Ce que Sy Savané a dit aux journalistes
L'impartialité des média
() Ce qui me gêne dans ce débat, c'est qu'on oublie d'où nous venons. Nous sommes parti d'une période où les voies devant la RTI étaient barrées, où il y avait des injures à longueur de journée à l'a RTI, où il y avait de la violence, où des gens étaient venus occuper même la salle de réunion de la RTI, où des directeurs se sont faits séquestrés, où un ministre, qui est devenu par la suite Premier ministre, s'est fait séquestrer. Tout le monde a vu quelle violence a déferlé sur la RTI. Ou bien, on se dit, on a les moyens d'opposer une violence supérieure à cela et de tout rendre normal entre guillemets, ou bien on se dit, par la voie de la légalité, de la recherche de consensus, on arrache pan par pan pour pouvoir revenir aux normes. De l'impartialité des médias d'Etat ? Si je vous réponds : leur partialité ne date pas d'aujourd'hui, ça ne serait pas correct, parce que nous tendons tous vers cet objectif d'impartialité. Donc, ça serait une réponse incorrecte. Mais, lorsqu'on essaye de lier ces deux questions en se disant si les médias d'Etat sont partiaux, c'est uniquement à cause de ceux qui dirigent. Si vous, vous faites une analyse beaucoup plus vive, vous vous apercevez que ce n'est pas du tout le cas. Ceux qui dirigent aujourd'hui la RTI n'étaient pas là il y a quelque temps au moment même où cette impartialité était un peu plus criarde encore. Donc, je dirai qu'on fasse tous l'effort de dissocier, un tant soit peu, la question des hommes et puis les procès qui permettent de rendre les média plus ou moins impartiaux. Et ça, ne vous faites pas d'illusions, on sait le faire. Avec la bonne volonté de tous. Je ne veux pas qu'on ait des frustrations supplémentaires sur cette question. Qu'on nous juge aux résultats. () Lorsqu'on regarde la télévision aujourd'hui, vous voyez des leaders de partis politiques qui sont en train de parler, on voit en synchrone. Ça n'émeut personne. Si vous avez remarqué, auparavant, ça ne se faisait pas. Il y a eu des réunions du RHDP avec le Premier ministre () pour pouvoir aller vers cette recherche d'impartialité. () J'ai ma méthode. Je ne dis pas qu'elle est la meilleure. Et je dis aussi que s'il y a une solution plus radicale que celle qu'on propose, ça se saurait. On a tenté beaucoup de choses avant qui n'ont pas marché. Et aujourd'hui, nous, notre combat, c'est de tout faire pour que les leaders politiques aient accès aux médias d'Etat. Ce n'est pas encore entièrement le cas. C'est dû à un certain nombre de pesanteurs. Même en interne, vous qui travaillez dans un journal, vous savez quel est le poids des rouages () Je termine en disant que depuis pratiquement un mois et demi, nous travaillons sur une plate-forme tout à fait équitable aux média. C'est une plate-forme que nous allons mettre en place et très bientôt même, on l'avait prévue pour fin octobre, mais ça va être début novembre. Mme Miessan, conseiller technique, chargée des média est très impliquée dans ce processus. De quoi s'agit-il ? Les régulateurs aussi bien le CNP que le CNCA, les média publics, les partis politiques, un certain nombre de facilitateurs sous l'égide du ministère, nous allons mettre en place une plate-forme pour pouvoir parler de cette question de l'accès équitable aux média. Parce qu'il y a beaucoup de confusions. Les calculs de temps d'antenne que vous voyez, et j'espère que vous serez présents à ce colloque-là. Beaucoup de choses se disent et qui ne correspondent pas à la réalité. Aujourd'hui, notre souci n'est pas tellement l'accès, j'allais dire, égalitaire en terme de temps numérique, en terme de quantité. Aujourd'hui, la notion d'équité doit être beaucoup plus qualitative. Vous savez très bien, vous pouvez donner une page à quelqu'un dans votre journal mais, vous avez maltraité en tout cas plus qu'à celui à qui vous n'avez donné qu'un entrefilet. Donc comment influencer le contenu et devancer un certain nombre de réflexes ? Sur cette question-là, les conseils d'administration sont en train de se mettre en place. Les gens sont désignés. Cela va se faire. Mais j'essaye d'être réaliste. Et si on me demandait même comment vous voyez ça, je vous ferai une réponse simple. Moi, je souhaite qu'il s'agisse des gens portés sur la gestion pour sauver ces entreprises publiques qui sont déficitaires à des niveaux que vous n'imaginez pas. C'est-à-dire 12 milliards de déficit, 20 milliards de déficit et qui peuvent disparaître. Je le dis toujours, ce sont des entreprises qui peuvent disparaître si rien n'est fait pour renforcer leur gestion. Donc lorsque je dis, ce ne sont pas des commissaires politiques qui peuvent sauver ces entreprises publiques, je le pense réellement. Donc pour conclure là-dessus, si certains estiment qu'on ne fait pas assez, je peux les comprendre parce que comme le disait Césaire, l'impatience, c'est quand on veut la fin sans les moyens. Ils ne savent pas ce que nous faisons pour pouvoir arriver à cela, ils oublient aussi d'où nous venons () Aujourd'hui, je vois qu'on raisonne en terme de minutage. Il n'y a pas longtemps, on ne raisonnait même pas en ces termes-là. Et puis la notion d'impartialité est une notion assez délicate à prouver. Vous voyez des gens qui disent " balayez les équipes qui sont là, remettez une nouvelle équipe ". Mais lorsque vous voyez même ceux qu'ils proposent, vous ne vous apercevez même pas de la neutralité de ceux qu'ils proposent. Donc trouvons un équilibre et essayons de faire la promotion de vrais professionnels qui peuvent permettre en tout cas d'avancer et non substituer des commissaires politiques à des commissaires politiques. Personnellement, moi je me refuse à cela ()
Fonds d'aide à la presse ?
() Je vais vous dire que lorsque j'ai rencontré le ministre de l'Economie et des finances, je lui ai dit, " monsieur le ministre, vous êtes en train de me mettre en palabre avec les journalistes parce que vous leur dites que le milliard est disponible et qu'il suffit que j'ouvre un compte. Or vous savez que pour ouvrir un compte, il faut qu'il y ait un décret. Or nous sommes en train de discuter sur ce décret ". Donc, c'est vous dire que, moi, je suis très content quand on dit que les fonds sont disponibles. Mais pour pouvoir mettre ces fonds-là quelque part et les sécuriser, il faudrait qu'on crée d'abord du point de vue légal, le fonds lui-même. La loi a dit qu'on crée un fonds. Maintenant, nous avons fait une proposition conjointe avec le ministre de l'Economie et des finances lui-même qui a donc, après plusieurs aller et retour () entre celui qui, peut-être par parcours professionnel, est proche des média, veut qu'on donne un certain nombre d'inspiration aux média et puis un argentier qui est sollicité de partout, vous savez qu'il peut avoir quelques petites divergences d'appréciations. Il y a un certain nombre de contraintes que, moi, je ne veux pas qu'on impose aux entreprises de presse. Bref, le projet de décret sur le fonds a fait quelque aller-retour entre le ministère de l'Economie et des finances et nous-même. () Aujourd'hui, le projet du fonds est passé en conseil de gouvernement. Il y a eu beaucoup de remarques () il a été conjointement signé par le ministre de l'Economie et des finances et le ministre de la Communication. Et la dernière ligne droite, c'est qu'il doit être présenté en conseil des ministres pour pouvoir être définitivement validé. Ensuite, il faudra qu'on trouve le directeur général du fonds, le conseil d'administration, lui, est plus ou moins connu () C'est pour vous dire à quel point ce n'est pas si facile. Pendant près d'un mois, nous avons discuté sur ce point. Il y en a qui disent que le responsable du fonds doit être recruté par appel à candidatures. Eh bien, l'Etat, à part quelques exceptions, ne l'accepte pas. C'est une procédure qui n'existe pas () sur la nature même des fonds, est-ce que ce sont des prêts, est-ce que ce sont des subventions ? Il y a eu beaucoup de discussions. Et puis, qui est éligible au fonds. Si je vous dis que le fonds sera opérationnel la semaine prochaine, ça ne sera pas vrai. Vous savez comment ça se passe. Il peut avoir une raison quelconque pour ne pas qu'il y ait de conseils de ministre, pour que ce soit reporté longtemps. Et puis ce n'est pas le seul texte. Mais, l'affaire est en très bonne voie. Moi, j'ai beaucoup d'espoir parce qu'il n'y a plus d'espoir du tout. La convention collective ?
() Je ne crois pas qu'il y ait des obstacles. Ce sont les discussions. Je crois qu'ils en sont aujourd'hui à leur 5ème ou 6ème rencontre. Nous avons mis en place ce cadre de la convention collective par arrêté ministériel conjointement signé par le ministre de la Communication et le ministre de la Fonction publique. Il y a un inspecteur du travail au ministère de la Communication qui essaye de suivre toutes ces questions-là. Je sais que vous vous intéressez à la question mais il serait mieux que vous interrogiez ceux que vous avez mandatés là-bas. Si vous êtes journaliste, il y a des représentants des journalistes. Si vous êtes syndicaliste ou patron de presse, il y a des représentants de patron de presse () Je trouve même que les journalistes devraient plus s'intéresser à cette convention collective qu'à d'autres questions () Je trouve que sur la question, il y a une petite indifférence des journalistes. Je n'ai jamais vu d'article de fond là-dessus. Et c'est à vous de faire des enquêtes dessus pour savoir quels sont les membres. Je n'ai jamais vu ça publié sauf une fois dans "Le Nouveau Réveil" quand l'arrêté est sorti. Mais ce n'est pas à moi de vous dire ce qui se passe. Nous vous avons créé le cadre de discussion entre patrons de presse avec l'assistance de l'UGTCI, la Chambre de commerce () Je sais où ils en sont. Je ne peux pas dire qu'il y a un blocage. Ils en sont à leur 5ème réunion. Mon souhait est qu'ils concluent quelque chose d'ici décembre. le retour de rfi à abidjan
Pour ce qui est de l'accès des média à l'information, plus la demande sera précise, plus ma réaction sera précise. Si vous faites allusion au conseil des ministres moi, j'aimerais qu'on soit assez précis. De quel type d'information il s'agit ? Mais la philosophie générale, c'est que, il faut que tout le monde accède à l'information. Mais vous savez, il y a un paradoxe dans cette histoire. Vous vous souvenez il y a quelques semaines, votre confrère "Notre Voie" qui se plaignait d'être tenu à l'écart. Que les documents du conseil des ministres allaient en priorité à Fraternité Matin. Mais je peux aussi vous dire que pratiquement la veille, nous étions en réunion quand le directeur général de Fraternité Matin m'a appelé pour se plaindre que les communiqués n'allaient plus directement chez eux, qu'ils étaient remis à d'autres. S'il s'agit de demande précise, nous sommes prêt à faire officiellement un courrier pour dire qu'il faut donner les mêmes informations à tous les journaux. Mieux, nous pouvons tout centraliser et puis envoyer aux journaux. Nous sommes prêt à faire ce qui dépend de nous. S'agissant de RFI, il y a un protocole qui a été signé. RFI a demandé qu'on lui laisse le temps de revenir. Et c'est le mois de décembre qui est considéré comme la date butoir. Non seulement, ils ont promis d'envoyer un correspondant mais aussi d'ouvrir le bureau à d'autres choses. Le ministère a été obligé d'être assez concret, c'est vrai, une radio de cette dimension ne peut pas se contenter de quelques coups de fil au téléphone pour pouvoir faire des enquêtes, des dossiers et grands reportages. Donc il faut qu'il y ait un correspondant. Nous avons tenu compte aussi du traumatisme qu'ils ont subi. Ils avaient un correspondant ici, et on sait quel a été le sort tragique qui lui a été réservé. Si on ne peut pas évoquer cela pour justifier la situation actuelle, il fallait qu'on tienne compte de cet aspect des choses. Le plus important, c'est qu'il y a un protocole. Ils veulent revenir en décembre. Et c'est bon pour l'image de la Côte d'Ivoire. Les nombreux procès contre les journaux. Le ministère ne fait rien par rapport au procureur. Si nous avons la charge de la protection générale des libertés, le principe de la séparation entre le ministère de la Justice et celui de la communication, nous entendons le respecter. Je vais vous dire que les journaux prennent parfois des risques inutiles sur un certain nombre de questions qui peuvent être traitées autrement. Parce que mon rôle n'est pas d'être complaisant avec vous. Si on compte sur moi pour que les journaux écrivent tout ce qu'ils veulent, et que les procureurs ont toujours tort, ça veut dire qu'on n'a rien compris. Je trouve qu'il peut avoir dans certains cas harcèlement, qu'il peut avoir de l'intimidation préventive mais moi, je souhaite qu'on fasse attention d'un côté comme de l'autre. Et vous êtes bien placé (Ndlr: Kah Zion, pdt du GEPCI) pour jouer ce rôle de régulation Quand il s'agit de défendre la liberté d'opinion, d'édition, nous serons toujours à vos côtés. Nous réaffirmons toujours la liberté générale.
Propos recueillis par
Diarrassouba Sory
et Jules Claver Aka
() Ce qui me gêne dans ce débat, c'est qu'on oublie d'où nous venons. Nous sommes parti d'une période où les voies devant la RTI étaient barrées, où il y avait des injures à longueur de journée à l'a RTI, où il y avait de la violence, où des gens étaient venus occuper même la salle de réunion de la RTI, où des directeurs se sont faits séquestrés, où un ministre, qui est devenu par la suite Premier ministre, s'est fait séquestrer. Tout le monde a vu quelle violence a déferlé sur la RTI. Ou bien, on se dit, on a les moyens d'opposer une violence supérieure à cela et de tout rendre normal entre guillemets, ou bien on se dit, par la voie de la légalité, de la recherche de consensus, on arrache pan par pan pour pouvoir revenir aux normes. De l'impartialité des médias d'Etat ? Si je vous réponds : leur partialité ne date pas d'aujourd'hui, ça ne serait pas correct, parce que nous tendons tous vers cet objectif d'impartialité. Donc, ça serait une réponse incorrecte. Mais, lorsqu'on essaye de lier ces deux questions en se disant si les médias d'Etat sont partiaux, c'est uniquement à cause de ceux qui dirigent. Si vous, vous faites une analyse beaucoup plus vive, vous vous apercevez que ce n'est pas du tout le cas. Ceux qui dirigent aujourd'hui la RTI n'étaient pas là il y a quelque temps au moment même où cette impartialité était un peu plus criarde encore. Donc, je dirai qu'on fasse tous l'effort de dissocier, un tant soit peu, la question des hommes et puis les procès qui permettent de rendre les média plus ou moins impartiaux. Et ça, ne vous faites pas d'illusions, on sait le faire. Avec la bonne volonté de tous. Je ne veux pas qu'on ait des frustrations supplémentaires sur cette question. Qu'on nous juge aux résultats. () Lorsqu'on regarde la télévision aujourd'hui, vous voyez des leaders de partis politiques qui sont en train de parler, on voit en synchrone. Ça n'émeut personne. Si vous avez remarqué, auparavant, ça ne se faisait pas. Il y a eu des réunions du RHDP avec le Premier ministre () pour pouvoir aller vers cette recherche d'impartialité. () J'ai ma méthode. Je ne dis pas qu'elle est la meilleure. Et je dis aussi que s'il y a une solution plus radicale que celle qu'on propose, ça se saurait. On a tenté beaucoup de choses avant qui n'ont pas marché. Et aujourd'hui, nous, notre combat, c'est de tout faire pour que les leaders politiques aient accès aux médias d'Etat. Ce n'est pas encore entièrement le cas. C'est dû à un certain nombre de pesanteurs. Même en interne, vous qui travaillez dans un journal, vous savez quel est le poids des rouages () Je termine en disant que depuis pratiquement un mois et demi, nous travaillons sur une plate-forme tout à fait équitable aux média. C'est une plate-forme que nous allons mettre en place et très bientôt même, on l'avait prévue pour fin octobre, mais ça va être début novembre. Mme Miessan, conseiller technique, chargée des média est très impliquée dans ce processus. De quoi s'agit-il ? Les régulateurs aussi bien le CNP que le CNCA, les média publics, les partis politiques, un certain nombre de facilitateurs sous l'égide du ministère, nous allons mettre en place une plate-forme pour pouvoir parler de cette question de l'accès équitable aux média. Parce qu'il y a beaucoup de confusions. Les calculs de temps d'antenne que vous voyez, et j'espère que vous serez présents à ce colloque-là. Beaucoup de choses se disent et qui ne correspondent pas à la réalité. Aujourd'hui, notre souci n'est pas tellement l'accès, j'allais dire, égalitaire en terme de temps numérique, en terme de quantité. Aujourd'hui, la notion d'équité doit être beaucoup plus qualitative. Vous savez très bien, vous pouvez donner une page à quelqu'un dans votre journal mais, vous avez maltraité en tout cas plus qu'à celui à qui vous n'avez donné qu'un entrefilet. Donc comment influencer le contenu et devancer un certain nombre de réflexes ? Sur cette question-là, les conseils d'administration sont en train de se mettre en place. Les gens sont désignés. Cela va se faire. Mais j'essaye d'être réaliste. Et si on me demandait même comment vous voyez ça, je vous ferai une réponse simple. Moi, je souhaite qu'il s'agisse des gens portés sur la gestion pour sauver ces entreprises publiques qui sont déficitaires à des niveaux que vous n'imaginez pas. C'est-à-dire 12 milliards de déficit, 20 milliards de déficit et qui peuvent disparaître. Je le dis toujours, ce sont des entreprises qui peuvent disparaître si rien n'est fait pour renforcer leur gestion. Donc lorsque je dis, ce ne sont pas des commissaires politiques qui peuvent sauver ces entreprises publiques, je le pense réellement. Donc pour conclure là-dessus, si certains estiment qu'on ne fait pas assez, je peux les comprendre parce que comme le disait Césaire, l'impatience, c'est quand on veut la fin sans les moyens. Ils ne savent pas ce que nous faisons pour pouvoir arriver à cela, ils oublient aussi d'où nous venons () Aujourd'hui, je vois qu'on raisonne en terme de minutage. Il n'y a pas longtemps, on ne raisonnait même pas en ces termes-là. Et puis la notion d'impartialité est une notion assez délicate à prouver. Vous voyez des gens qui disent " balayez les équipes qui sont là, remettez une nouvelle équipe ". Mais lorsque vous voyez même ceux qu'ils proposent, vous ne vous apercevez même pas de la neutralité de ceux qu'ils proposent. Donc trouvons un équilibre et essayons de faire la promotion de vrais professionnels qui peuvent permettre en tout cas d'avancer et non substituer des commissaires politiques à des commissaires politiques. Personnellement, moi je me refuse à cela ()
Fonds d'aide à la presse ?
() Je vais vous dire que lorsque j'ai rencontré le ministre de l'Economie et des finances, je lui ai dit, " monsieur le ministre, vous êtes en train de me mettre en palabre avec les journalistes parce que vous leur dites que le milliard est disponible et qu'il suffit que j'ouvre un compte. Or vous savez que pour ouvrir un compte, il faut qu'il y ait un décret. Or nous sommes en train de discuter sur ce décret ". Donc, c'est vous dire que, moi, je suis très content quand on dit que les fonds sont disponibles. Mais pour pouvoir mettre ces fonds-là quelque part et les sécuriser, il faudrait qu'on crée d'abord du point de vue légal, le fonds lui-même. La loi a dit qu'on crée un fonds. Maintenant, nous avons fait une proposition conjointe avec le ministre de l'Economie et des finances lui-même qui a donc, après plusieurs aller et retour () entre celui qui, peut-être par parcours professionnel, est proche des média, veut qu'on donne un certain nombre d'inspiration aux média et puis un argentier qui est sollicité de partout, vous savez qu'il peut avoir quelques petites divergences d'appréciations. Il y a un certain nombre de contraintes que, moi, je ne veux pas qu'on impose aux entreprises de presse. Bref, le projet de décret sur le fonds a fait quelque aller-retour entre le ministère de l'Economie et des finances et nous-même. () Aujourd'hui, le projet du fonds est passé en conseil de gouvernement. Il y a eu beaucoup de remarques () il a été conjointement signé par le ministre de l'Economie et des finances et le ministre de la Communication. Et la dernière ligne droite, c'est qu'il doit être présenté en conseil des ministres pour pouvoir être définitivement validé. Ensuite, il faudra qu'on trouve le directeur général du fonds, le conseil d'administration, lui, est plus ou moins connu () C'est pour vous dire à quel point ce n'est pas si facile. Pendant près d'un mois, nous avons discuté sur ce point. Il y en a qui disent que le responsable du fonds doit être recruté par appel à candidatures. Eh bien, l'Etat, à part quelques exceptions, ne l'accepte pas. C'est une procédure qui n'existe pas () sur la nature même des fonds, est-ce que ce sont des prêts, est-ce que ce sont des subventions ? Il y a eu beaucoup de discussions. Et puis, qui est éligible au fonds. Si je vous dis que le fonds sera opérationnel la semaine prochaine, ça ne sera pas vrai. Vous savez comment ça se passe. Il peut avoir une raison quelconque pour ne pas qu'il y ait de conseils de ministre, pour que ce soit reporté longtemps. Et puis ce n'est pas le seul texte. Mais, l'affaire est en très bonne voie. Moi, j'ai beaucoup d'espoir parce qu'il n'y a plus d'espoir du tout. La convention collective ?
() Je ne crois pas qu'il y ait des obstacles. Ce sont les discussions. Je crois qu'ils en sont aujourd'hui à leur 5ème ou 6ème rencontre. Nous avons mis en place ce cadre de la convention collective par arrêté ministériel conjointement signé par le ministre de la Communication et le ministre de la Fonction publique. Il y a un inspecteur du travail au ministère de la Communication qui essaye de suivre toutes ces questions-là. Je sais que vous vous intéressez à la question mais il serait mieux que vous interrogiez ceux que vous avez mandatés là-bas. Si vous êtes journaliste, il y a des représentants des journalistes. Si vous êtes syndicaliste ou patron de presse, il y a des représentants de patron de presse () Je trouve même que les journalistes devraient plus s'intéresser à cette convention collective qu'à d'autres questions () Je trouve que sur la question, il y a une petite indifférence des journalistes. Je n'ai jamais vu d'article de fond là-dessus. Et c'est à vous de faire des enquêtes dessus pour savoir quels sont les membres. Je n'ai jamais vu ça publié sauf une fois dans "Le Nouveau Réveil" quand l'arrêté est sorti. Mais ce n'est pas à moi de vous dire ce qui se passe. Nous vous avons créé le cadre de discussion entre patrons de presse avec l'assistance de l'UGTCI, la Chambre de commerce () Je sais où ils en sont. Je ne peux pas dire qu'il y a un blocage. Ils en sont à leur 5ème réunion. Mon souhait est qu'ils concluent quelque chose d'ici décembre. le retour de rfi à abidjan
Pour ce qui est de l'accès des média à l'information, plus la demande sera précise, plus ma réaction sera précise. Si vous faites allusion au conseil des ministres moi, j'aimerais qu'on soit assez précis. De quel type d'information il s'agit ? Mais la philosophie générale, c'est que, il faut que tout le monde accède à l'information. Mais vous savez, il y a un paradoxe dans cette histoire. Vous vous souvenez il y a quelques semaines, votre confrère "Notre Voie" qui se plaignait d'être tenu à l'écart. Que les documents du conseil des ministres allaient en priorité à Fraternité Matin. Mais je peux aussi vous dire que pratiquement la veille, nous étions en réunion quand le directeur général de Fraternité Matin m'a appelé pour se plaindre que les communiqués n'allaient plus directement chez eux, qu'ils étaient remis à d'autres. S'il s'agit de demande précise, nous sommes prêt à faire officiellement un courrier pour dire qu'il faut donner les mêmes informations à tous les journaux. Mieux, nous pouvons tout centraliser et puis envoyer aux journaux. Nous sommes prêt à faire ce qui dépend de nous. S'agissant de RFI, il y a un protocole qui a été signé. RFI a demandé qu'on lui laisse le temps de revenir. Et c'est le mois de décembre qui est considéré comme la date butoir. Non seulement, ils ont promis d'envoyer un correspondant mais aussi d'ouvrir le bureau à d'autres choses. Le ministère a été obligé d'être assez concret, c'est vrai, une radio de cette dimension ne peut pas se contenter de quelques coups de fil au téléphone pour pouvoir faire des enquêtes, des dossiers et grands reportages. Donc il faut qu'il y ait un correspondant. Nous avons tenu compte aussi du traumatisme qu'ils ont subi. Ils avaient un correspondant ici, et on sait quel a été le sort tragique qui lui a été réservé. Si on ne peut pas évoquer cela pour justifier la situation actuelle, il fallait qu'on tienne compte de cet aspect des choses. Le plus important, c'est qu'il y a un protocole. Ils veulent revenir en décembre. Et c'est bon pour l'image de la Côte d'Ivoire. Les nombreux procès contre les journaux. Le ministère ne fait rien par rapport au procureur. Si nous avons la charge de la protection générale des libertés, le principe de la séparation entre le ministère de la Justice et celui de la communication, nous entendons le respecter. Je vais vous dire que les journaux prennent parfois des risques inutiles sur un certain nombre de questions qui peuvent être traitées autrement. Parce que mon rôle n'est pas d'être complaisant avec vous. Si on compte sur moi pour que les journaux écrivent tout ce qu'ils veulent, et que les procureurs ont toujours tort, ça veut dire qu'on n'a rien compris. Je trouve qu'il peut avoir dans certains cas harcèlement, qu'il peut avoir de l'intimidation préventive mais moi, je souhaite qu'on fasse attention d'un côté comme de l'autre. Et vous êtes bien placé (Ndlr: Kah Zion, pdt du GEPCI) pour jouer ce rôle de régulation Quand il s'agit de défendre la liberté d'opinion, d'édition, nous serons toujours à vos côtés. Nous réaffirmons toujours la liberté générale.
Propos recueillis par
Diarrassouba Sory
et Jules Claver Aka