Cet artiste très adulé qui a eu un parcours atypique de batteur et d'animateur de plusieurs chanteurs de renom tels que Litha Bembo Lucas, Papa Wemba, Tshala Muana, Oliver N'goma, est aujourd'hui au devant de la scène. Double lauréat du trophée Kora en Afrique du sud, Awilo a cru en son étoile malgré tous les obstacles.
Tu n'es pas un nouveau venu dans la musique...
Depuis le berceau, je vivais dans l'ambiance de la rumba, mon père Vicky Logomba était l'un des précurseurs de la musique congolaise avec le Ok Jazz de Franco. Cette influence m'a poussé à ne pas aller à l'école. J'ai fabriqué moi-même ma première batterie avec des boites de tomates vides et des cartons usés. Au fur et à mesure, j'ai commencé à me faire remarquer par ma touche. Professionnellement j'ai démarré avec Litha Bembo Lucas qui m'a appris à parfaire mes touches à la batterie. Ensuite, le groupe Viva la Musica de Papa Wemba avec lequel j'ai fait une tournée euro-asiatique. En 1992, nous avons créé le groupe Nouvelle Génération qui a duré le temps d'un feu de paille.
Tu as donc fini par prendre ton destin en main ?
Oui, c'est avec toutes ces expériences que j'ai pris mon destin en main, en faisant une carrière solo. Moto Banpa, mon premier album, a eu un franc succès auprès des mélomanes et m'a permis d'avoir le prix kora en Afrique du sud. Le second album a eu aussi un prix kora. Avec cette notoriété, j'ai fait plusieurs concerts en Afrique et aux quatre coins du monde. Maintenant, je prépare mon prochain album qui s'intitule Superman, avec une coloration langoureuse et des rythmes dansants.
Tu composes dans une disposition particulière ?
(Rires) Je compose mes chansons et mes musiques en tout lieu et à tout moment. Mais, en général, j'écris mes meilleurs textes dans mes moments de solitude.
Avec le succès de tes albums, on peut dire que financièrement tu t'en sors bien ?
J'ai bien gagné ma vie au travers de ce succès phénoménal qui m'a propulsé au devant de la scène. Mais, vous savez, en Afrique, avec la grande famille, c'est pas évident. Il faut s'occuper de tout le monde.
Tu es satisfait de ton parcours ?
A mi-parcours, je crois être sur le bon chemin. Je dois donner le meilleur de moi-même pour satisfaire mon public tous les jours et à chaque production. Le plus dur reste d'assurer mes vieux jours. J'y veille sérieusement. Je vis modestement pour ne pas finir comme nos devanciers qui ont dû tendre la main pour avoir leur pain quotidien. Je ne voudrais pas cracher dans la soupe. Dieu merci, la musique m'a permis de sortir du ghetto.
Tu parles de Dieu. Quelles sont tes relations avec le Très Haut ?
Une relation très étroite. Mieux, je vais vous faire une confidence. Lors de la réalisation de mon premier album, j'ai vu la main de Dieu dans ma vie. Des artistes tels que Sam Fan Thomas, Tabuley Rocheraux, Oliver N'goma, Sam Mangouana devaient venir chanter sur mon album. A la dernière minute, ils ont fait défection. A plusieurs reprises, j'ai tenté de les joindre sur leurs téléphones, personne ne décrochait. Ne sachant plus quoi faire, j'ai pleuré comme un gamin. C'est à ce moment que le miracle s'est produit. J'ai fléchi le genou pour demander le soutien de Dieu. Sans savoir comment, j'ai pris la résolution de chanter, et le résultat est là. Un trophée Kora en Afrique du sud. Je rends gloire à toute la puissance de Dieu. Je profite de votre Magazine pour remercier les nombreux fans qui m'ont accepté dans leurs c?urs et continuent de m'encourager au travers des messages, par des apports financiers. Je rends un hommage posthume à un chanteur émérite, Dindo Yogo qui m'a apporté son soutien pour la réalisation de mon premier album.
N'êtes-vous pas tenté par l'expérience de la Word Music ?
Je reste fidèle à mon rythme qui continue de plaire à mes fans, et je crois fermement que la musique made in Africa peut se faire une place au soleil. Il faut y croire.
J'encourage les artistes africains à persévérer dans leur choix. Seul le travail et l'abnégation paient.
C'est un charmeur doublé d'un fin séducteur. Aujourd'hui, c'est sa relation avec la chanteuse Barbara Kanam qui défraie la chronique. Il ne s'en cache désormais plus et s'en explique.
Dans le milieu black à Paris, on te présente comme un tombeur ?
Oh ! Tu sais, ce sont des méchancetés des personnes de mauvaise foi. Sinon, je mène ma barque comme tout le monde en faisant moins de gaffes. Mais ça dépend. Dans une relation, je n'aime pas l'hypocrisie et la foutaise. Quand c'est le cas, je pars sans histoire. J'ai beaucoup de respect pour les femmes, voilà pourquoi dans une relation, je suis très exigeant avec ma compagne. Je n'aime pas être cocufié.
Et si c'était le cas, que ferais tu ?
(En colère !!!!) Je la tue Non, je rigole. Mais en fait, je ne souhaite pas une telle humiliation de la part de celle que je vais aimer de tout mon être. Que Dieu m'épargne cette souffrance morale, car malgré ma carrure de caïd, je suis fragile.
Es-tu un c?ur à prendre ?
Awilo Logomba vit actuellement une belle page de sa vie avec une charmante femme qui est la chanteuse Barbara Kanam.
J'espère être à la hauteur de son amour et de sa confiance. Donc mon c?ur est pris. Mais par contre, il y a de la place pour mes nombreux fans que j'embrasse tendrement.
Tu es quelqu'un de très excité. Tu te drogues ?
Je ne fume pas la drogue et je ne consomme pas d'alcool à table. Sinon, pour mieux comprendre mon comportement, il faut se référer à mon enfance. J'ai grandi dans un ghetto où il faut cravacher dur pour assurer sa pitance. La vie ne m'a pas fait de cadeau, et j'ai dû travailler d'arrache-pied pour me faire une place au soleil.