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Interview - Processus de paix - Djandjé Diakité, SG du COPIGA - "L`accord de Ouaga est la clé de la réconciliation"

Des Ivoiriens de la diaspora au Gabon sont à Abidjan pour participer, à leur façon, au processus de paix. Le plomb, attentat du 29 juin dernier, que vient de prendre dans l'aile ledit processus ne devrait pas, selon eux, arrêter les signataires de l'accord de Ouagadougou. Le porte-parole de ces Ivoiriens du Gabon nous révèle ici l'action qu'ils prévoient en faveur de ces artisans de la paix.

M. Djandjé Diakité, vous êtes le secrétaire général, porte-parole du Collectif des patriotes ivoiriens du Gabon (COPIGA), qu'est-ce qui a motivé la création d'un tel mouvement et comment est-il organisé ?
Le Collectif a été créé au lendemain de la guerre du 19 septembre 2002. Nous avons pensé que tout citoyen a le pouvoir et le devoir de défendre son pays à tout moment, quelles que soient les circonstances. Vivant à l'étranger, nous avons également pensé que nous pouvions nous rassembler autour de notre patrie en proie à des difficultés, en vue de défendre ses intérêts.

Comment avez-vous donc vécu les péripéties de cette crise depuis le Gabon ?
Les patriotes ont déploré la situation. On a été désagréablement surpris par ce coup d'Etat du 19 septembre 2002 que nous avons tous condamné du reste. Nous avons eu du mal à admettre qu'une telle situation s'est abattue sur notre pays en dépit de sa stabilité qui se renforçait. Mais nous avons vécu au même niveau d'information que nos compatriotes. Ce qui a d'ailleurs renforcé notre solidarité, vu que nous échangions régulièrement des informations sur l'évolution de la crise.

La crise tire à sa fin, un accord a été signé dans lequel les Ivoiriens placent leur espoir, quelles sont les attentes du COPIGA ?
Il faut dire que lorsque les négociations ont débuté, certains de nos compatriotes n'y croyaient pas. Mais quand nous avons constaté que les discussions avançaient et que les questions de fond, laissées de côté par les précédents accords qui se sont d'ailleurs avérés inefficaces, étaient abordées, nous avons repris confiance. Toutefois, une inquiétude était que des blocages ne perturbent la quiétude des négociateurs. Finalement nous avons fêté la signature de l'accord signé le 4 mars, nous avons mené une action de soutien à l'ambassade de notre pays. C'était le 24 avril dernier, où nous avons publiquement salué la sagesse du président de la république de Côte d'Ivoire grâce à qui on est arrivé là. L'accord de Ouaga est la clé de la réconciliation nationale, il constitue pour nous un espoir dans la mesure où cet accord résout les problèmes de fond de la crise. A preuve, les choses avancent dans le bon sens depuis sa signature. Outre les échanges de prisonniers, on a une stabilité sociale même si elle est relative, jeunes patriotes et des forces nouvelles se sont réconciliés etc. Toutes ces actions sont à saluer, c'est pourquoi nous invitons les Ivoiriens à continuer de soutenir l'accord de Ouaga quoi qu'il advienne.

Envisagez-vous d'autres actions pour la promotion de l'accord de Ouaga ?
Une délégation du COPIGA est Abidjan, elle est conduite par le président Gouaméné Alfonse. Nous avons décidé d'honorer les signataires de l'accord de l'Ouaga en leur décernant des trophées. Notamment le chef de l'Etat, le Premier ministre, le président de la l'Assemblée nationale M. Mamadou Koulibaly, le président du Conseil économique et social, M. Laurent Dona Fologo, le ministre de la Réconciliation nationale, chargé des relations avec les institutions M. Sébastien Dano Djédjé et le président de l'Alliance des jeunes patriotes pour le sursaut national, M. Charles Blé Goudé. Nous avons désigné ces personnalités à l'issue de travaux en commissions. Le Président Laurent Gbagbo démocratiquement élu, mais attaqué et humilié, a tenu à aller à la paix. Son humilité et son souci constant pour la cohésion sociale sont à saluer. Car, il n'a pas pensé à son seul intérêt en allant tendre la main à Soro Guillaume. Le président mérite d'être remercié par son peuple. De même Soro Guillaume ne démérite pas, lui qui n'a pas cédé aux pressions qu'il a dû subir avant la signature de l'accord de paix. C'est donc grâce à sa ferme décision en faveur de son pays que la Côte d'Ivoire connaît la cohabitation politique, le redéploiement de l'Administration etc. Nous disons que le processus de paix avance lentement mais sûrement.

Quand prévoyez-vous organiser cette cérémonie hommage?
Notre manifestation de remise de trophées aux artisans de la paix est prévue pour la mardi 17 juillet prochain, donc demain, à partir de 15 h à l'hôtel Ivoire. C'est la première édition, la seconde se tiendra entre le 18 et le 20 septembre prochain, toujours à Abidjan. Cette fois, nous allons primer la Première Dame et d'autres femmes qui ont soutenu la république. Mme Simone Ehivet Gbagbo a été, et reste, un soutien majeur aux Ivoiriens. Nous l'avons vu mener sans relâche un combat à l'Assemblée nationale pour la souveraineté de son pays. Bien plus, elle a apporté un soutien psychologique au président Laurent Gbagbo. Or, dans d'autres pays, on a vu des chefs d'Etat fuir devant l'adversité. Cela n'a pas été le cas pour la Côte d'Ivoire.

Quel est votre message par rapport à l'accord de paix et à l'action que vous envisagée pour soutenir les artisans de la paix ?
Je voudrais demander aux Ivoiriens et non Ivoiriens résidant en Côte d'Ivoire de continuer à soutenir l'accord et ses signataires. Car, sans paix aucun développement n'est possible. Et soutenir le COPIGA, c'est soutenir la paix. Nous demandons à tous nos compatriotes d'effectuer nombreux le déplacement pour encore une fois témoigner reconnaissance au chef de l'Etat et au premier ministre et, bien entendu, aux autres acteurs de la résistance.

Interview réalisée par
Bidi Ignace

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