Motus:Réveil
En juillet 2003, les Généraux Mathias Doué, des FANCI et Bakayoko Soumaila des Forces Nouvelles, avaient remis symboliquement des armes au Chef de l'Etat, pour déclarer de façon solennelle, la fin des hostilités entre les deux parties en conflit depuis le 19 septembre 2002. Face à un tel engagement, Laurent Gbagbo avait ruiné les espoirs des Ivoiriens, en des termes à couper le souffle : la déclaration de fin de guerre des militaires n'est celle de la fin de la guerre en Côte d'Ivoire . Ce n'était pas des paroles en l'air. Au détriment de la paix, Laurent Gbagbo a lancé l'opération dignité ou vastes bombardements contre le territoire des Forces Nouvelles. On sait les incidences de ces attaques sur le processus de sortie de crise. Trois années après ces évènements, le Chef de l'Etat tient un autre son de cloche. Avant- hier à Tiébissou, en compagnie du Premier Ministre Guillaume Soro, Gbagbo a pris la nation à témoin : la guerre est finie . On peut donc supprimer la zone de confiance. Les blancs qui sont venus mettre un terme à notre palabre, peuvent bien retourner chez eux. Leur présence n'est plus utile, puisque sans contrainte, les deux principaux belligérants ont de voir désormais comme des partenaires et de co-gérer le pays. La galaxie patriotique, naguère très bavarde et beaucoup active, a décidé de fumer le calumet de la paix avec les assaillants et les rebelles . Tous les extrémistes des deux bords ont choisi de quitter le ring et l'arène. La paix est devenue notre nouvel opium . La révolution est donc totale. Nous pouvons crier à tout rompre : la paix est là, vive la paix . Cependant, il ne faut pas vite pavoiser. La confiance renouvelée à longueur de journée, ne doit nullement exclure la prudence. La révolution a été tellement brusque et inattendue que beaucoup de nos compatriotes refusent d'y croire. Ils n'ont peut- être pas tort, même si ils ont droit à être interpellés. Si tant est que la classe politique se bat pour le bonheur du peuple, ce dernier se doit de reconnaître sa mission et de la remplir pleinement . Au lieu de regarder les choses aller au pire, les deux pieds dans la rivière , les Ivoiriens doivent jouer leur partition et cesser d'être des instruments aux mains de dirigeants qui nous conduisent sans cesse vers des aventures sans lendemain. Pour sûr, le conflit fratricide que nous vivons doit véritablement sonner le réveil d'un peuple qui s'est toujours comporté comme vendredi , le personnage sans contenance et sans dignité de la romancière Axelle Kabou.
Bakary Nimaga
Bakary Nimaga