Le processus de paix encore retardé
Il s'en est fallu de peu pour que le Premier ministre Soro passe de vie à trépas hier à son arrivée à Bouaké dans le cadre de l'installation de la Cour d'appel. Cet acte qui n'a encore livré tous ses secrets ressemble étrangement à un coup de poignard au processus de paix. Cahin caha, l'accord de Ouaga produisait ses premiers effets et l'espoir d'une sortie de crise pacifique devenait de plus en probable, même si une légitime impatience et suspicion faisait mettre la pression. Des actes symboliques dont le match Côte d'Ivoire-Madagascar brisaient à l'allure des gouttes d'eau sur du roc, les dernières résistances. C'est au moment où des actions concrètes et décisives comme l'identification, les audiences foraines et le désarmement devaient prendre corps que survient cet attentat. Il n'est donc pas besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre que le processus de paix prend de fait un coup dur. Et ceux qui voulaient par tous les moyens retarder l'irréversible marche vers la paix sont certainement aux anges. Des magistrats et des préfets interrogés juste après l'annonce de l'attaque de l'avion du Premier ministre sont unanimes. Encore sous le coup de l'émotion, ils affirment ne plus être prêts à se rendre dans une zone où l'ordre régalien est absent et où Soro est désormais en insécurité. Le redéploiement de l'administration et la libre circulation dans les zones ex-assiégées ( ?) peuvent attendre. Les extrémistes de Bouaké n'en veulent pas.
V.F
V.F