Le ministre Kouassi Adjoumani à Gbagbo : Que Gbagbo sache que dans l`armée, chacun a un parent
Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, on le sait, n'a pas sa langue dans sa poche. Nous l'avons rencontré après le conclave de Grand Bassam. Il dit tout sur sa nouvelle stratégie de communication avec les militants, mais surtout de ce que son parti doit faire pour empêcher Gbagbo de reporter cette fois-ci les élections de mars. Interview.
Monsieur le ministre Adjoumani, depuis quelque temps, vous envoyez des contributions au journal " le Nouveau Réveil " est ce à dire que le ministre Adjoumani a abandonné les meetings pour les écrits dans les journaux ?
C'est vrai, vous me lisez dans " le Nouveau Réveil " depuis quelque temps. D'aucuns pourraient penser que je suis devenu journaliste. Même si j'ai eu un diplôme en communication .L'objectif que je vise en produisant des écrits c'est de contribuer, à ma façon, à la victoire de notre candidat, le président Aimé Henri Konan Bédié. Mais, c'est surtout de dénoncer les attitudes de certains militants qui, pour des problèmes de ventre, ont tourné le dos au parti de Félix Houphouët Boigny, le pdci rda, pour le camp de Gbagbo Laurent et qui passent leur temps à insulter le président Bédié et les ?uvres du fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. Il y a trop d'intoxications. Ces gens disent n'importe quoi sur le compte du Pdci-Rda est de ses leaders. J'estime qu'en tant qu'intellectuels, nous devons chaque fois opposer à ces intoxications une réaction vive de nature à contredire tous ceux qui ?uvrent pour déstabiliser le pdci. J'ai commencé par Fologo parce que ce Monsieur ayant dirigé le Pdci-Rda jusqu'au plus haut niveau et ayant eu tout de ce parti gagnerait à se taire même s'il estime qu'il n'y a plus à manger au sein dudit parti. Il devrait faire preuve de grandeur d'esprit et défendre son nouveau maître plutôt que d'insulter l'?uvre d'Houphouët Boigny et le Président Bédié qui ont tout fait pour lui. Quand Fologo se permet de dire "J'ai des secrets, je vais les révéler au moment des élections ", je dis c'est pitoyable d'abord pour lui et ensuite pour tous ceux qui le suivent et qui ne peuvent pas lui donner des conseils. Aujourd'hui, il a la possibilité, peut-être, avec les grands moyens, de dire ce qu'il veut mais il oublie que là où il est, il détient aussi des secrets et les gens sont persuadés que demain il va livrer ses mêmes secrets.
Cela vous fait-il peur ?
Non, pas du tout. Le secret que Fologo détient du Pdci-Rda, c'est qu'il n'a jamais accepté la démocratie et l'effort. L'homme a toujours été pour la facilité pour avoir un poste. La preuve est là aujourd'hui. A peine le Pdci perd-il le pouvoir par les armes que Fologo change, sans se soucier, de camp parce qu'il ne peut pas vivre l'enfer que Gbagbo mène à l'opposition. Retenez cette image. Il y a deux écoles au Pdci. Du vivant du père fondateur, il y a ceux qui ont appris à se battre pour maintenir le champ créé par le président Houphouet. C'est l'école des Bédié. Puis il y a eu ceux qui n'ont rien fait pour entretenir le champ puisque le père est là pour leur donner tout. Dès lors que le père meurt, ils sont désemparés parce qu'ils n'ont rien appris de leurs dix doigts. C'est l'école des Fologo. Donc aujourd'hui, pour vivre, ils sont obligés de s'accrocher à Gbagbo qui a le pouvoir d'Etat. Un homme comme celui-là, n'est ni crédible aux yeux des Ivoiriens ni même de ceux qu'il sert aujourd'hui. Donc dans mon entendement, il fallait dénoncer son comportement. C'est pourquoi, j'ai posé la question de savoir s'il était un vrai senoufo ? Parce qu'un vrai senoufo, c'est quelqu'un qui a la notion de l'éthique. Ces renégats partis du pdci pensent que l'occasion est belle pour eux, puisqu'ils disposent de beaucoup de moyens chez les autres, de chaque fois, dire n'importe quoi sur le compte du pdci. J'ai décidé donc de rendre compte de ce que je sais et de faire une analyse approfondie des attitudes négatives de ces personnes.
Le dernier CPC a prévu l'organisation des prochaines élections présidentielles pour le mois de mars. Croyez-vous que cette fois sera la bonne ?
Je viens de sortir un document sur une réunion secrète qui a été tenue par les refondateurs. Ils ne veulent même pas aller aux élections. Gbagbo, lui, déclarait au sortir de la réunion de Ouagadougou, à la télévision, que son souhait était que les élections se tiennent en août. Mais que les opposants ont voulu précipiter les choses en proposant le mois de mars, nous allons voir. Quand il parle ainsi, c'est qu'il est convaincu qu'il n'y aura pas d'élection. C'est ça qui doit être notre combat. Car si chaque fois, Gbagbo doit dire tant qu'il ne donne pas son verdict final pour qu'il y ait des élections, les élections n'auront pas lieu à un moment donné, les Ivoiriens vont se lasser et ils vont penser que le seul qui existe en Côte d'Ivoire, c'est Gbagbo.
Est-ce que l'opposition n'est pas victime de ses choix et de ses stratégies face à l'attitude de Gbagbo qui reporte à souhait les élections ?
Nous ne sommes pas victimes de nos choix. Vous savez, le Pdci-Rda est un parti qui n'est pas né dans la violence, c'est un parti de paix et de progrès. Chaque fois que nous posons des actes, c'est dans cette lignée que Houphouët nous a tracée. C'est-à-dire faire en sorte que la paix soit de mise en Côte d'Ivoire, c'est cela qui nous guide.
N'est-ce pas ce qui fait dire à Gbagbo qu'il n'y a pas d'opposition en Côte d'Ivoire ?
Gbagbo a raison de dire qu'il n'y a pas d'opposants en Côte d'Ivoire. Pour lui, l'opposition actuelle doit agir comme il le faisait quand lui était dans l'opposition. Parce que quand il était opposant, il brûlait tout sur son passage. Il organisait de façon intempestive des marches pour bloquer l'activité économique. Des marches qui se terminaient souvent par des casses. On a même encouragé des étudiants à assassiner d'autres étudiants. Les syndicats des travailleurs étaient inféodés. Aujourd'hui, voilà ce que Gbagbo, arrivé de façon calamiteuse au pouvoir, veut voir de ses opposants. Quand Gbagbo soutient que tous les partis sont au gouvernement, pour cela il n'y pas d'opposition, nous disons qu'il a tort. A un moment donné de l'histoire d'un pays, le parti au pouvoir peut accepter de travailler avec l'opposition dans un même gouvernement. Les exemples foisonnent dans le monde. Où le parti au pouvoir a cohabité avec l'opposition dans un même gouvernement. En France, François Mitterrand, socialiste, a eu à cohabitater avec la droite. Le parti de Chirac et celui de Jospin ont cohabité. Est-ce pour cela qu'il n'y avait pas d'opposition ? Sous Bédié, certains partis (ndlr le Pit et l'Usd) ont accepté de travailler avec le pouvoir Pdci. Est-ce à dire que ces partis ne faisaient pas partie de l'opposition ? Lui-même Gbagbo, arrivé au pouvoir, a choisi l'entrée au gouvernement Affi des partis autres que le fpi. Est-ce à dire que l'opposition n'existait pas ? Mais rien ne nous surprend. Le langage populiste de Gbagbo Laurent, nous savons où il nous a conduit, aujourd'hui. C'est pourquoi nous disons, dès lors que lui-même nous interpelle, il y a lieu qu'à un moment donné, on réfléchisse sur notre manière de nous conduire, nous partis d'opposition, face à Gbagbo.
Mais, est-ce que c'est la bonne manière ?
Justement, ce n'est pas la bonne manière. Mais il y a lieu qu'à un moment donné, on réfléchisse. Parce que si nous n'appliquons pas l'opposition telle que le souhaite Gbagbo, la Côte d'ivoire finira par disparaitre dans les mains d'apprentis sorciers qui ont pour seul souci de s'enrichir sur le dos des Ivoiriens et de faire souffrir nos populations.
A ce niveau, les Ivoiriens s'interrogent. Chaque fois, vous faites des déclarations, Gbagbo ne sera pas là, mais il y est. Ce n'est pas un manque de stratégies et de méthodes qui vous fait défaut ?
Les opposants, contrairement à ce que l'opinion pense, ont beaucoup fait pour amener Gbagbo à changer certains de ses plans. Malheureusement, il se trouve que les Ivoiriens pensent que ce sont les opposants qui doivent se soulever. Non. Le peuple ivoirien doit prendre conscience de ce qu'il est brimé et que s'il n'y a pas d'élection, c'est son avenir qui est bouché.
Il y a une limite à tout. La preuve, à un moment donné, Blé Goudé et les patriotes avaient voulu bloquer le processus d'audience foraine qui avait été mis en place par le gouvernement. La réaction des jeunes de l'opposition a amené Blé Goudé à négocier avec eux pour sauver ses camarades. Nos jeunes ont posé des actes à se faire respecter .Je crois que c'est ce qui va se passer parce que Gbagbo n'a pas le monopole de la vérité ni le monopole de la violence. Il a certes les forces armées avec lui. Mais qu'il se dise que dans les forces armées, chacun a son parent et à un moment donné quand il va dire aux forces armées de tirer sur le peuple, chacun va réfléchir deux fois et dire moi aussi mes parents sont de l'autre côté. Croyez- moi, les choses ne vont plus durer, cette année 2010.Gbagbo acceptera d'organiser les élections en mars. Gbagbo est conscient que s'il manifeste le refus d'aller aux élections et qu'il s'engage à les reporter à nouveau, non seulement il va subir le courroux du peuple mais il y a une sanction divine qui va être perpétrée.
En d'autres termes, vous croyez aux élections en mars ?
Moi, je crois que les élections auront lieu en mars.
A ce niveau, comment vous entendez gagner ces élections ?
Le directeur national de campagne nous a convoqués à Bassam, nous étions à un conclave. Je ne vais pas donner le contenu de la rencontre, mais nous sommes sortis de la salle plus que jamais galvanisés, plus que jamais convaincus que la victoire n'est pas loin pour le Pdci-Rda. Et c'est pour cela que nous devons nous engager à faire en sorte qu'il y ait des élections.
N'avez-vous pas peur des moyens du camp présidentiel ?
On se connait dans ce pays. Quand Gbagbo arrivait au pouvoir, il n'avait pas d'argent .Si aujourd'hui, il distribue beaucoup d'argent, les Ivoiriens doivent comprendre que cet argent n'est pas le fruit de son travail. C'est l'argent du contribuable qu'il distribue .C'est vrai qu'il peut acheter des cadres. C'est pour cela que nous disons à nos parents qui sont au village et dans les villes qu'ils doivent comprendre que Gbagbo n'a pas de plantation de cacao ni de café. Il n'a pas mis en place des structures industrielles au point d'engranger de grosses sommes d'argent. Nous leur disons que c'est leur argent, si on leur donne, qu'ils bouffent parce que Gbagbo est en train de rembourser sa dette .Donc nous devons comprendre aujourd'hui que le président Gbagbo a les moyens, il a toutes sortes de moyens pour faire sa campagne ; il a la possibilité d'acheter des gens qui n'ont pas de foi et qui ne sont régis par aucune loi. Mais il ne peut pas acheter le peuple ivoirien dont il se proclame candidat.
Monsieur le ministre, le président de fpi était à Tanda récemment. Il a déclaré que son candidat Gbagbo a déjà gagné les élections, quel commentaire ?
Les militants qui étaient au stade n'étaient pas des militants du fpi de Tanda. C'était leurs militants de la région de Bondoukou, Bouna, Nassian, Koun Fao, Transua, Assuefry jusqu'à Kouassi Datékro et une partie d'Agnibilékrou .C'est aussi là que les gens font croire au fpi qu'ils sont majoritaires .Donc Affi N'guessan ayant vu ces gens assis sous les bâches pense que ces hommes à Tanda ont réalisé un exploit. Alors qu'en réalité, le vingtième du rassemblement qu'il y a eu, n'est même pas de Tanda. Ils n'ont qu'à comparer ce qu'ils ont présenté à Tanda avec le rassemblement qu'il y a eu quand le président Bédié était là. Mais si cela peut entretenir leur moral, c'est tant mieux.
Au cours de cette rencontre, un de vos frères en la personne de Kirikouao Rigobert a déclaré que le prince d'Amanvi est militant fpi .Qu'est-ce que vous en dites en tant que fils de ce village ?
Je crois que Rigobert est un déséquilibré politique. Il aime manger à tous les râtelets. Ne soyez pas surpris si par extraordinaire le RDR vient au pouvoir, il va aller au RDR. C'est comme cela il est .Donc moi il m'a chaque fois attaqué dans les journaux. Je n'ai jamais réagi mais qu'il sache que le chef de village d'Amanvi est un prince ; il s'appelle Koffi Fofié, c'est mon oncle, il est différent de Koffi Kra dont il a parlé dans le journalIls ont même dit dans " Notre Voie "dans un petit encadré que j'ai fait le tour des villages pour demander aux populations d'envoyer une délégation de dix personnes parce que Affi N'guessan vient. Ce n'est pas dans une grande salle que la réunion va avoir lieu, s'ils viennent nombreux ils ne pourront pas contenir dans la salle. Moi, si j'ai des moyens pour tourner je vais tourner, pour parler du pdci-Rda et tourner pour dire aux populations que Affi N'guessan arrive à Tanda venez l'écoute. Comme ils veulent montrer aux yeux du monde qu'Adjoumani ne représente rien chez lui alors ils inventent toutes sortes de mensonges.
Monsieur le ministre, la dernière question, vous êtes dans une alliance avec le Rdr, le Mfa, l'Udpci, concrètement qu'est-ce que vous attendez de cette alliance pour la campagne à venir ?
A ces élections, nous demandons qu'au sein du rhdp, il y ait une campagne civilisée pour nous permettre de parler le même langage. Pour le moment, le travail se fait de façon courtoise sur le terrain .Car quand le premier ministre Alassane Ouattara va sur le terrain, il accepte de nous saluer et même de prendre le déjeuner chez les militants du pdci. Quand le président Bédié va dans certaines localités où il y a des militants du rdr et des autres partis, ils ont toujours été présents et quand le maire est rdr et que le président Bédié anime un meeting, il prend la parole pour lui souhaiter la bienvenue et vice versa. Nous lançons un appel à l'endroit de tous les militants du rhdp d'être ensemble et de rester toujours soudés pour le contrôle des bureaux.
Entretien réalisé par JOEL ABALO
Monsieur le ministre Adjoumani, depuis quelque temps, vous envoyez des contributions au journal " le Nouveau Réveil " est ce à dire que le ministre Adjoumani a abandonné les meetings pour les écrits dans les journaux ?
C'est vrai, vous me lisez dans " le Nouveau Réveil " depuis quelque temps. D'aucuns pourraient penser que je suis devenu journaliste. Même si j'ai eu un diplôme en communication .L'objectif que je vise en produisant des écrits c'est de contribuer, à ma façon, à la victoire de notre candidat, le président Aimé Henri Konan Bédié. Mais, c'est surtout de dénoncer les attitudes de certains militants qui, pour des problèmes de ventre, ont tourné le dos au parti de Félix Houphouët Boigny, le pdci rda, pour le camp de Gbagbo Laurent et qui passent leur temps à insulter le président Bédié et les ?uvres du fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. Il y a trop d'intoxications. Ces gens disent n'importe quoi sur le compte du Pdci-Rda est de ses leaders. J'estime qu'en tant qu'intellectuels, nous devons chaque fois opposer à ces intoxications une réaction vive de nature à contredire tous ceux qui ?uvrent pour déstabiliser le pdci. J'ai commencé par Fologo parce que ce Monsieur ayant dirigé le Pdci-Rda jusqu'au plus haut niveau et ayant eu tout de ce parti gagnerait à se taire même s'il estime qu'il n'y a plus à manger au sein dudit parti. Il devrait faire preuve de grandeur d'esprit et défendre son nouveau maître plutôt que d'insulter l'?uvre d'Houphouët Boigny et le Président Bédié qui ont tout fait pour lui. Quand Fologo se permet de dire "J'ai des secrets, je vais les révéler au moment des élections ", je dis c'est pitoyable d'abord pour lui et ensuite pour tous ceux qui le suivent et qui ne peuvent pas lui donner des conseils. Aujourd'hui, il a la possibilité, peut-être, avec les grands moyens, de dire ce qu'il veut mais il oublie que là où il est, il détient aussi des secrets et les gens sont persuadés que demain il va livrer ses mêmes secrets.
Cela vous fait-il peur ?
Non, pas du tout. Le secret que Fologo détient du Pdci-Rda, c'est qu'il n'a jamais accepté la démocratie et l'effort. L'homme a toujours été pour la facilité pour avoir un poste. La preuve est là aujourd'hui. A peine le Pdci perd-il le pouvoir par les armes que Fologo change, sans se soucier, de camp parce qu'il ne peut pas vivre l'enfer que Gbagbo mène à l'opposition. Retenez cette image. Il y a deux écoles au Pdci. Du vivant du père fondateur, il y a ceux qui ont appris à se battre pour maintenir le champ créé par le président Houphouet. C'est l'école des Bédié. Puis il y a eu ceux qui n'ont rien fait pour entretenir le champ puisque le père est là pour leur donner tout. Dès lors que le père meurt, ils sont désemparés parce qu'ils n'ont rien appris de leurs dix doigts. C'est l'école des Fologo. Donc aujourd'hui, pour vivre, ils sont obligés de s'accrocher à Gbagbo qui a le pouvoir d'Etat. Un homme comme celui-là, n'est ni crédible aux yeux des Ivoiriens ni même de ceux qu'il sert aujourd'hui. Donc dans mon entendement, il fallait dénoncer son comportement. C'est pourquoi, j'ai posé la question de savoir s'il était un vrai senoufo ? Parce qu'un vrai senoufo, c'est quelqu'un qui a la notion de l'éthique. Ces renégats partis du pdci pensent que l'occasion est belle pour eux, puisqu'ils disposent de beaucoup de moyens chez les autres, de chaque fois, dire n'importe quoi sur le compte du pdci. J'ai décidé donc de rendre compte de ce que je sais et de faire une analyse approfondie des attitudes négatives de ces personnes.
Le dernier CPC a prévu l'organisation des prochaines élections présidentielles pour le mois de mars. Croyez-vous que cette fois sera la bonne ?
Je viens de sortir un document sur une réunion secrète qui a été tenue par les refondateurs. Ils ne veulent même pas aller aux élections. Gbagbo, lui, déclarait au sortir de la réunion de Ouagadougou, à la télévision, que son souhait était que les élections se tiennent en août. Mais que les opposants ont voulu précipiter les choses en proposant le mois de mars, nous allons voir. Quand il parle ainsi, c'est qu'il est convaincu qu'il n'y aura pas d'élection. C'est ça qui doit être notre combat. Car si chaque fois, Gbagbo doit dire tant qu'il ne donne pas son verdict final pour qu'il y ait des élections, les élections n'auront pas lieu à un moment donné, les Ivoiriens vont se lasser et ils vont penser que le seul qui existe en Côte d'Ivoire, c'est Gbagbo.
Est-ce que l'opposition n'est pas victime de ses choix et de ses stratégies face à l'attitude de Gbagbo qui reporte à souhait les élections ?
Nous ne sommes pas victimes de nos choix. Vous savez, le Pdci-Rda est un parti qui n'est pas né dans la violence, c'est un parti de paix et de progrès. Chaque fois que nous posons des actes, c'est dans cette lignée que Houphouët nous a tracée. C'est-à-dire faire en sorte que la paix soit de mise en Côte d'Ivoire, c'est cela qui nous guide.
N'est-ce pas ce qui fait dire à Gbagbo qu'il n'y a pas d'opposition en Côte d'Ivoire ?
Gbagbo a raison de dire qu'il n'y a pas d'opposants en Côte d'Ivoire. Pour lui, l'opposition actuelle doit agir comme il le faisait quand lui était dans l'opposition. Parce que quand il était opposant, il brûlait tout sur son passage. Il organisait de façon intempestive des marches pour bloquer l'activité économique. Des marches qui se terminaient souvent par des casses. On a même encouragé des étudiants à assassiner d'autres étudiants. Les syndicats des travailleurs étaient inféodés. Aujourd'hui, voilà ce que Gbagbo, arrivé de façon calamiteuse au pouvoir, veut voir de ses opposants. Quand Gbagbo soutient que tous les partis sont au gouvernement, pour cela il n'y pas d'opposition, nous disons qu'il a tort. A un moment donné de l'histoire d'un pays, le parti au pouvoir peut accepter de travailler avec l'opposition dans un même gouvernement. Les exemples foisonnent dans le monde. Où le parti au pouvoir a cohabité avec l'opposition dans un même gouvernement. En France, François Mitterrand, socialiste, a eu à cohabitater avec la droite. Le parti de Chirac et celui de Jospin ont cohabité. Est-ce pour cela qu'il n'y avait pas d'opposition ? Sous Bédié, certains partis (ndlr le Pit et l'Usd) ont accepté de travailler avec le pouvoir Pdci. Est-ce à dire que ces partis ne faisaient pas partie de l'opposition ? Lui-même Gbagbo, arrivé au pouvoir, a choisi l'entrée au gouvernement Affi des partis autres que le fpi. Est-ce à dire que l'opposition n'existait pas ? Mais rien ne nous surprend. Le langage populiste de Gbagbo Laurent, nous savons où il nous a conduit, aujourd'hui. C'est pourquoi nous disons, dès lors que lui-même nous interpelle, il y a lieu qu'à un moment donné, on réfléchisse sur notre manière de nous conduire, nous partis d'opposition, face à Gbagbo.
Mais, est-ce que c'est la bonne manière ?
Justement, ce n'est pas la bonne manière. Mais il y a lieu qu'à un moment donné, on réfléchisse. Parce que si nous n'appliquons pas l'opposition telle que le souhaite Gbagbo, la Côte d'ivoire finira par disparaitre dans les mains d'apprentis sorciers qui ont pour seul souci de s'enrichir sur le dos des Ivoiriens et de faire souffrir nos populations.
A ce niveau, les Ivoiriens s'interrogent. Chaque fois, vous faites des déclarations, Gbagbo ne sera pas là, mais il y est. Ce n'est pas un manque de stratégies et de méthodes qui vous fait défaut ?
Les opposants, contrairement à ce que l'opinion pense, ont beaucoup fait pour amener Gbagbo à changer certains de ses plans. Malheureusement, il se trouve que les Ivoiriens pensent que ce sont les opposants qui doivent se soulever. Non. Le peuple ivoirien doit prendre conscience de ce qu'il est brimé et que s'il n'y a pas d'élection, c'est son avenir qui est bouché.
Il y a une limite à tout. La preuve, à un moment donné, Blé Goudé et les patriotes avaient voulu bloquer le processus d'audience foraine qui avait été mis en place par le gouvernement. La réaction des jeunes de l'opposition a amené Blé Goudé à négocier avec eux pour sauver ses camarades. Nos jeunes ont posé des actes à se faire respecter .Je crois que c'est ce qui va se passer parce que Gbagbo n'a pas le monopole de la vérité ni le monopole de la violence. Il a certes les forces armées avec lui. Mais qu'il se dise que dans les forces armées, chacun a son parent et à un moment donné quand il va dire aux forces armées de tirer sur le peuple, chacun va réfléchir deux fois et dire moi aussi mes parents sont de l'autre côté. Croyez- moi, les choses ne vont plus durer, cette année 2010.Gbagbo acceptera d'organiser les élections en mars. Gbagbo est conscient que s'il manifeste le refus d'aller aux élections et qu'il s'engage à les reporter à nouveau, non seulement il va subir le courroux du peuple mais il y a une sanction divine qui va être perpétrée.
En d'autres termes, vous croyez aux élections en mars ?
Moi, je crois que les élections auront lieu en mars.
A ce niveau, comment vous entendez gagner ces élections ?
Le directeur national de campagne nous a convoqués à Bassam, nous étions à un conclave. Je ne vais pas donner le contenu de la rencontre, mais nous sommes sortis de la salle plus que jamais galvanisés, plus que jamais convaincus que la victoire n'est pas loin pour le Pdci-Rda. Et c'est pour cela que nous devons nous engager à faire en sorte qu'il y ait des élections.
N'avez-vous pas peur des moyens du camp présidentiel ?
On se connait dans ce pays. Quand Gbagbo arrivait au pouvoir, il n'avait pas d'argent .Si aujourd'hui, il distribue beaucoup d'argent, les Ivoiriens doivent comprendre que cet argent n'est pas le fruit de son travail. C'est l'argent du contribuable qu'il distribue .C'est vrai qu'il peut acheter des cadres. C'est pour cela que nous disons à nos parents qui sont au village et dans les villes qu'ils doivent comprendre que Gbagbo n'a pas de plantation de cacao ni de café. Il n'a pas mis en place des structures industrielles au point d'engranger de grosses sommes d'argent. Nous leur disons que c'est leur argent, si on leur donne, qu'ils bouffent parce que Gbagbo est en train de rembourser sa dette .Donc nous devons comprendre aujourd'hui que le président Gbagbo a les moyens, il a toutes sortes de moyens pour faire sa campagne ; il a la possibilité d'acheter des gens qui n'ont pas de foi et qui ne sont régis par aucune loi. Mais il ne peut pas acheter le peuple ivoirien dont il se proclame candidat.
Monsieur le ministre, le président de fpi était à Tanda récemment. Il a déclaré que son candidat Gbagbo a déjà gagné les élections, quel commentaire ?
Les militants qui étaient au stade n'étaient pas des militants du fpi de Tanda. C'était leurs militants de la région de Bondoukou, Bouna, Nassian, Koun Fao, Transua, Assuefry jusqu'à Kouassi Datékro et une partie d'Agnibilékrou .C'est aussi là que les gens font croire au fpi qu'ils sont majoritaires .Donc Affi N'guessan ayant vu ces gens assis sous les bâches pense que ces hommes à Tanda ont réalisé un exploit. Alors qu'en réalité, le vingtième du rassemblement qu'il y a eu, n'est même pas de Tanda. Ils n'ont qu'à comparer ce qu'ils ont présenté à Tanda avec le rassemblement qu'il y a eu quand le président Bédié était là. Mais si cela peut entretenir leur moral, c'est tant mieux.
Au cours de cette rencontre, un de vos frères en la personne de Kirikouao Rigobert a déclaré que le prince d'Amanvi est militant fpi .Qu'est-ce que vous en dites en tant que fils de ce village ?
Je crois que Rigobert est un déséquilibré politique. Il aime manger à tous les râtelets. Ne soyez pas surpris si par extraordinaire le RDR vient au pouvoir, il va aller au RDR. C'est comme cela il est .Donc moi il m'a chaque fois attaqué dans les journaux. Je n'ai jamais réagi mais qu'il sache que le chef de village d'Amanvi est un prince ; il s'appelle Koffi Fofié, c'est mon oncle, il est différent de Koffi Kra dont il a parlé dans le journalIls ont même dit dans " Notre Voie "dans un petit encadré que j'ai fait le tour des villages pour demander aux populations d'envoyer une délégation de dix personnes parce que Affi N'guessan vient. Ce n'est pas dans une grande salle que la réunion va avoir lieu, s'ils viennent nombreux ils ne pourront pas contenir dans la salle. Moi, si j'ai des moyens pour tourner je vais tourner, pour parler du pdci-Rda et tourner pour dire aux populations que Affi N'guessan arrive à Tanda venez l'écoute. Comme ils veulent montrer aux yeux du monde qu'Adjoumani ne représente rien chez lui alors ils inventent toutes sortes de mensonges.
Monsieur le ministre, la dernière question, vous êtes dans une alliance avec le Rdr, le Mfa, l'Udpci, concrètement qu'est-ce que vous attendez de cette alliance pour la campagne à venir ?
A ces élections, nous demandons qu'au sein du rhdp, il y ait une campagne civilisée pour nous permettre de parler le même langage. Pour le moment, le travail se fait de façon courtoise sur le terrain .Car quand le premier ministre Alassane Ouattara va sur le terrain, il accepte de nous saluer et même de prendre le déjeuner chez les militants du pdci. Quand le président Bédié va dans certaines localités où il y a des militants du rdr et des autres partis, ils ont toujours été présents et quand le maire est rdr et que le président Bédié anime un meeting, il prend la parole pour lui souhaiter la bienvenue et vice versa. Nous lançons un appel à l'endroit de tous les militants du rhdp d'être ensemble et de rester toujours soudés pour le contrôle des bureaux.
Entretien réalisé par JOEL ABALO