Pourquoi maintenant
Tchimou va casser la baraque. La sortie du Procureur de la République sur l'affaire Guy-André Kieffer avait été annoncée en grande pompe ces derniers jours. Et depuis hier vendredi, Raymond Tchimou accuse quatre hommes d'affaire français d'être à l'origine de la disparition de leur compatriote, le journaliste Guy-André Kieffer. L'inculpation de Eric Latham, Stéphane de Vaucelles, Aron Brunetière, Robert Dulas, comme auteurs ou complices de l'enlèvement, de la séquestration ou de l'assassinat de Kieffer, s'impose nécessairement dans le cadre de la manifestation de la vérité, a affirmé hier à son cabinet le Procureur Tchimou. Avec ces éléments d'informations, fondés ou pas, en tout cas on dira que la justice ivoirienne se réveille enfin, après plus de quatre bonnes années. Et le hic, c'est qu'on ne finit pas de s'interroger sur l'opportunité de cette sortie du Procureur de la République. En effet, si tel est que la justice ivoirienne dispose d'éléments aussi précis sur l'affaire Kieffer, pourquoi attendre donc maintenant pour les rendre public? Ces informations de Tchimou, comme une réponse du berger à la bergère, à la justice française, sonnent plutôt comme une volonté de noyer le juge Patrick Ramaël. Car, le juge français avait convoqué, le jeudi 10 juillet dernier, Mme Simone Gbagbo et Paul Antoine Bohoun Bouabré. Cités à plusieurs reprises et par plusieurs témoins dans cette affaire, la Première dame et l'ancien ministre de l'Economie et des Finances, ont préféré ne pas répondre à cette convocation. Le Procureur Tchimou doit donc justifier cette défiance à la Justice française.
DS
DS