Ce qui a manqué
Toute la République était le lundi dernier à Bouaké pour prendre part à ce qu'il est désormais convenu d'appeler la flamme de la paix. Le Chef de l'Etat Laurent Gbagbo, les Présidents Blaise Compaoré du Burkina, Thabo Mbeki de l'Afrique du Sud, Amadou Toumani Touré du Mali, Nino Viera de la Guinée Bissau, Faure Gnassingbé du Togo, Yayi Boni du Benin, le Premier ministre Seiny Oumarou du Niger, le 1er vice-président de l'Assemblée nationale de l'Angola, les ministres des Affaires étrangères du Ghana et du Sénégal, le Premier Ministre Soro Guillaume lui-même, tout le Gouvernement ivoirien, les Ambassadeurs accrédités en Côte d'Ivoire, toute la représentation du système des Nations Unies en Côte d'Ivoire, les pays et institutions amis de la Côte d'Ivoire étaient à ce rendez-vous de la paix. Reste maintenant aux Ivoiriens de démontrer dans leurs actes de tous les jours leur sincérité et leur détermination. En attendant, la fête de Bouaké serait complète si le Chef de l'Etat avait poussé le courage jusqu'au bout.
Initialement prévue pour le 05 juillet 2007, la flamme de la paix a dû être reportée, suite à l'attentat contre l'avion du Premier Ministre Soro Guillaume le 29 juin dernier. Un mois jour pour jour après, la flamme a eu effectivement lieu le 30 juillet. Comme l'avaient promis le Chef de l'Etat et le Premier Ministre qui rappelaient leur détermination à aller à la paix. " Le processus se poursuit et rien ne nous arrêtera ", avaient-ils dit. C'est ainsi que le lendemain même de l'attentat, le Premier Ministre a procédé à l'installation des magistrats, comme prévu. Pour la flamme de la paix, il fallait décaler un peu, en attendant que la sécurité soit maîtrisée dans tous ses paramètres et que la confiance soit rétablie entre les parties. Depuis, il y a eu un ballet incessant des sécurocrates des deux camps entre Bouaké et Abidjan. En fixant la flamme de la paix au lundi 30 juillet, les commis à la sécurité et à l'organisation ont plus qu'exprimé qu'à cette date, la confiance et la sécurité seraient totales. C'est pourquoi, on attendait le Président Gbagbo à Bouaké depuis la veille de la cérémonie, soit depuis le dimanche 29 juillet. Mais le Président n'est pas venu. Il a passé la nuit à Yamoussoukro et est arrivé à Bouaké le 30 juillet avec ses hôtes par la route pour en repartir par avion. Aussitôt la flamme faite. Les populations qui attendaient de communier avec le Chef de l'Etat, qui attendaient de le voir faire le tour de Bouaké, se sont retrouvées le bec dans l'eau. Le prétexte du retour précipité de Président Gbagbo est la sortie de la promotion dite Thabo Mbeki de l'école des officiers actifs des FANCIde Bouaké délocalisée à Zambakro. Les interprétations de ce séjour en flash de Laurent Gbagbo à Bouaké sont diverses. Si certains font l'effort de comprendre l'impératif du calendrier de Gbagbo et de ses homologues hôtes, pour beaucoup, l'acte relève plutôt de la méfiance. " Le Président n'a pas encore confiance en ceux qui sont à Bouaké. Malgré toutes les dispositions sécuritaires S'il ne nous fait pas totalement confiance, comment veut-il que tout le monde ait totalement confiance en lui ? " s'est interrogé hier un officier des FAFN en poste au Secrétariat général des Forces nouvelles. De fait, les gens se demandent si la flamme de la paix d'hier n'est pas de la simple formalité ou une opération politicienne de charme. "Nous y sommes allés de toute notre bonne foi. Si le Président Gbagbo prend cela comme un jeu politicien pour en faire une récupération à titre personnel, on verra et on avisera", a insisté notre interlocuteur. Mais au vu de ce qui s'est passé à Bouaké, on peut dire que le risque de voir les signataires de Ouagadougou échouer est minime. Toutefois, il faut espérer que la politique politicienne ne vienne tout remettre en cause. C'est un défi que le Président Gbagbo et le Premier Ministre Soro se sont presque lancé. Au stade de Bouaké, le Premier Ministre, s'adressant au Chef de l'Etat, a dit : "Monsieur le Président, vous avez la lourde responsabilité de transformer cette paix en une paix durablecar il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour se battre, il y a un temps pour faire la paix, il y a un temps pour détruire, il y a un temps pour construire" A son tour de parole, Gbagbo, s'adressant directement à Soro, a dit : "Il faut que nous achevions ce que nous avons commencé" Au total, la journée du 30 juillet devrait marquer la renaissance de la Côte d'Ivoire, si au-delà des professions de foi, et après les clameurs, les deux signataires de Ouagadougou y mettent de la volonté et de la sincérité.
Eddy PEHE
Envoyé spécial à Bouaké
Initialement prévue pour le 05 juillet 2007, la flamme de la paix a dû être reportée, suite à l'attentat contre l'avion du Premier Ministre Soro Guillaume le 29 juin dernier. Un mois jour pour jour après, la flamme a eu effectivement lieu le 30 juillet. Comme l'avaient promis le Chef de l'Etat et le Premier Ministre qui rappelaient leur détermination à aller à la paix. " Le processus se poursuit et rien ne nous arrêtera ", avaient-ils dit. C'est ainsi que le lendemain même de l'attentat, le Premier Ministre a procédé à l'installation des magistrats, comme prévu. Pour la flamme de la paix, il fallait décaler un peu, en attendant que la sécurité soit maîtrisée dans tous ses paramètres et que la confiance soit rétablie entre les parties. Depuis, il y a eu un ballet incessant des sécurocrates des deux camps entre Bouaké et Abidjan. En fixant la flamme de la paix au lundi 30 juillet, les commis à la sécurité et à l'organisation ont plus qu'exprimé qu'à cette date, la confiance et la sécurité seraient totales. C'est pourquoi, on attendait le Président Gbagbo à Bouaké depuis la veille de la cérémonie, soit depuis le dimanche 29 juillet. Mais le Président n'est pas venu. Il a passé la nuit à Yamoussoukro et est arrivé à Bouaké le 30 juillet avec ses hôtes par la route pour en repartir par avion. Aussitôt la flamme faite. Les populations qui attendaient de communier avec le Chef de l'Etat, qui attendaient de le voir faire le tour de Bouaké, se sont retrouvées le bec dans l'eau. Le prétexte du retour précipité de Président Gbagbo est la sortie de la promotion dite Thabo Mbeki de l'école des officiers actifs des FANCIde Bouaké délocalisée à Zambakro. Les interprétations de ce séjour en flash de Laurent Gbagbo à Bouaké sont diverses. Si certains font l'effort de comprendre l'impératif du calendrier de Gbagbo et de ses homologues hôtes, pour beaucoup, l'acte relève plutôt de la méfiance. " Le Président n'a pas encore confiance en ceux qui sont à Bouaké. Malgré toutes les dispositions sécuritaires S'il ne nous fait pas totalement confiance, comment veut-il que tout le monde ait totalement confiance en lui ? " s'est interrogé hier un officier des FAFN en poste au Secrétariat général des Forces nouvelles. De fait, les gens se demandent si la flamme de la paix d'hier n'est pas de la simple formalité ou une opération politicienne de charme. "Nous y sommes allés de toute notre bonne foi. Si le Président Gbagbo prend cela comme un jeu politicien pour en faire une récupération à titre personnel, on verra et on avisera", a insisté notre interlocuteur. Mais au vu de ce qui s'est passé à Bouaké, on peut dire que le risque de voir les signataires de Ouagadougou échouer est minime. Toutefois, il faut espérer que la politique politicienne ne vienne tout remettre en cause. C'est un défi que le Président Gbagbo et le Premier Ministre Soro se sont presque lancé. Au stade de Bouaké, le Premier Ministre, s'adressant au Chef de l'Etat, a dit : "Monsieur le Président, vous avez la lourde responsabilité de transformer cette paix en une paix durablecar il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour se battre, il y a un temps pour faire la paix, il y a un temps pour détruire, il y a un temps pour construire" A son tour de parole, Gbagbo, s'adressant directement à Soro, a dit : "Il faut que nous achevions ce que nous avons commencé" Au total, la journée du 30 juillet devrait marquer la renaissance de la Côte d'Ivoire, si au-delà des professions de foi, et après les clameurs, les deux signataires de Ouagadougou y mettent de la volonté et de la sincérité.
Eddy PEHE
Envoyé spécial à Bouaké