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Présidentielle : La Sagem a besoin d'une réelle volonté politique

Le Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD), par la voix de son porte-parole, Kahé Eric, a animé, hier en fin de matinée, une conférence de presse à son siège pour se féliciter de l'initiative du gouvernement qui, sur rapport de la Commission électorale indépendante (CEI), a, par décret pris par le Président de la République, fixé au 30 novembre 2008, le premier tour de la présidentielle. Le CNRD a apprécié à sa juste valeur toute la portée de cette décision alors que la réunification du pays n'est pas encore une réalité. Aussi veut-il espérer qu'avant le 30 novembre 2008, l'administration publique aura été complètement redéployée et le désarmement totalement achevé, aux fins de réaliser la réunification tant attendue du pays. Le CNRD veut se convaincre que cette décision marque la volonté du Premier ministre et de son gouvernement de sortir enfin le pays de la crise. Il a donc rappelé le Premier ministre à ses devoirs pour qu'à nouveau ne s'évanouisse cet espoir né de cette décision. Il l'a alors exhorté à établir avec son gouvernement un chronogramme précis, clair et rigoureux pour l'exécution de chacune des étapes devant conduire les Ivoiriens à la date du 30 novembre, donc au premier tour de la présidentielle. Ce chronogramme devra avoir une identité en précisant les procédures et les délais relatifs aux étapes importantes du processus. Le Congrès national de la résistance pour la démocratie, avec ses 28 organisations membres, a déjà mis le cap sur les élections. A cet effet, il invite les acteurs politiques sans exclusive à s'engager ave sincérité, pour apporter, sans hypocrisie, leur contribution à la tenue effective des élections à la date fixée, dans un climat de convivialité et de respect de la volonté du peuple, seul habilité à choisir ses gouvernants. Le porte-parole du CNRD s'est par la suite prêté avec perspicacité au jeu des échanges avec les journalistes. Concernant le vieux débat du désarmement avant ou après les élections, il a estimé que le gouvernement a choisi une toute autre approche. Mais avec pour finalité, la tenue des élections dans un environnement réellement apaisé et de confiance pour tous. Il reste persuadé que toutes les étapes exécutées dans un chronogramme scrupuleusement respecté, tous ceux qui sont en dehors de l'armée républicaine qui assure la défense du territoire national, tous ceux qui sont illicitement en armes ou qui l'ont été par un concours de circonstance ou pour le besoin de la cause, devront les déposer. Kahé Eric s'est même voulu sarcastique en affirmant qu'aucun citoyen du monde ne saurait accepter que des gens soient en armes au moment où se tiennent des élections. Dans quelles conditions de sécurité et de confiance les populations iraient-elles exercer leur devoir citoyen ? Cette disposition ne répond à aucune exigence morale si ce n'est préparer les conditions de la chientlit parce que l'on ne serait pas prêt à accepter le verdict des urnes. Il a en outre estimé que le CNRD ne peut préjuger de la capacité ou non de l'opérateur technique Sagem, mais que les Ivoiriens doivent arrêter de jouer à se faire peur. Sa formation et son expérience d'information le confortent dans l'idée que le délai de sept mois qui nous séparent du premier tour de la présidentielle est plus que suffisant. Car ce sont 32 semaines sur les 52 que compte une année civile. Toutefois, il recommande que Sagem travaille sur la base de données héritées de l'Institut national de la statistique et qu'une réelle volonté politique de tous les acteurs soutienne l'action de Sagem.



Franck A. Zagbayou

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