocanda serait un cauchemar pour un homme comme le président du PDCI. C'est pourquoi il laisse la tâche de la tournée à Lambert Kouassi Konan, pour s'octroyer cette initiative qui lui a été arrachée de force. Le dimanche 25 février alors que M. Affi N'Guessan séjournait encore dans le département, le député Koissi Koissi Bruno a convoqué une réunion au siège du PDCI. Dans leur ensemble, les secrétaires de section lui ont demandé de dire à Bédié de venir lui même faire sa campagne car ils n'en peuvent plus d'être constamment humiliés par leur premier responsable.
Bédié a choisi donc la moindre tâche pour satisfaire à cette exigence, car c'est un homme politique qui a une curieuse phobie des foules.
Paul D. Tayoro
Après toute une vie passée au PDCI sans jamais vraiment faire de la politique, Henri Konan Bédié veut maintenant descendre dans l'arène. Il commence son tardif baptême du feu par un meeting dans la ville de Bocanda. Le président du PDCI animera ce meeting le jeudi 3 mai prochain, après que Lambert Kouassi Konan eut effectué, en son nom et à sa place, une tournée de cinq jours qui a démarré le 29 avril. Bédié vient donc tout simplement pour boucler la boucle en évitant de respirer la poussière et de transpirer sur les mauvaises routes de ce département présenté comme l'un des plus déshérités du pays.
Le plus intéressant, c'est que Bédié ne passera pas la moindre nuit dans la région qu'il aime, selon un journal de la place, à présenter comme son fief. Au demeurant, ses rapports avec le département de Bocanda ne sont faits que de faux bonds. On se souvient que, pendant son séjour au palais présidentiel, les populations ont ardemment souhaité le recevoir. Ce v?u n'a jamais rencontré l'assentiment du président Bédié. En 1999, le décès d'un des leurs, un préfet qui avait des liens d'amitié avec Bédié va leur donner l'occasion de réaliser leur v?u. Bédié viendra en personne pour assister aux obsèques de son ami. Les parents ont donc la promesse qu'ils pourront voir leur champion, manger et s'entretenir avec lui. Mais l'espoir tournera vite au drame. Bédié vient, effectivement, assister aux obsèques, mais, après l'enterrement, il monte dans son véhicule de commandement et quitte Bocanda pour s'en aller sans dire le moindre mot à la population et à ses chefs coutumiers. Alors que la foule, mobilisée, s'est déportée à la résidence du préfet pour la réception, Ce sont les gyrophares qui indiquent que le chef de l'Etat s'en va. Les cadres, qui ont provoqué ce rêve collectif, n'ont eu que leurs yeux pour pleurer.
Quelques jours après, les chefs écrivent, au nom de la population, pour demander une audience au chef de l'Etat d'alors aux fins de connaître les raisons de cette déconvenue et demander pardon au cas il lui reprocherait quelque chose au peuple de Bocanda. Le député d'alors, Kouadio Kouassi, sert d'intermédiaire. Il obtient l'audience pour les chefs coutumiers. A la date convenue, des chefs de tribu et de village embarquent dans trois cars de transport pour la résidence de Bédié, à Cocody. On les fera attendre au soleil dans la cour, de 10 h à 17 h. Finalement, un de ses hommes, originaire de Dimbokro, viendra leur dire que le président est désolé et qu'il ne peut les recevoir. Il leur tend alors une enveloppe de 300.000 FCFA. La honte le dispute à la colère. Dans le car qui les ramène à Bocanda, les chefs cachent leurs attributs. Quelques jours plus tard, c'est le coup d'Etat qui éloigne Bédié du pouvoir. Après les élections qui sont soldées par l'élection du président Gbagbo, Bédié revient de son exil. Les populations apprennent, par les mêmes cadres, qu'il va sillonner le pays baoulé afin de remercier les uns et les autres pour leur soutien. Les populations de Bocanda sont priées d'attendre le cortège de Bédié le long de la route pour l'acclamer. Mais, une fois encore, l'attente sera vaine.
A 12h30, l'on apprend que Bédié est venu à Bongouanou et est retourné à Daoukro. Il n'était pas question pour lui de se rendre à Bocanda.
Parvenu au pouvoir après les élections de 2000, Laurent Gbagbo ?uvre à mettre les richesses du pays au service de la population. Son programme présidentiel d'électrification permet à 32 villages du département de Bocanda de bénéficier de l'électricité. En 40 ans de pouvoir, le PDCI, qui a géré une période grasse et paisible, n'en a électrifié que 11. Ceci explique en partie la ferveur avec laquelle les populations ont reçu M. Affi N'Guessan, président du FPI, lors de sa tournée qui a duré du 18 février au 7 mars 2007. En deux semaines, il a visité plus de 60 villages du département et animé autant de meetings. Durant tout ce temps, Affi N'Guessan a vécu avec les villageois, auprès d'eux, pour un contact véritable dont ils se souviennent encore. Le séjour du président Gbagbo dans le village de Kouadioblékro, nouvelle sous-préfecture du département, pour la fête de Paquinou, le dimanche 8 avril, dernier n'a été que la cerise sur le gâteau. Il en a profité pour présenter les trois nouveaux sous préfets affectés dans les circonscriptions qu'il a nouvellement créées.
Durant son séjour comme partout où il se rend, le président du FPI a expliqué qu'on ne peut pas rester cloîtré dans des bureaux climatisés d'Abidjan et prétendre qu'on veut ?uvrer pour des populations à qui on n'a jamais rendu la moindre visite.
Bédié a-t-il si bien compris la leçon du président du FPI qu'il veuille aujourd'hui se lancer au contact de la population ? C'est une ardeur qu'on ne lui connaît pas. Et passer des nuits dans la petite localité de Bocanda serait un cauchemar pour un homme comme le président du PDCI. C'est pourquoi il laisse la tâche de la tournée à Lambert Kouassi Konan, pour s'octroyer cette initiative qui lui a été arrachée de force. Le dimanche 25 février alors que M. Affi N'Guessan séjournait encore dans le département, le député Koissi Koissi Bruno a convoqué une réunion au siège du PDCI. Dans leur ensemble, les secrétaires de section lui ont demandé de dire à Bédié de venir lui même faire sa campagne car ils n'en peuvent plus d'être constamment humiliés par leur premier responsable.
Bédié a choisi donc la moindre tâche pour satisfaire à cette exigence, car c'est un homme politique qui a une curieuse phobie des foules.
Paul D. Tayoro